Chronique de X_Lok (Xsilence)
Pas le genre de truc que j'ai l'habitude de me mettre entre les oreilles. mélange de new wave, d'instruments acoustiques, une ambiance assez sombre... Pour vous faire une idée (rapide & caricaturale) c'est un peu comme si Fleet Foxes reprenait du Echo & The Bunnymen, ou l'inverse. ouais plutôt l'inverse. Une énergie post punk au service d'une guitare sèche ("Path Of Total Freedom"), la voix de Sean Ragon, grave & chaude au possible, envoutante & malsaine à la fois ("The Gataway") mélange surprenant, que les journalistes ont vite classé dans une case, un nouveau néologisme, du Néofolk. mouais. Néofolk, Darkfolk, c'est sur que ça résume assez justement l'ambiance de ce disque, mais pourquoi ce besoin de toujours créer des cases? Un titre comme "Man & Man's Ruin" pourrait presque passer pour du folklore irlandais, les violons de "Golden Age" rappelleraient presque le "Rescue" d'Echo & The Bunnymen. Un mélange osé, qui finalement se révèle contagieux, addictif, et terriblement bon. Histoire de schématiser davantage encore, on pourrait dire qu'on tient là un disque pour les corbeaux adeptes de la Guinness. Mais je suis certain qu'il captivera bien plus de monde.
Chronique de Michael (Goûte Mes Disques)
Sean Ragon produit une musique qui, bien que bourrée d’influences (on sent que le gars est disquaire et qu'il aime Death In June, Current 93 ou Einstürzende Neubauten), a toutefois réussi à trouver un son et une patte assez unique en leurs genres. Ce mélange de guitares acoustiques, de rythmes up-tempo, d’ambiances indus, voire gothiques (dans le noble sens du terme), d’arrangements assez subtils et d’une voix gutturale somme toute assez originale forme à l'arrivée une musique qui tout en nous rappelant plein de choses ne ressemble finalement à rien. Si ce n’est à elle-même. Mais en plus de cela, Love Will Prevail se révèle être un album solide et homogène avec une esthétique marquée doublée d’une production assurée par le désormais très couru Chris Coady (Beach House, Gang Gang Dance, Cold Cave,…). Production par ailleurs plus étoffée que sur le premier effort du Culte de la Jeunesse, pour ceux qui l'auraient écouté. Le son est ici dense et ample à la fois, et met très bien en valeur l’esthétique sonore du groupe de Ragon. Un album d’un romantisme froid, qu’on imagine bien écouter un soir d’automne 1986 en écrivant des poèmes sur le banc d’une banlieue industrielle désaffectée de Berlin-Est. Histoire de clôturer sur une autre note positive, on en profitera au passage pour souligner le très bon travail que réalise depuis maintenant cinq ans Sacred Bones, qui a su en relativement peu de temps et quelques signatures emblématiques (Zola Jesus, The Men, Moon Duo, Crystal Stilts) se faire une place des plus honorables parmi les labels qui comptent, notamment grâce à des choix cohérents et courageux et une esthétique d’ores et déjà identifiable.