Allah-Las

Allah-Las

Allah-Las

18 / 20 2012 Innovative Leisure Album / CD  Vinyle

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 03/10/2012

Demander à l’auteur de ces lignes ce qu’il y connaît au surf rock, c’est un peu comme demander à Serge Karamazov ce qu’il y connaît aux femmes, Rick Hunter. Vous connaissez la réponse. Pourtant, cela ne doit pas empêcher ledit auteur de ces lignes de vous dire tout le bien qu’il pense de ce premier album de The Allah-Las, quatre jeunes types de L.A. qui se sont rencontrés dans le meilleur magasin de disque du monde, Amoeba Music, réunis autour de leur amour du rock des années 60. Revivalistes les mecs de The Allah-Las ? C’est le moins que l’on puisse dire. Pas étonnant d’ailleurs que l’on retrouve à la production de ce premier album un certain Nick Waterhouse, sorte de Buddy Holly des temps modernes dont le R&B old school fait des petits mircales sur album.

Et donc, derrière des mélodies qui empruntent énormément à la légèreté et l’insouciance d’un certain âge d’or socio-économique, c’est tout un pan de la musique de cette époque bénie qui se met au service d’une écriture limpide, certainement empruntée à quelques grands orfèvres de l’époque, Byrds et Zombies en tête. Mais que pour la fête soit encore un peu plus folle, les compositions de The Allah-Las baignent dans un grand bain garage, qui fait vite penser aux plus belles pépites des compatriotes de The Strange Boys. Et à l’arrivée, ce qui ressemblait à un truc à peu près aussi léger qu’un loukoum se révèle être d’une fraîcheur à toute épreuve, qui se sifflote, se chantonne et s'apprécie autant sur la longueur que dans l'immédiateté. Une musique qui défie finalement toute classification et opte pour une forme d’épure qu’on l’on ne soupçonnait certainement pas sur papier.


Chronique de Juhu (Xsilence) 18 / 20

Posté le 18/10/2014
La machine à remonter le temps existe belle et bien, pour preuve l'album des Allah-Las, nous replonge directement au milieu des 60's. La sensation de faire du long board le long de Venice Beach à Los Angeles vous parcourt d'un bout à l'autre de l'écoute de la galette. Il n'y a pas vraiment de titre qui se détache franchement, mais l'ensemble est plus que rafraichissant (sûrement les embruns du Pacifique). Deux types habillés de chemises à fleurs et de colliers de perles l'air passablement halluciné, passent à coté de vous et vous tendent un petit flyer où l'on peut lire: "Passerez vous l'acid test?", organisé sur les hauteurs de la cité des anges le soir même, par le reste de la tribu des Merry Pranksters. D'ailleurs leurs bus peint de motifs étranges aux couleurs psychédéliques est garé plus loin le long du trottoir. On vous invite à monter à bord pour passer les 48h les plus folles de votre vie qui passera, à coup sur, du monochrome au Technicolor! Vous vous dites qu'en ce samedi de fin de mois de juin, vous ne risquez pas grand chose, et que l'expérience vaut surement le coup d'être vécue. Il faut savoir saisir les opportunités que la vie vous offre! Cet Album des Allah-Las, fonctionne exactement de la même manière: la curiosité vous pousse à écouter, puis petit à petit la faille spatio-temporelle s'élargie et se referme sur vous, vous glissez lentement, et inexorablement, dans les arcanes de l'espace temps... Alors que vous soyez réellement à Venice Beach en 65, ou chez vous dans votre canapé dans les années 2010, là n'est pas le plus important, car au final vous vivrez la même expérience sonore! Merci à eux pour ce moment de bonheur suspendu entre deux époques.

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