Chronique de Beckuto (Xsilence)
Des compositions écrites à deux à celles provenant principalement de la simple imagination de Dean, tout est bon dans ce disque ; ce n'est pas au point de marquer toute une génération ou de devenir inoubliable, mais c'est fichtrement bon ! De la pop-rock avec des mélodies efficaces et entêtantes aux riffs de guitare rentre dedans sans trop faire de dégâts aux oreilles ("She's Mine In Sorrow"/"Faint Notion") ; on est là pour s'éclater, pour respirer la bonne humeur sans trop prendre de risques. Et c'est parfois un peu dommage car ce disque est aussi la porte d'entrée pour découvrir Dean Fertita, l'artiste complet à part entière et non plus le leader du groupe, le sideman ou le musicien de studio, et malheureusement le monsieur est arrivé ou a décidé de s'émanciper un peu trop tard... Son comparse est passé par là et d'autres, tout aussi doué que lui, ont déjà sorti des albums de qualité alors pourquoi Hello=Fire serait à part ? Peut-être pour son ambiance ("Far From It") ou plutôt pour sa production assez simple ; il n'a pas envie de combler tous les trous du spectre musical – il ne se prend pas pour celui qu'il n'est pas –, il n'est pas là pour remplir les stades ; sa musique est faite pour s'éclater dans sa chambre pour se revoir adolescent ou dans des salles à capacité respectable. "Certain Circles" / "She Gets Remote" / "Mirror Each Other" / "Looking Daggers" / "I Wanna Like You" se sont toutes de grandes bouffées d'oxygènes, des défouloirs, ça fait un bien fou et c'est ce qu'on doit retenir de cet opus, il rend heureux à son écoute.
Hello=Fire se termine toujours de la même manière, un sourire reste figé sur notre visage, de bonnes chansons sont fixées dans notre esprit, mais malheureusement on se demande encore qui a chanté quoi... Quelle idée d'avoir les mêmes voix aussi...
Chronique de Romain (Goûte Mes Disques)
Ca s’active tellement ces derniers mois chez les anciens de la bande à Josh Homme qu’on se demande comment ils font pour tenir encore le coup. Nick Oliveri, qui a été viré des Queen Of The Stone Age en 2003 pour surconsommation de méthamphétamines, a peut-être une petite idée sur le sujet (mais là n’est pas la question). Rien que pour cette année, Homme a produit le dernier album des Arctic Monkeys et monté un « supergroupe » (à savoir Them Crooked Vultures) avec lequel il a déjà tourné et pondu un album. Pendant ce temps-là, Dean Fertita, son bras droit au sein des « Reines de l’âge de pierre », tourne avec les Raconteurs, les Dead Weather et écrit un album avec Hello=Fire, son side project perso. Il parait même qu’il dort aussi, parfois.
Hello=Fire, c’est Dean Fertita donc, mais aussi Brendan Benson (les Raconteurs), Joey Castillo, Troy Van Leeuwen et Michael Shuman (Queen of The Stone Age, Eagles of Death Metal) ; comme quoi, encore une fois, on lave son linge en famille, ce qui est bien et pas bien à la fois. Je m’explique.
Les Raconteurs, après les White Stripes, c’était franchement sympatoche. C’était frais, plein de bonnes idées et ça avait une vraie gueule ! Des albums comme Broken Boys Soldier mêlaient à merveille les voix et les jeux de chacun en donnant naissance à quelques titres mémorables (du genre « Steady as She Goes »). A ce niveau là, Hello=Fire se défend pas encore trop mal. Des mélodies qui accrochent («Far From It », « She’s Mine in Sorrow »), des textes qui parlent (« Nature of Our Mine ») et des guitares qui hurlent, Hello=Fire a tout du combo bien posé dont les membres se connaissent depuis une plombe et composent en bonne intelligence. C’est du travail de pro encadré par des pros, du rock saturé péchu mais soigné, avec un son irréprochable et une balance au poil de c…
Bref c’est un bel objet. Mais, malheureusement, c’est aussi un ersatz un peu collant qu’on a déjà eu l’occasion d’avaler à la louche trois ou quatre fois. L’emprunte de Benson est plus que palpable et le jeu de Castillo n’arrive pas à faire oublier Lullabies To Paralyze :on est tellement proche des Raconteurs ou des derniers QOTSA que c’en est confondant… et franchement dommage. A quand le type qui arrivera à sortir son épingle de toute cette nébuleuse de collaborations entre artistes du même univers ? A quand celui qui saura pondre un truc vraiment innovant ? Loin de moi l’idée de nier le talent de Fertita et de ses potes - leur album est bon - mais il serait vraiment temps qu’ils se diversifient un peu. Parce que le consensus en vigueur dans la sphère d’influence Homme/White commence à avoir du plomb dans l’aile et à taper un brin sur les nerfs. Il faudrait un bon vieux split au milieu de tout ce fatras monochrome, avec des dents qui volent et des insultes qui fusent, des coups bas et des guitares pétées... du rock quoi! C'est bien connu: rien de tel que la rivalité pour titiller les égos et donner l’envie de faire encore mieux.