Hang

Hang

Foxygen

16 / 20 2017 Jagjaguwar Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de X_Lok (Xsilence) 16 / 20

Posté le 20/01/2017
Chef d'oeuvre, vaste blague ou plantage totale ? J'avoue que je me pose encore la question, même après de nombreuses écoutes.

Alors oui, c'est grandiloquent, ça swing, y'a un côté crooner, avec les choristes et le big band derrière, l'ensemble de cordes. Tout ça peut vite donner un côté "too much", on imagine bien un mec en trois pièces noeud pap' en faire des caisses sur le devant de la scène, un peu à la manière d'un Richard Cheese, vous savez ce type qui fait de géniales reprises, et dont cet escroc de Julien Doré s'est approprié la reprise de "Creep".
Chaque titre ressemble à un final de Musical, une comédie musicale foireuse dans laquelle tous les personnages viennent chanter ensemble, faire des claquettes (tendez l'oreille sur "Avalon", on en entend presque) et plus encore. Tout le monde sourit, le big band de blanc vêtu derrière son pupitre, chacun y va de son solo. Mais le pire, c'est que ça fonctionne.

On se prend à rire, à fredonner ces chansons naïves mais hyper bien troussées, tout est là. En grosses quantités, on frôle l'indigestion quand le solo de guitare se faire rejoindre par les cuivres en mode "à qui jouera le plus fort", mais ces deux types mènent ça d'une bien belle façon. On a vraiment l'impression d'assister à un vrai show à l'américaine, où tout est surjoué, avec forcément une vraie dose de second degré, d'autodérision mais aussi des mélodies accrocheuses, des vraies réussites ("America" par exemple, titre à tiroirs d'une virtuosité hilarante), il ne manque que quelques Muppets par ci par là pour que ça devienne un classique instantané.

Le gros problème de ce disque, c'est qu'il ne soit pas l'oeuvre d'Adam Green. Là tout le monde aurait crié au génie, aurait trouvé ça formidaaable, même le final "Rise Up", mais là, c'est Foxygen. Le groupe qui a sorti ...And Star Power en 2014, album décevant pour nombre de personnes, surtout après le We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic précédent. Alors un peu d'indulgence, prenez cet Hang sans a priori, avec un bon second degré, et savourez ce bonbon certes trop sucré, mais avec clairement un goût de reviens-y.

Ou alors je me plante complétement, ces gars ont pris un melon pas possible et avaient en tête de réaliser l'album ultime. Je ne veux pas y croire, mais pourtant... Le doute est là.

Chronique de Maxime (Goûte Mes Disques) 10 / 20

Posté le 26/01/2017

Après un premier album passé assez largement sous les radars en 2012, Take the Kids Off BroadwayFoxygen a connu les joies de la hype folle et les salles combles avec We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic, galette portée par un tube de 3 minutes et 50 secondes, l’inusable "San Francisco". Suite à ces deux premières livraisons synthétisant la quintessence du son des années 60, le groupe s’est embarqué dans un disque concept de 80 minutes, …And Star Power, beaucoup plus ambitieux et composé de chansons parfois au stade d’ébauches, sorte de version miniature de The Life of Pablo en version indie pop.

On a ensuite cru pendant un moment qu’après l’énergie mise dans ce projet et la tournée qui a suivi, les Californiens allaient raccrocher les gants. Il n’en est rien et les voilà qui remettent le couvert en reprenant les choses là où ils les avaient laissées : "Hang" était le nom de la dernière piste de leur précédent disque, Hang sera aussi le titre de cet album. La bonne nouvelle, c’est que les Américains ont fait le choix de revenir à leur fondamentaux avec un disque de 8 morceaux, le plus court de toute leur discographie, renouant avec la démarche qui a fait leur bonne fortune.

La mauvaise nouvelle ? Les deux garçons s’éloignent considérablement de leurs influences sixties pour se jeter sans retenue dans les années 70 et 80. Dès les premières notes de synthés qui ouvrent le morceau introductif on se croirait en train d’écouter un bon vieux Supertramp et de (trop) nombreux passages tombent dans ce travers il faut l’avouer assez désagréable pour qui a entendu en boucle Breakfast in America sur la route des vacances pendant ses années d'enfance, accompagné des "écoute ce son mon fils, ça c'est du rock !" de rigueur du daron.

Il est clair que personne en studio n’a jugé bon de mettre le frein sur les arrangements, qui dégoulinent de cuivres, de cordes et de multiples couches qui nous amènent par moment à frôler l’indigestion. Heureusement le sens de la mélodie est toujours là et, si l'on arrive à faire abstraction des choix de production, on se retrouve quand même avec une poignée de morceaux qui sortent du lot, comme "Avalon" ou "America". Mais à l'arrivée, on réalise aussi que la carrière de Foxygen est un peu trop erratique pour qu'on décide de les suivre les yeux fermés et la bouche en cœur, alors que We Are the 21st… nous avait, en son temps, fait miroiter de fort belles promesses. Dommage. 


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