Chronique de Beckuto (Xsilence)
Une fois à leur hauteur je suis obligé de leur beugler dessus tellement leur musique est forte... ils n'ont même pas de casque en plus, bande d'inconscients... d'ailleurs elle sort d'où cette musique ? Hey les gars, il sort d'où le son ? Quoi ? De ta coiffe d'Amérindiens ? T'es sérieux le maigrichon là ? T'es sous substances ou... AAAH !! Mais je vous reconnais, vous êtes le duo de musiciens que j'ai rencontré dans les bois il y a deux ans de çà ! Les meilleurs potes là, les Tweak Bird si je me souviens bien. Ah oui, voilà c'est bien vous ; comment ? Ah vous êtes frères en fait, OK OK ! Et vous allez où comme çà ? On dirait que vous essayez d'échapper à quelqu'un ou quelque chose... vous n'avez quand même pas fait des conneries dans les bois... et puis merde, je suis trop intrigué, comment tu fais pour faire sortir le son de là ? T'as incorporé des enceintes, carrément, c'est ingénieux çà. Et ce que vous écoutez c'est... votre nouvel album ! Putain c'est carrément au-dessus de ce que j'avais entendu la dernière fois ! Y'a même du saxophone et de la flûte traversière ce coup-ci, ce n'est pas con et assez original en fait, c'est rare d'entendre ces instruments dans ce genre de musique. D'ailleurs, comment vous décrirez votre musique ? Du Space-Stoner-Garage-Desert-Rock-Psychédélique, haha rien que çà ?! Hé bé les cocos, toujours aussi allumés à ce que j'entends. Bordel il est vraiment excellent votre son, cette frappe, ces riffs pleins de disto et de fuzz, cette urgence, on dirait que vous écrivez pour la route justement, avec toutes ces accélérations, ces fausses accalmies, vous surprenez en plein milieu du trajet en prenant un virage inattendu, non franchement vous avez de bonnes grosses couilles les gars ! Je vous le dis, et je suis sincère, vous êtes sûrement le duo le plus prometteur depuis les White Stripes et ce groupe fait partie de mon panthéon les gars ! Bon, bonne route les frangins, ah et pas mal la bécane, mais rien ne vaut une Triumph ! Peace !
Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques)
It's that time of year again… Plus que quelques semaines avant l'indigestion de foie gras et de champagne et déjà le rythme des sorties hebdomadaires prend un peu de plomb dans l'aile. C'est donc le moment rêvé pour s'appesantir sur ces disques à qui on a oublié de donner leur chance pour des raisons souvent inavouables – une pochette hideuse, un nom pas bien engageant, le fait que le groupe soit totalement inconnu au bataillon et on en passe. Dans le cas présent, on invoquera le bon vieux "manque de temps", alibi en béton armé du rédacteur à la petite semaine. Et comme chaque année, si on ne regrette globalement pas le tri sélectif effectué sur base de critères complètement arbitraires, on finit quand même bien par tomber sur un disque qu'on aurait aimé découvrir plutôt.
Et c'est ainsi que débarque sur ces pages Tweak Bird, duo fraternel originaire de l'Illinois dont le but semble être de vouloir faire un maximum de boucan avec un minimum d'instruments – une batterie et une guitare. Et force est de constater que nos deux frangins s'en sortent avec les honneurs. Après une première écoute, on a envie de dire du groupe qu'il est moins papy que les White Stripes, moins groovy que les Black Keys, moins flippant que Black Sabbath et moins couillu que les Queens of the Stone Age. Pourtant, dans un contexte qu'il ne faut pas imaginer comme propice à ériger en religion le plus petit dénominateur commun, le duo formé par Caleb et Ashton Bird enchaîne avec une efficacité redoutable les brûlots de deux minutes bien tassées où se télescopent blues, punk, jazz et stoner, le tout dans une ambiance qui flaire bon les psychotropes – en même temps, venant de mecs chevauchant torses nus une vieille Kawasaki au beau milieu de nulle part, il ne fallait pas s'attendre à ce qu'ils ne tournent qu'à l'eau plate .
Et si on regrette certainement le caractère un peu trop "monolithique" de l'objet, on se dit également que le temps de se rendre compte de ce petit inconvénient et le disque est déjà terminé. En effet, avec 10 titres et même pas 28 minutes au compteur (dont un ultime morceau de 6 bonnes minutes), vous comprendrez que ce premier opus de la fratrie Bird fait partie de ces petits plaisirs fugaces, ceux qui ne changent pas une vie mais ont au moins le mérite d'un peu la pimenter.
PS: pour ceux que ça intéresse, l'album est en écoute dans son intégralité sur Soundcloud.