Chronique de Machete83 (Xsilence)
Posté le 20/05/2013
Il faut peut être toujours un peu de temps pour réellement saisir toutes les subtilités d'une œuvre. Si des avis peuvent déjà être formulés au bout d'une dizaine d'écoutes (parfois moins), d'autres peuvent véritablement se forger sur plusieurs années! Risquons nous quand même sur ce Mosquito qui divise. En effet, la presse spécialisée (ou non) lui octroie le qualificatif de "moyen", ou ne suit pas avec envie l'évolution du groupe à qui il est devenu difficile de coller une étiquette.
Reprenons vite fait depuis le début. En 2003, Fever To Tell met la fièvre pendant la canicule. Un disque fort, bruitiste, cradingue et furieusement mélodique. Trois ans plus tard, Show Your Bones atténue la puissance du groupe en incorporant des chansons plus acoustiques. Intéressant mais décevant pour les fans de la première heure. Puis en 2009, It's Blitz offrait une collection de chansons jouant la carte de l'éclectisme sous un vernis de sons pseudo-electros et de synthés, et déconcertait aussi les fans.
Et ça continue encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord...
Pour Mosquito c'est encore la déception, les fans que nous sommes souhaitant retrouver un truc aussi brut de décoffrage que Fever To Tell (ou que les E.P. Bang Bang ou Is Is sorti en 2008, qui étaient sacrément bons). Cela dit, un groupe ne peut pas ressortir le même disque indéfiniment, aussi passionné que l'on soit, et on ne peut pas reprocher aux Y.Y.Y. de ne pas évoluer.
Evidemment, Y.Y.Y. remporte le prix de la pochette la plus moche de l'année (ou de la décennie qui sait ?),mais ne nous arrêtons pas là. "Don't judge a book by his cover", disait le tout autant hideux Tim Curry dans The Rocky Horror Picture Show. A la première écoute, Mosquito sonne comme un album mutant, synthétisant un peu tout ce qu'ils ont fait jusque là (argument facile de l'album somme ?) : on a du cradingue façon Fever To Tell ("Mosquito", "Area 52"), du doux façon Show Your Bones ("Subway", "Despair") et des trucs synthétiques style It's Blitz ("Buried Alive", "Slave"). N'inventent t-ils rien de nouveau alors ? "Sacrilege" tente d'incorporer des chœurs gospel sur la fin d'un morceau subtilement funky (sans écouter, on aurait pu avoir peur en découvrant sur la pochette qu'il y avait des chœurs), et au refrain accrocheur sans être corrompu.
So what? Les Y.Y.Y. regardent dans le rétro mais ne se plagient pas eux mêmes comme beaucoup de groupes passés 10 ans d'existence (au hasard Placebo, dont les premiers albums étaient pourtant chouettes) et existent encore malgré les emmerdes, la crise du disque, les projets solos. Personnellement, il est préférable qu'un groupe comme ça parvienne à faire intéresser des plus jeunes au rock plutôt que d'autres (au hasard 30 seconds To Mars, dont le premier album était pourtant chouette).
Au bout de plusieurs écoutes, Mosquito s'installe durablement dans nos oreilles : le titre lui même est efficace, mais pas simpliste et résume bien l'aversion que tout le monde peut avoir face à ces sales bêtes et leur inutilité complète. "Subway" s'enchaîne en parfaite douceur avec "Sacrilege" et prouve encore que les Y.Y.Y. savent comment faire suivre leurs morceaux et créer des ensembles cohérents. Arpèges délicats, rythme lent de train vers la nuit en route vers un grand sommeil, ça c'est de la délicatesse. "These Paths" et "Slave" sont plus expérimentaux mais prouvent que même sans guitares branchées à fond et batterie tonitruantes Y.Y.Y. ont une identité et un son parfaitement identifiables, ce n'est pas donné à tout le monde. "Under The Earth" ressort les synthés, avec un rythme de zombie marchant de nouveau après être sorti de sa tombe, et reste toutefois intéressant. "Buried Alive" produit ici par James Murphy et en duo avec Dr Octagon, tente une nouvelle collaboration rock/rap ici réussie, en reprenant les éléments d'un "Fascination Street" de The Cure ou d'un "English Summer Rain" de Placebo, mais additionnant le groove qui était endormi sur ces deux morceaux naguère. "Always" est un peu casse-couilles aux premières écoutes, mais passe à force d'efforts. "Despair" et "Wedding Song" concluent l'album en douceur, et pourront devenir des moments de communion avec le public lors des concerts.
