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Zola Jesus

15 / 20 2013 Sacred Bones Album / CD  Vinyle

Chronique de X_Lok (Xsilence) 15 / 20

Posté le 19/08/2013
Il est des disques comme ça qu'on attend pas. Mais du tout. Forcément, comme pas mal de monde, je connais Zola Jesus. Forcément comme pas mal de monde, je me suis fait une idée préconçue de la jeune fille. Alors, comme pas mal de monde, je me suis arrêté à son nom.
Faut dire, associer l'auteur de l'Assommoir avec un prénom portugais (ou christique, c'est selon), c'est pas banal. Et là, l'occasion se présente, découvrir une relecture de certains de ces titres (relecture faite originellement à l'occasion d'un concert au musée Guggenhiem de NY).

Découvrir une artiste par des reprises de ses propres chansons, sans connaitre les titres orignaux, ça peut être risqué pour la suite. Mais restons en à ces Versions, on va pas se compliquer davantage la chose.
Pour cet album, la demoiselle se paye le luxe de bosser avec J.G. Thirlwell, activiste noise (mais pas que), plus connu sous le nom de Foetus, afin de réorchestrer une petite dizaine de titres. Délaissant le tout électronique, J.G. utilise le Mivos Quartet pour donner une tendance presque romantique, un cocon empli de cordes pour étreindre la voix de Zola Jesus.
La construction électronique n'est jamais loin ("Seekir") mais avec pour seule base une boite à rythmes (seulement présente sur quelques titres), les samples deviennent partitions de cordes, montées de violons & cassures silencieuses. Ce Versions fait bien sur penser à certains albums de Bjork ("Night"), épurés & sophistiqués à la fois, rendant l'oeuvre de Zola Jesus bien plus accessible, et faisant sans doute de ce disque une porte d'entrée plus facile à ouvrir, sans risquer de s'enfoncer un clou rouillé en la poussant comme sur ces précédents disques. Fermer les yeux sur le "Collapse" final, et vous verrez par vous même.

Mais comme je le disais, cette porte d'entrée peut se révéler pleine de faux semblants, la discographie de la jeune femme étant à peu près à l'opposé de ces chansons que votre mère pourrait aimer. Ou votre collègue qui se targue d'écouter de tout. Un peu comme si avant de s'attaquer à l'oeuvre d'Emile, on lisait L'Achommoir (ça c'est pour le Jesus portugais du début) avant l'original bien connu de nos anciens profs.

Chronique de Michael (Goûte Mes Disques) 6 / 20

Posté le 03/10/2013

Chelsea Wolfe - Zola Jesus, le match retour. En 2011, on en était resté sur une belle victoire de la première nommée qui a su, en modeste challenger, renverser une situation que l’on croyait cousue de fil blanc pour l’ex-enfant prodige au patronyme socialo-christique. Ça c’était le match Pain Is Beauty - Conatus. Curieux calendrier donc, qui voit les demoiselles revenir avec leurs nouvelles productions sous le bras à quelques jours d’intervalle. Alors autant le dire d’emblée, là où Chelsea Wolfe montre un jeu vif et constamment en mouvement, Zola Jesus nous la joue "à la" en nous ressortant de vieux morceaux tirés de Conatus et Stridulum II servis à la sauce musique de chambre, le tout arrangé par J.G. Thirlwell de Fœtus. Sur le papier, on aurait pu y croire, la musique de Zola Jesus pouvant tout à fait se prêter à cet exercice de relecture. Dans les faits, ce qui en résulte est affligeant de pauvritude et de consensuel. La démonstration en est simple si vous ne voulez pas vous farcir la galette entière: écoutez « Run Me Out » dans sa version originale sur Stridulum II et enchaînez sur la nouvelle version. Ou comment détruite par des arrangements convenus, bavards et tire-larmes un titre qui brillait par son dépouillement et sa simplicité. Il en va d'ailleurs de même pour tous les titres tirés de Stridulum II. Là où les originaux nous avaient séduits par une approche froide et brute couplée à une interprétation proche de l’explosion mais toujours sur la réserve, dans Versions, tout est surjoué et on se retrouve avec des morceaux dont la vacuité devient franchement gênante. Comme quoi, et on ne le dira jamais assez, écrire de bons morceaux ne suffit pas: l’interprétation et la production sont parfois (et même souvent) des choix déterminants qui font la différence et permettent d’élever un titre vers les sommets (ou de le plonger dans les abysses). Comme on est quand même gentils et qu’on a encore de l’estime pour la native de Phoenix, on a espéré le sursaut sur les réinterprétations de titres de Conatus, histoire de nous faire oublier la platitude de des originaux. Hélas il n’en sera rien et on frôle même franchement le très mauvais goût sur plusieurs relectures. Le constat est amer mais la victoire est franche, Chelsea Wolfe remporte le match par un jeu on ne peut plus offensif et toujours en mouvement, à la batave, quand Zola se sera contentée d’encaisser les tirs dans un attentisme sans sursaut digne d’une Squadra Azzura des mauvais jours. Mais on reviendra très vite sur le cas Chelsea Wolfe...


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