Chronique de X_Lok (Xsilence)
L'album sent bon les vestes à franges, les saloons remplis de redneck, la scène entourée d'une cage, histoire d'éviter les bières lancées par quelques routiers mécontents. Vous avez vu cette scène répétée aussi souvent que moi dans certains films, fermez les yeux, vous y êtes.
en y ajoutant quelques guitares façon slacker-rock ("Last Year"), voire même un tube ("Let's Go Home")qui ne reflétant pas vraiment l'image de l'album on pourrait presque se laisser prendre au jeu... Mais "My Life", "Better Girl" & "Up all Night" nous ramène décidemment trop loin dans l'Amérique profonde pour se laisser aller, pour aimer ça.
La ballade bubblegum "How They Want Me To Be", ne change rien à l'affaire, la surf pop californienne a bel & bien déserté les sillons de ce nouvel album de Best Coast.
Alors oui, ils ne tombent pas dans la redite facile propre aux seconds albums, mais ne vont pas suivre pas pour autant le chemin le plus aventureux qui soit, et laisseront forcément des amateurs de Crazy For You sur le bas coté, bien content de quitter le pick-up "The Only Place", et laisser Bethany & Ali prendrent ce chemin bien audacieux, peut être trop pour eux.
Heureusement qu'ils se sont contentés d'un ours sur la pochette, un panda aurait fait un peu trop. Merci (au moins) pour ça.
Chronique de Pauline (Goûte Mes Disques)
Bethany Cosentino et Bobb Bruno courent après leur California cred’. Ils l’ont déjà prouvé sur un premier album, Crazy For You:, douze pistes avides de soleil qui pillaient sans complexes l’esthétique twee et garage des innocentes nineties. Pour le cute, ils balançaient des chatons sur la pochette du disque, pour le garage punk, Bethany se couvrait de tatouages et balançait sa meilleure attitude de rebelle de la côte. Avec même à la clé un featuring avec les bad boys de Wavves. Inégal, donc, ce Crazy For You mais tout de même sacrément accrocheur et addictif.
Avant de plancher sur un deuxième disque, le duo est passé par la case « rentabilisons notre style » en créant notamment une ligne de vêtements pour Urban Outfitters, temple du hipster s'il en est. Puis, petit saut par l’étape « on vend nos tubes aux séries à la mode » (chez Zooey Deschanel et Apatow). Et enfin : le studio.
The Only Place reprend les mêmes recettes que son prédecesseur : du soleil, du fun, des paroles simples et des mélodies catchy, le tout délicatement braisé à l’atmosphère californienne. Maintenant que Best Coast est solidement implanté dans le milieu fermé de la hype américaine, l’important est de se maintenir à flot. Sur The Only Place, Bethany chante encore et toujours ses amours d’outsider, sur fond de ballades surf rock assurément dégoulinantes de sucre. La bad girl nous sert des chœurs à base de « ouh ouh ouh » longs comme le bras, de « you and me », de « no one like you » et une fois pris dans cet engrenage de slow pop, on en redemande.
The Only Place est un album qui rend plutôt heureux, on ne l’enlèvera pas au duo californien. Mais une fois gratté ce joli vernis, il ne reste pas grand chose. Pas une chanson qui accroche, pas un seul sentiment éternel, pas d’enthousiasme amoureux comme on pouvait en ressentir à l’écoute du très ensoleillé Days de Real Estate. Il ne reste qu’un bon moment, et du sable dans les chaussures. Une jolie petite demi-heure, qui passe comme une délicate rom-com américaine dont on ne retient rien des personnages 5 minutes après la fin du film. La crédibilité inde-chic est là, mais pour les sentiments, on repassera.