Après plus de 10 ans d'existence désormais, les Y.Y.Y. publient ici un album plus subtil qu'il n'y paraît, qui nécessite un investissement de la part de l'auditeur. Ce n'est pas un album compliqué non plus, n'exagérons pas. Un disque mutant à l'image des illustrations un peu dégueux de sa pochette, mais qui réussit son mélange des genres.
Reprenons vite fait depuis le début. En 2003, Fever To Tell met la fièvre pendant la canicule. Un disque fort, bruitiste, cradingue et furieusement mélodique. Trois ans plus tard, Show Your Bones atténue la puissance du groupe en incorporant des chansons plus acoustiques. Intéressant mais décevant pour les fans de la première heure. Puis en 2009, It's Blitz offrait une collection de chansons jouant la carte de l'éclectisme sous un vernis de sons pseudo-electros et de synthés, et déconcertait aussi les fans.
Et ça continue encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord...
Pour Mosquito c'est encore la déception, les fans que nous sommes souhaitant retrouver un truc aussi brut de décoffrage que Fever To Tell (ou que les E.P. Bang Bang ou Is Is sorti en 2008, qui étaient sacrément bons). Cela dit, un groupe ne peut pas ressortir le même disque indéfiniment, aussi passionné que l'on soit, et on ne peut pas reprocher aux Y.Y.Y. de ne pas évoluer.
Evidemment, Y.Y.Y. remporte le prix de la pochette la plus moche de l'année (ou de la décennie qui sait ?),mais ne nous arrêtons pas là. "Don't judge a book by his cover", disait le tout autant hideux Tim Curry dans The Rocky Horror Picture Show. A la première écoute, Mosquito sonne comme un album mutant, synthétisant un peu tout ce qu'ils ont fait jusque là (argument facile de l'album somme ?) : on a du cradingue façon Fever To Tell ("Mosquito", "Area 52"), du doux façon Show Your Bones ("Subway", "Despair") et des trucs synthétiques style It's Blitz ("Buried Alive", "Slave"). N'inventent t-ils rien de nouveau alors ? "Sacrilege" tente d'incorporer des chœurs gospel sur la fin d'un morceau subtilement funky (sans écouter, on aurait pu avoir peur en découvrant sur la pochette qu'il y avait des chœurs), et au refrain accrocheur sans être corrompu.
So what? Les Y.Y.Y. regardent dans le rétro mais ne se plagient pas eux mêmes comme beaucoup de groupes passés 10 ans d'existence (au hasard Placebo, dont les premiers albums étaient pourtant chouettes) et existent encore malgré les emmerdes, la crise du disque, les projets solos. Personnellement, il est préférable qu'un groupe comme ça parvienne à faire intéresser des plus jeunes au rock plutôt que d'autres (au hasard 30 seconds To Mars, dont le premier album était pourtant chouette).
Au bout de plusieurs écoutes, Mosquito s'installe durablement dans nos oreilles : le titre lui même est efficace, mais pas simpliste et résume bien l'aversion que tout le monde peut avoir face à ces sales bêtes et leur inutilité complète. "Subway" s'enchaîne en parfaite douceur avec "Sacrilege" et prouve encore que les Y.Y.Y. savent comment faire suivre leurs morceaux et créer des ensembles cohérents. Arpèges délicats, rythme lent de train vers la nuit en route vers un grand sommeil, ça c'est de la délicatesse. "These Paths" et "Slave" sont plus expérimentaux mais prouvent que même sans guitares branchées à fond et batterie tonitruantes Y.Y.Y. ont une identité et un son parfaitement identifiables, ce n'est pas donné à tout le monde. "Under The Earth" ressort les synthés, avec un rythme de zombie marchant de nouveau après être sorti de sa tombe, et reste toutefois intéressant. "Buried Alive" produit ici par James Murphy et en duo avec Dr Octagon, tente une nouvelle collaboration rock/rap ici réussie, en reprenant les éléments d'un "Fascination Street" de The Cure ou d'un "English Summer Rain" de Placebo, mais additionnant le groove qui était endormi sur ces deux morceaux naguère. "Always" est un peu casse-couilles aux premières écoutes, mais passe à force d'efforts. "Despair" et "Wedding Song" concluent l'album en douceur, et pourront devenir des moments de communion avec le public lors des concerts.
Après plus de 10 ans d'existence désormais, les Y.Y.Y. publient ici un album plus subtil qu'il n'y paraît, qui nécessite un investissement de la part de l'auditeur. Ce n'est pas un album compliqué non plus, n'exagérons pas. Un disque mutant à l'image des illustrations un peu dégueux de sa pochette, mais qui réussit son mélange des genres.