Electro-shock Blues

Electro-shock Blues

Eels

18 / 20 1998 Dreamworks Album / CD

Chronique de Martin-K (Xsilence) 20 / 20

Posté le 15/12/2011
Electro-Shock Blues est l'album le plus mélancolique et le plus torturé enregistré par Eels. Indispensable donc. Il faut dire que Mark Olivier Everett a, au moment de la réalisation de cet album, de quoi être cafardeux : sa sœur s'est suicidée, sa mère a succombé a un cancer...il ne faut alors pas s'attendre a ce que la mélancolie (déjà fortement présente dans le précédent et premier album de Eels, Beautiful Freak), ne disparaisse. Il s'agit d'un album écrit avec les tripes, où Mark Olivier Everett parvient avec génie a extérioriser tout son mal-être, sa solitude... On peut remarquer que cette amertume commencera a légèrement s'atténuer sur le troisième album des Eels, l'excellent Daisies of the Galaxy.

Toutefois, si les paroles évoquent souvent des sujets pas très joyeux (euphémisme) tels que le deuil ("Last Stop : This Town, Going To Your Funeral"), le suicide (la chanson d'introduction : "Elizabeth On The Bathroom Floor"), la dépression et la tentative parfois vaine de la combattre ("The Medication Is Wearing Off", "Electro-Shock Blues"...), Electro-Shock Blues est également un album plein d'espoir et d'humanité, à l'image de la chanson "PS : You Rock My World", qui clôt l'album de la plus belle façon qui soit.

Les mélodies sont simples, mais la voix de Mark Olivier Everett suffit à elle seule à procurer de l'émotion. On pense par exemple au refrain de "My Descent Into Madness", et au chant désespéré a la fin de "Going To Your Funeral (Part One)". Electro-Shock Blues est un album qui contient une charge émotionnelle unique. Il s'agit selon moi non seulement du meilleur album de la discographie des Eels, mais également de l'un des plus beaux albums jamais produits. La souffrance était-elle nécessaire a l'élaboration d'un tel chef d'œuvre ? Oui, sans aucun doute, et c'est ce qui rend cet album encore plus beau qu'il ne l'est déjà.

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