Chronique de Twilliam (Xsilence)
Posté le 13/03/2009
L'exercice semble périlleux ! Chroniquer le second chef-d'œuvre de l'ange Drake comme un lycéen de 1ère L composerait sur un poème de Rimbaud. C'est à ce modeste niveau que je me situe puisque malgré l'admiration que je porte à l'œuvre de Nick Drake, aucun mot ne suffira jamais à décrire sa musique.
Elle revêt des émotions différentes suivant les moments, elle change de forme au grès des heures, elle se modifie au rythme des saisons. Comme une matière vivante cette musique de l'âme et du corps tout à tour vous grise, vous déchire, vous apaise. En constante évolution, elle s'immisce dans votre quotidien et devient proprement indispensable à tout amateur de beauté céleste.
Les trois disques de Nick Drake sont tous intemporels. Outre la qualité musicale et poétique évidente de ces œuvres, c'est le sentiment irrationnel d'absolu qui demeure... longtemps... après chaque écoute. Le mélomane sait instinctivement, sans pouvoir parfois le formuler, qu'il se trouve devant une représentation de l'Art. L'intimité que Drake instaure, l'éclat parfait des compositions et l'absence totale de maniérisme font de cette œuvre une sorte de toison d'or pour tout nouveau jeune songwriter. Bien plus que des folksongs, la musique de Nick Drake reste à mon sens une définition du "Beau".
Après les pépites baroques de Five Leaves Left, Nick Drake semble sur ce second opus, se tourner vers une musique plus éthérée, plus lumineuse. Le premier titre, instrumental, introduit un son proche du premier album. Pourtant la suite se révèle bien différente, étonnante même.
"Hazey Jane II", "Poor Boy" ou encore "One Of These Things First" restent à ce titre des exemples d'originalité et de surprise dans la discographie du chanteur. Plus rythmés, ils lorgnent vers des aspirations folk-jazz (proches de Tim buckley et Van Morrison) et dans lesquels les guitares de Richard Thompson sont plus présentes. C'est surtout Nick Drake lui-même qui semble plus apaisé, on perçoit même une esquisse de sourire dans sa voix ainsi qu'un second degré saisissant : "Oh poor boy So sorry for himself" ! C'est dire...
A mi-chemin entre les arrangements de Robert Kirby caractéristiques de Five Leaves Left et l'aspect jazzy évoqué à l'instant se trouve un titre étonnant, magnifique et surtout indispensable : "At the chime of the city clock" qui nous offre la transition parfaite avec le premier album.
Cependant, c'est lorsque le jeune paladin retrouve son souffle mélancolique et intimiste que les cimes côtoyées sur son premier album chères à notre âme réapparaissent. Sachez que "Bryter Layter" renferme parmi les plus beaux trésors du compositeur. A commencer par "Hazey Jane I" et ses cordes somptueuses. Ici Nick Drake trouve un équilibre parfait entre arrangements flamboyants et mélodie délicate. Le morceau "Fly" évoque lui une fugue de Bach. John Cale y assure les parties de clavecin et de violon : on frôle la perfection. On retrouve des envolées exquises sur les instrumentaux "Bryter Layter" et "Sunday" grâce aux arrangements de Kirby et à une ensorcelante flûte.
Et enfin "Northern sky" ! LA chanson parfaite, celle qui vous accompagne tout au long d'une vie, dans les moments les plus heureux comme dans les plus sinistres. Ce morceau céleste, avec l'orgue de Cale, est d'une pureté absolue, il possède quelque chose de sacré.
Ce second disque de Nick Drake est donc un nouveau chef d'œuvre! Différent, autre et pourtant si personnel, il recèle de joyaux, de chansons magnifiques et hors du temps.
Indispensable et immortel.
"I never felt magic crazy as this [...]"
Elle revêt des émotions différentes suivant les moments, elle change de forme au grès des heures, elle se modifie au rythme des saisons. Comme une matière vivante cette musique de l'âme et du corps tout à tour vous grise, vous déchire, vous apaise. En constante évolution, elle s'immisce dans votre quotidien et devient proprement indispensable à tout amateur de beauté céleste.
Les trois disques de Nick Drake sont tous intemporels. Outre la qualité musicale et poétique évidente de ces œuvres, c'est le sentiment irrationnel d'absolu qui demeure... longtemps... après chaque écoute. Le mélomane sait instinctivement, sans pouvoir parfois le formuler, qu'il se trouve devant une représentation de l'Art. L'intimité que Drake instaure, l'éclat parfait des compositions et l'absence totale de maniérisme font de cette œuvre une sorte de toison d'or pour tout nouveau jeune songwriter. Bien plus que des folksongs, la musique de Nick Drake reste à mon sens une définition du "Beau".
Après les pépites baroques de Five Leaves Left, Nick Drake semble sur ce second opus, se tourner vers une musique plus éthérée, plus lumineuse. Le premier titre, instrumental, introduit un son proche du premier album. Pourtant la suite se révèle bien différente, étonnante même.
"Hazey Jane II", "Poor Boy" ou encore "One Of These Things First" restent à ce titre des exemples d'originalité et de surprise dans la discographie du chanteur. Plus rythmés, ils lorgnent vers des aspirations folk-jazz (proches de Tim buckley et Van Morrison) et dans lesquels les guitares de Richard Thompson sont plus présentes. C'est surtout Nick Drake lui-même qui semble plus apaisé, on perçoit même une esquisse de sourire dans sa voix ainsi qu'un second degré saisissant : "Oh poor boy So sorry for himself" ! C'est dire...
A mi-chemin entre les arrangements de Robert Kirby caractéristiques de Five Leaves Left et l'aspect jazzy évoqué à l'instant se trouve un titre étonnant, magnifique et surtout indispensable : "At the chime of the city clock" qui nous offre la transition parfaite avec le premier album.
Cependant, c'est lorsque le jeune paladin retrouve son souffle mélancolique et intimiste que les cimes côtoyées sur son premier album chères à notre âme réapparaissent. Sachez que "Bryter Layter" renferme parmi les plus beaux trésors du compositeur. A commencer par "Hazey Jane I" et ses cordes somptueuses. Ici Nick Drake trouve un équilibre parfait entre arrangements flamboyants et mélodie délicate. Le morceau "Fly" évoque lui une fugue de Bach. John Cale y assure les parties de clavecin et de violon : on frôle la perfection. On retrouve des envolées exquises sur les instrumentaux "Bryter Layter" et "Sunday" grâce aux arrangements de Kirby et à une ensorcelante flûte.
Et enfin "Northern sky" ! LA chanson parfaite, celle qui vous accompagne tout au long d'une vie, dans les moments les plus heureux comme dans les plus sinistres. Ce morceau céleste, avec l'orgue de Cale, est d'une pureté absolue, il possède quelque chose de sacré.
Ce second disque de Nick Drake est donc un nouveau chef d'œuvre! Différent, autre et pourtant si personnel, il recèle de joyaux, de chansons magnifiques et hors du temps.
Indispensable et immortel.
"I never felt magic crazy as this [...]"