Chronique de Sinoc (Xsilence)
Posté le 13/11/2013
Une nouvelle mouture de Pearl Jam se déguste comme une bonne vieille bouteille sortie de la cave de grand père : un peu d'angoisse au déballage, puis, rassuré par une mise en bouche familière, elle devient classieuse, surprenante, avec une formidable envie d'en reprendre rapidement une nouvelle gorgée. Lightning Bolt est encore un bon cru des vieux papis de Seattle.
Comme pour toutes les dernières sorties du groupe, l'album est construit en trois temps : un premier temps bien rentre-dedans, un second temps de classic rock et un troisième acoustique et mélancolique. Ce qui fait la force de Lightning Bolt, c'est que les deux premiers temps de l'album sont peut-être les plus aboutis et inventifs depuis No Code.
L'introduction "Getaway", "Mind Your Manners" et "My Father's Son" force le respect avec son rock bien énervé et intelligent, avec de gros riffs bien gras, des breaks bienvenus et des passages calmes archi-mélodieux. Rien que du classique, comme Pearl Jam sait le faire, mais encore une fois excellent. Je n'ai personnellement pas pris autant de plaisir immédiat en rentrant dans un disque de Pearl Jam depuis Vs.
La suite en perdra quelques uns en route. "Sirens" marque un premier tournant dans le disque, en revisitant la ballade 90's avec talent. Le chant de Vedder sublime le morceau, qui emprunte une structure pas si simple qu'elle n'y paraît, mais tellement efficace que tout y semble naturel. Ce morceau se bonifie clairement après quelques écoutes. Après un "Lightning Bolt" plutôt classique, le groupe se permet de prendre des risques avec un duo de morceaux aux sonorités nouvelles pour Pearl Jam. "Infaillible" comme "Pendulum" surprennent de prime abord. Les claviers d'"Infaillible" ne sonnent pas comme du Pearl Jam, mais la touche du groupe donne à ce morceau rock plutôt basique une aura que d'autres n'auraient pas trouvé. Et ça fonctionne. "Pendulum", plus minimaliste, touche rapidement sa cible, mais se perd dans un final un peu trop facile (les fameux Ah Ah Ah Ah que vous retrouverez raillés dans beaucoup de chroniques). Mais même s'il gâche un peu l'équilibre jusque là parfait du disque, ce morceau est bon à prendre : il démontre que Pearl Jam peut aussi se réinventer tout en gardant son âme.
A partir de là, l'album déroule quelques bons titres comme "Swallowed Whole" et "Future Days", mais sans retrouver la magie des premiers titres, notamment parce que l'enchainement des morceaux est plus chaotique (où placer un blues dans un tel disque ??). Aussi, certains titres, bien qu'agréables, ressemblent sur la fin de l'album plus à des B-sides qu'à des titres d'album, comme "Let The Records Play", ce fameux blues ou southern-rock qui détonne trop dans l'album ou la reprise par le groupe du très joli "Sleeping By Myself", issu du Ukulele Songs de Vedder, qui n'apporte pas grand chose à l'ensemble, voire même à l'original.
Mais bon, il faut pas longtemps pour se remettre de ce final un peu décevant, le début de l'album étant tellement efficace qu'on s'y raccroche très vite et très bien. Je vous le disais : encore un bon cru !
Comme pour toutes les dernières sorties du groupe, l'album est construit en trois temps : un premier temps bien rentre-dedans, un second temps de classic rock et un troisième acoustique et mélancolique. Ce qui fait la force de Lightning Bolt, c'est que les deux premiers temps de l'album sont peut-être les plus aboutis et inventifs depuis No Code.
L'introduction "Getaway", "Mind Your Manners" et "My Father's Son" force le respect avec son rock bien énervé et intelligent, avec de gros riffs bien gras, des breaks bienvenus et des passages calmes archi-mélodieux. Rien que du classique, comme Pearl Jam sait le faire, mais encore une fois excellent. Je n'ai personnellement pas pris autant de plaisir immédiat en rentrant dans un disque de Pearl Jam depuis Vs.
La suite en perdra quelques uns en route. "Sirens" marque un premier tournant dans le disque, en revisitant la ballade 90's avec talent. Le chant de Vedder sublime le morceau, qui emprunte une structure pas si simple qu'elle n'y paraît, mais tellement efficace que tout y semble naturel. Ce morceau se bonifie clairement après quelques écoutes. Après un "Lightning Bolt" plutôt classique, le groupe se permet de prendre des risques avec un duo de morceaux aux sonorités nouvelles pour Pearl Jam. "Infaillible" comme "Pendulum" surprennent de prime abord. Les claviers d'"Infaillible" ne sonnent pas comme du Pearl Jam, mais la touche du groupe donne à ce morceau rock plutôt basique une aura que d'autres n'auraient pas trouvé. Et ça fonctionne. "Pendulum", plus minimaliste, touche rapidement sa cible, mais se perd dans un final un peu trop facile (les fameux Ah Ah Ah Ah que vous retrouverez raillés dans beaucoup de chroniques). Mais même s'il gâche un peu l'équilibre jusque là parfait du disque, ce morceau est bon à prendre : il démontre que Pearl Jam peut aussi se réinventer tout en gardant son âme.
A partir de là, l'album déroule quelques bons titres comme "Swallowed Whole" et "Future Days", mais sans retrouver la magie des premiers titres, notamment parce que l'enchainement des morceaux est plus chaotique (où placer un blues dans un tel disque ??). Aussi, certains titres, bien qu'agréables, ressemblent sur la fin de l'album plus à des B-sides qu'à des titres d'album, comme "Let The Records Play", ce fameux blues ou southern-rock qui détonne trop dans l'album ou la reprise par le groupe du très joli "Sleeping By Myself", issu du Ukulele Songs de Vedder, qui n'apporte pas grand chose à l'ensemble, voire même à l'original.
Mais bon, il faut pas longtemps pour se remettre de ce final un peu décevant, le début de l'album étant tellement efficace qu'on s'y raccroche très vite et très bien. Je vous le disais : encore un bon cru !