II

II

Fuzz

12 / 20 2015 In The Red Album / CD  Vinyle

Chronique de X_Lok (Xsilence) 12 / 20

Posté le 23/10/2015
Le premier album de ce groupe de potes avait conquis en 2013, tant il assénait les riffs avec la manière, et nous offrait là des titres pour le moins enthousiasmants. Certes rien de nouveau au programme dans cet énième projet de Ty Segall. On aurait un peu tendance à oublier que la paternité de ce groupe revient à Charlie Moothart mais que voulez vous, le blondinet attire les projecteurs, même quand il s'agit de Peacers, le nouveau groupe du génial Mike Donovan (Mr Sic Alps pour vous la faire courte), tout ça parce que le blondinet est à la batterie & à la prod... Laissons Peacers de côté pour le moment, et intéressons un peu à ce deuxième volet des aventures de Charlie, Ty & Chad (Ubovich, membre des Meatbodies qui remplace Roland Cosio à la basse, parti lui même vers d'autres aventures, je vous sens perdus là...).

Disons le d'emblée, cet album est moins bon que le premier. Avec un album gavé de tubes comme celui de 2013, dur de répéter la même formule en mieux. Ici on sent presque le groupe patauger, essayant de se raccrocher aux branches pour composer des tubes du niveau de "Loose Sutures" sans jamais y parvenir. Bien sûr tout n'est pas à jeter dans ce II, on y trouve de très bonnes choses, le heavy "Pollinate", "Say Hello" où la voix de Ty atteint des sommets d'effronterie assumée, voire même le dernier titre sans queue ni tête ou les trois compères partent dans tous les sens, mais dans l'ensemble, le disque tient moins la route que le premier.

Après l'écoute de ce dernier Fuzz, on peut se poser une question. N'ont ils pas tout dit avec le premier disque ? Le groupe n'aurait il pas mieux fait de se contenter d'un one shot ? Un seul & unique album, et hop, on s'auto-dissout comme le cachet effervescent souverain du dimanche midi. Armons nous de patience, et attendons l'éventuel troisième album, d'ici quelques mois/années, pile le temps nécessaire pour que Ty Segall sorte sept albums et forme trois autres groupes. La dispersion façon puzzle, c'est pas forcément ce qu'il y a de mieux.

Chronique de Olivier (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 01/12/2015

Difficile, très difficile même de suivre le rythme imposé par cet hyper-actif de Ty Segall. Entre sorties en solo et nouveaux projets, le gaillard arrive à trouver le temps de réactiver Fuzz pour un second album, sobrement intitulé II, toujours sur le label californien In The Red Records.

Embarquant ses comparses Chad Ubovich (mercenaire de tournée pour Mikal Cronin et ex-Meatbodies) et Charles Moothart (vieux copain et membre du Ty Segall Band) dans l'aventure et se plaçant lui-même derrière la batterie (l'essentiel du travail de composition étant laissé aux bons soins de ses deux compères), le Fuzz de Ty Segall déroule du rock 100% graisses saturées. Avec Fuzz, la démarche artistique est limpide : il n'est pas question de vouloir réinventer le rock'n'roll mais bien de chauffer à blanc les ampoules des amplis, de composer un disque entre potes, de siffler des bières en tournée et de se faire plaisir.

Du côté des influences palpables, l'écoute de ce long album (quatorze titres tout de même) évoque à la fois les mélodies pop des Kinks, Black Sabbath - on aurait bien vu Tommy Iommi composer les riffs de "New Flesh" ou "Silent Sit The Dust Bowl" - et toute la scène garage rock californienne dont est issu Ty Segall.

À force d'usiner des albums à cette cadence, on se repose toujours les mêmes questions : quand le bonhomme va-t-il s'arrêter et à quel moment la source va-t-elle se tarir ? En attendant que ça soit le cas, on se repasse ce disque en boucle, on file écouter son disque de reprises de T.Rex et on décompte les jours qui nous séparent encore de la sortie de Emotional Mugger.


Retour à l'accueil