Psychedelic Pill

Psychedelic Pill

Neil Young

14 / 20 2012 Reprise Album / CD  Vinyle

Chronique de Raoul vigil (Xsilence) 9 / 20

Posté le 17/01/2013
D'abord un aparté, toujours le même, un disque vient de sortir... Classé INTEMPOREL c'est faire fi du bon sens, qui peut dire si l'œuvre traversera le temps, restera dans les oreilles dans 20 ans...

Après un POUR, donc... Un CONTRE

Young est atteint de la maladie étonnante de beaucoup de musiciens patinés la maladie d'appenzeller : avec pour symptôme principal comment oublier de faire un bon morceau simple et efficace en peu de temps et peu de notes, là où en peu de notes et peu de temps le Loner savait installer une ambiance torride, sans forcément passer par l'électricité saturée d'ailleurs, avec ses quelques licks hachés menus, retenus, diamants noirs confinant les psychopathes du manche lubrifié à des possédés de l'onanisme de la 6 cordes. Le voilà pris de colique gibsonienne et de diarrhée verbale, et c'est là où le bat blesse. C'est que notre héros de la guitare folk se prend pour un guitar hero de la guitare gruge (je sais pas ce qu'est le grunge). On est en droit d'attendre un peu plus du monsieur, qui aime bien châtie bien et après la pluie la boue et cetera et autre enculage de mouche. Nous ne méritons en tout cas pas ça, certes l'artiste a SA RAISON mais on n'est pas obligé de cautionner tout et n'importe quoi. Neil commence à faire chier nos oreilles en nous pompant l'air avec des tics stylistiques déjà vus, on peut affirmer que ça tourne en rond.
Certains affirmeront qu'il n'a jamais fait mieux sur sa guitare qu'au sein du CSN&Y, poussé au cul par un Stills sans concession où se retrouvait l'émulation du Buffalo. D'autres affirmeront qu'il avait déjà tout dit dès les premiers albums entre les "Down By The River", "Cowgirl In The Sand" ou "Words" mais tout ceci serait présomptueux. Mais ici on s'interroge : manque de compétitivité, contentement de soi, fainéantise musicale... Tous ces petits péchés mignons qui de lui, le pape du crunch, le lonaire, l'homme à la chemise à carreaux, le rocker le plus mal coiffé de l'ouest, a du mal à passer.
Bon ça commence par 27' de vacuité où la guitare du maître se perd en bouillabaisse à chier sur un refrain peu fédérateur qui dérive sans accroche, où l'homme des bois frise le ridicule. Nous remarquerons que le morceau aurait pu s'immobiliser à 1'18 sous les bravos.
D'abord un constat : le Crazy Horse s'est transformé en bidet poignant de nullité, ça rame rythmiquement parlant, où sont passés ces grooves spongieux et élastiques qui faisaient le bonheur d'un Stray Gators. Alors il faut se fader la lourdeur d'un batteur qui fait le minimum syndical, sans imagination aucune, un sous-payé certainement.
OK pour l'intro de "Ramada Inn" (16:48 quand même) mais arrivé à 5 minutes, le titre, on le sent, se désintègre en n'importe quoi, il ne se passe rien plombé par cette batterie sclérosée.
On tient avec les 8 minutes, enfin, de "She's Always Dancing" qui dès l'intro et grâce à une guitare acide propose une cadence qui arrive à décongestionner le titre. Arrivé là, les 16:26 de "Walk Like A Giant" sont une souffrance entre des chœurs nazes, des sifflotements de nains et un tambour laxatif. Mais putain 16 minutes, c'est quoi là il fait un concours ? il est rémunéré à la minute comme les agents SFR ?
Les autres titres sont peu ragoûtants entre le flange du titre éponyme, un "Twisted Road" presque boute-en-train, on s'épuise en conjectures : de l'art ou du cochon ?
Du pas bon Neil Young comme il sait si bien le faire depuis un paquet d'années, donc. Et cette impression aussi angoissante que peu rassurante : Neil Young ne semble pas avoir de prise sur le temps, il se leurre. Si ce disque avait été enregistré il y a 40 ans, le Loner serait vraiment seul. Douloureux et à oublier très vite comme toute la production dernière du monsieur. C'est terrible...

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