Chronique de Slowdown (Xsilence)
JJ c'est avant tout une voix de femme enfant : grave, suave, chaude, puissante mais jamais poussive. Et son seul fard est un peu de réverb', pour 'l'aiguiller vers la world. C'est ensuite une succession de sonorités variées mais simples et concises : notes de piano, violons, guitare sèche, synthétiseur, harmonica, harpe, xylophone, flûte de pan et le tout... relevé par des percussions naturelles et stimulantes, aux relents quelque peu latinos . La production est fine et fourmille de petits détails bien sentis.
Et l'air de rien, les suédois nous offrent un petit voyage chaloupé par delà les mers, direction les caraïbes, l'amérique du sud ou encore l'asie ! Voyage soutenu par des influences subtiles et variées, qui vont du dub ("Into The Light"), à la musique japonaise ("Voi parlate") ou encore andalouse (Golden virginia).!
Et si vous n'aimez pas voyager et préférez cocooner , c'est jouable avec JJ car l'indolence fraîche et suave qui se dégage de cette musique, incitant, à la rêverie saura s'accommoder de cette humeur !
ET oui car JJ, c'est aussi une dream-pop minimaliste et spontanée et indéniablement séductrice. Riche et difficile à cerner, à la fois mélancolique, dansante, nimbée d'électro et d'influences exotiques ! Le chaud et le froid en un seul mouvement !
Soit si l'expansion perce, la retenue et la sensibilité sont également de mise sur ce n°3.
Et au final,les tubes pleuvent, à la fois simples, directs, entraînants,doucement planants tel les balançant "You Know" ou "Let go", l'enveloppant "My life" ou encore le valsant "And now", pour n'en citer que quelques uns.
JJ, avec naturel, élégance, simplicité, délicatesse et fraîcheur, impose un style et une musique qui va droit au cœur, avec ce n°3 : la pop cocooning du monde !
Laissez vous bercer, réchauffer en hiver et... rafraîchir en été !
Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques)
Pour beaucoup, le phénomène jj n'est pas bien vieux – au mieux a-t-il fait son apparition il y a quelques mois à peine avec l'annonce en grandes pompes de la signature de l'énigmatique duo sur le label Secretly Canadian. Sorti dans l'indifférence la plus totale en 2009, il aura fallu de nombreux mois à l'album n°2 pour bénéficier d'une certaine notoriété bien méritée. Il faut dire que le savoureux mélange d'electro-pop, de balearic, de reggae, de hip hop et de world music concocté par l'entité suédoise ne manquait pas de qualités: alliant fluidité et délicatesse, il s'imposait rapidement comme l'un des disques les plus frais et étonnants de l'année dernière. Par ailleurs, le côté éminemment intriguant de l'entreprise jj (pas de site web ou de page MySpace) fut un élément de plus qui a permis au buzz d'enfler. Mais aujourd'hui, les choses ont bien changé. On sait que jj est en fait l'association de Joakim Benon et d'Elin Kastlander, que le duo roule pour une structure qui n'est pas du genre à nous habituer aux mauvaises surprises mais qu'il n'est malheureusement pas à la hauteur des attentes placées en lui.
Visiblement pressés de donner à n°2 un petit frère, Benon et Kastlander sont donc rapidement retournés en studio, espérant y retrouver la sidérante alchimie qui leur avait permis d'accoucher d'un premier album (n°1 était en fait le premier maxi du groupe) parfait d'un bout à l'autre et en totale contradiction avec une époque où tout doit aller très vite et très fort. Et pourtant, sur n°3, la déception est au moins aussi grande que l'effet de surprise qui avait accompagné la sortie de n°2. Neuf titres et rien ou presque à sauver. Exit les ambiances légères et ouatées, la tendresse et le romantisme, les voix en apesanteur parfois proches d'une Enya, les inflexions twee ou la simple sensation, jouissive, de nager à contre-courant des tendances dominantes. Aujourd'hui, jj donne dans le pop chiante et austère, les mélodies d'une affligeante banalité et les voix solennelles. On pourrait jouer les bonnes âmes et vous dire qu'à de rares occasions, le duo suédois semble en mesure de renouer avec la magie des débuts, mais malheureusement, les petits trucs de production, aussi efficaces soient-ils, ne parviennent pas à cacher une écriture d'une pauvreté absolument désolante.
A ce stade, vous savez ce qu'il vous reste à faire: fuir ce disque comme la peste, vous rendre pas plus tard que tout de suite sur la boutique du label Sincerely Yours et commander pour la modique somme de 15 euros votre exemplaire de n°2. Non seulement vous vous ferez un beau cadeau, mais vous ferez par la même occasion un don d'un euro au WWF. Et surtout, vous garderez de la sorte à l'esprit l'image d'un groupe attachant et indispensable, dont vous attendrez avec impatience le n°4...