EP2

EP2

Pixies

13 / 20 2014 Pixies Maxi / Vinyle

Chronique de Michael (Goûte Mes Disques) 2 / 20

Posté le 16/01/2014

C’est l’histoire d’un braquage, d’une arnaque. Non pas que quiconque soit dupe, mais il est parfois bon d’appeler un chat un chat. Ces quatre titres, on nous les présente donc comme le deuxième EP des Pixies ressuscités et osant enfin, après dix ans de tournée de reformation, se risquer à pondre quelque chose. On soulignera au passage que dans la série des reformations, il y en a qui auront quand même été nettement moins prolixes et auront su prendre plus de risques ou du moins exister pour faire de la musique et non pas en faire uniquement pour payer les factures. Alors oui, on pourra arguer du fait qu’en leur temps les Pixies n’ont jamais eu le succès mérité, que Nirvana les a pillés, qu’ils étaient là trop tôt et qu’ils ont semé les graines dont l’indie-rock des 90's a récolté les fruits bien mûrs et bien juteux quand Frank Black s’embourbait dans une carrière solo que la majorité aura préféré ignorer.

Attention toutefois, votre humble serviteur ne fait pas partie de ces frustrés qui ont passé les deux dernières décennies à cracher sur la carrière du chanteur américain à l’époque où il décida de changer de patronyme et de s’envoler pour une carrière solo riche et quasi exempte de déchets. Mais quand même. Qu’on ne vienne pas nous faire croire que l’on peut mettre sur une même étagère Bossanova et EP2. Un Jean-Patrick Manchette et un Fred Vargas. Une trappiste belge et une 1664 brune. Du génie à l’état brut et de la B-side peu inspirée. Où est l’urgence ? La magie ? La violence ? La beauté sauvage ? L’émerveillement sonore ? Ne cherchez pas, vous n’en trouverez pas. En lieu et place de cela, vous aurez trois chansons assez agréables à écouter mais sans aucune mesure comparables à n’importe quel titre de la discographie historique.

Pour être plus explicite, ça n’a pas la couleur des Pixies, ça n’en a pas l’odeur, ni le goût, mais juste l’emballage (enfin ce qu’il en reste depuis le départ de Kim Deal). Et même si ce EP2 est, hormis son premier single, de bien meilleure facture que le premier, rien à voir avec un quelconque morceau des Lutins, ni de près, ni de loin, ni même dans le noir et le brouillard. C’est triste à dire, mais force est de constater que notre bon vieux Franck a tout simplement choisi un nouveau backing band pour sa carrière solo et que c’est sûr que ça rameute plus de monde aux concerts et plus de pièces dans le tiroir-caisse quand on appelle celui-ci Pixies.


Chronique de Palikao (Xsilence) 15 / 20

Posté le 18/01/2014
Je ne savais pas à quoi attendre des Pixies avec la suite de l'EP1. J'avais été déçu ou plutôt décontenancé par le premier jet d'un retour plus vraiment attendu. Je branche le casque, appui sur le bouton play, volume à fond (je ne sais pas faire autrement) et BOOM ! "Blue Eyed Hexe" me saute à la gorge, comme un tigre qui aurait décidé de me bouffer tout cru. Guitare distordue, rythmique de plomb, cri de Franck Black comme à la bonne vieille période de Doolittle : La claque !
Vient ensuite "Magdalena", plus surf song que rock sauvage, voix glissante et toujours cette rythmique qui cogne. Parfait !
"Green And Blues" prend la suite et nous accompagne dans une ballade plus dans la veine d'"Indy Cindy" sur le précédent EP. On s'y laisse prendre, à vrai dire. Trompe Le Monde n'est pas très loin et j'aime aussi, n'ayant pas le courage de demander aux Pixies de refaire éternellement des morceaux comme "Tame".
"Snakes" déroule et pose définitivement l'empreinte actuelle du groupe. Si je dois faire une moyenne sur les deux EP, s'il faut dégager une tendance de ce que la formation décline au présent, je crois que ce morceau en donne une bonne image et me réconcilie avec leur précédente tentative de séduction.
Pour ce qui concerne le groupe lui-même, Kim Shattuck ne fait plus parti de l'aventure. Paz Lenchantin, de A Perfect Circle, a pris la suite à la basse. Sans doute que la phase de réglage n'est pas vraiment terminée. Une formation en reconstruction alors ? En tout cas ils se cherchent encore, surprennent, étonnent, séduisent de plus en plus : à voir !

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