MGMT

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5 / 20 2013 Columbia Album / CD  Vinyle

Chronique de X_Wazoo (Xsilence) 5 / 20

Posté le 16/09/2013
Comment pourrait-on définir MGMT, en se basant sur leur deux LP et leur single Metanoia ? Pop, accrocheurs, mélodiques, attirés par l'expérimentation, travaillent sur les textures, nostalgiques... Et capables de se renouveler. Les différences d'approches entre Oracular Spectacular et Congratulations étaient assumées et méritantes. Alors bon, rien de très étonnant à voir Andrew VanWyngarden, Ben Goldwasser et compagnie faire une fois de plus le grand écart. Seulement, parmi les éléments communs qui ont fait l'identité du groupe, cités plus haut, retirez les trois premiers. Voilà, tout est dit ou presque.

Ouste la mélodie, finies les accroches et la pop : basta ! Bonjour et bienvenue à l'expérimental bardé d'effets sonores en pagaille. Pourquoi pas, me direz-vous ? D'autres ont su parfaitement se défaire de leurs atours pop et se relever plus grands encore. Nous voilà fixés ; MGMT n'est pas de cette trempe. Retour à la production de Dave Friedmann, qui s'était déjà occupé du premier essai. Et ça s'entend. La recherche sonore est désormais la priorité du duo, qui semble s'être par voie de conséquence mis dans le crâne qu'ils étaient les Flaming Lips. Période Soft Bulletin pour ne rien arranger. Batterie saturée au premier plan du mix, voix distordues, claviers bidouillés et autres effets bordéliques, voilà qui ressemble fort à la bouillabaisse géniale des Lips de l'époque. Et de fait l'effet est réussi ; les sonorités sont très intéressantes et ce disque prouve bien que le Soft Bulletin est toujours autant d'actualité en 2013 qu'en 1999.

Mais MGMT l'album ne prouvera rien d'autre. Si ce n'est que le groupe s'est bel et bien égaré en chemin ; lorsqu'il a décidé de pallier un manque flagrant d'idées par un travail excessif sur le son. Et je dis bien excessif... Car ce qui faisait le génie de Soft Bulletin, avant cette forte identité sonore, c'étaient les formidables compositions dont regorgeaient l'album. Des trouvailles mélodiques à tous les coins de mesure, un entrain confinant au puéril, des retournements de situation sortis de nulle part. Voilà bien ce qui sépare le classique des Flaming Lips du présent travail de MGMT et qui fait que ces derniers nous fichent un sacré mal de crâne au long d'un album qui paraît interminable d'apathie créative... On trouvera sur MGMT, à l'exception notable de "Mystery Disease" et "Alien Days" qui réhaussent le niveau, deux types de mélodies ; celles tout droit sorties de comptines enfantines bêtes comme chou ("Your Life Is A Lie", "Cool Song No.2") et celles... qu'on entend pas -la faute au brouhaha maximaliste alentour. En somme, trois quarts d'heure d'ennui migraineux.

Ce disque éponyme est donc une grosse dégringolade de la part d'un groupe qui avait su garder une identité propre en dépit de sa musique ultra-référencée, et qui s'enferme avec ce troisième album dans l'identité sonore d'un autre tout en oubliant au passage de construire de vraies chansons. D'autant plus que je découvre à l'instant où j'écris ces lignes que le sommet de ce désastre -"Instrospection", une des rares éclaircies mélodiques, est une reprise des Faine Jade. Misère...

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 12 / 20

Posté le 27/09/2013

Si l’influence d’Oracular Spectacular sur tout un pan de la musique indie moderne est indéniable et encore palpable aujourd'hui, ceux qui en ont probablement le moins profité (artistiquement parlant il s’entend) sont les auteurs du disque, à savoir la paire Ben Goldwasser / Andrew VanWyngarden. Deux petits génies de la folk-pop moderne sous perfusion psyché, bien dissimulés derrière des looks de branleurs invétérés, et dont l’efficacité du songwriting sur une paire de singles imparables continue probablement de torpiller les ambitions artistiques.

Car contrairement à ce qu’aimerient croire beaucoup de gens, MGMT vaut bien mieux que « Kids » et « Time to Pretend ». C’est d’ailleurs ce que les deux Américains ont probablement voulu démontrer sur Congratulations, un album sans single pour les radios, qu’ils dénigrent régulièrement en interview aujourd’hui (torché à la va-vite, au terme d’une tournée marathon, probablement poussé par un label trop heureux de pouvoir faire tourner la machine à billets), mais dont les qualités sont pourtant nombreuses.

Pour ce troisième effort, MGMT semble avoir pris le temps de bien faire les choses, histoire de nous livrer un disque qui leur ressemble vraiment. Et le constat que l’on retire des écoutes répétées de ce disque éponyme, c’est qu’Oracular Spectacular avait tout de l’heureux accident de parcours dans une carrière bien plus transversale qu’une signature sur la major Columbia ne pourrait le laisser penser. En effet, MGMT a tout du projet qui s’inscrit dans la continuité de Congratulations, avec de l’expérimentation en pagaille et une volonté évidente de ne pas pondre un titre imparable qui éclipserait le travail d’ensemble. L’intention est forcément louable, mais quelque peu mise à mal par la qualité générale d'un album bien trop brouillon et trop peu inspiré que pour nous convaincre du bien-fondé de la démarche.

Car là où on attendait de MGMT un album aux visées psyché pleinement maîtrisées et joliment pop aux entournures, on se retrouve avec un disque au souffle court, qui ne brille que par intermittences (le groove élastique de « Alien Days » et les menaçants « Cool Song No. 2 » et « Mystery Disease » notamment) et dont les meilleurs titres semblent avoir été placés en ouverture de disque histoire de ne pas décourager d’emblée un auditeur probablement dubitatif après un Congratulations déconcertant. Evidemment, entre des attentes peut-être démesurées et un inspiration parfois en congé maladie, cela fait beaucoup pour un seul et même disque, qui a surtout pour mérite de placer définitivement MGMT dans une catégorie un brin inférieure à celle dans laquelle on les avait propulsé à l’époque du premier disque. Comme si la route était encore longue pour un groupe dont d’aucuns pensent qu’il n’a plus rien à prouver. Vraiment ?


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