Chiastic Slide

Chiastic Slide

Autechre

12 / 20 1997 Warp Album / CD  Vinyle

Chronique de Lee Oswald (Xsilence) 17 / 20

Posté le 21/02/2006
1997, Sean Booth et Rob Brown fomentent un nouveau sabotage. Chacune de leurs productions atteint un palier supérieur, redéfinit les limites et les repousse à nouveau : ce monstre ne fait aucunement exception. Soleil d'acier de la discographie d'Autechre, Chiastic Slide compose avec Tri Repetae deux véritables colonnes atomiques jumelles s'élevant sur l'univers encore trop bien propret de la musique abstraite. Par cet album, la période bleep du duo, celle de la première moitié des nineties, s'annonce définitivement révolue, quoique peut-être encore perceptible dans certaines mélodies. Celles-ci sont dénuées de toute complexité (à la différence de la texture rythmique), imparfaitement réalisées, donnant l'impression à leur écoute de vouloir s'extraire de ces masses en mouvement afin d'exister. La musique trouve dans sa rythmicité un semblant de chair, elle devient pornographique ; charnelle, dans cette union consommée en enchevêtrements inouïs entre bruits industriels, échantillons étranges et autres parasites bioélectriques, matrice d'un réagencement biologique de la matière sonore ; pornographique, dans cette impression d'expérimenter la musique dans ses plus infimes détails, dans cette impression de la voir s'exposer en un zoom hallucinant. Jamais la musique n'avait atteint un degré semblable de physicité, pour employer un néologisme, jamais elle n'a été aussi physique. C'est sale, métallique, abscons, profondément déstabilisant, mais continûment jouissif pour celui qui fait preuve de patience. Avec Chiastic Slide, ce sont de nouveaux espaces d'exploration que s'offre le duo, annonçant sous la forme d'une première ébauche la somptuosité obscène du jusqu'au-boutiste Confield.

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