4247 Snare Drums

4247 Snare Drums

Whourkr

18 / 20 2012 Ad Noiseam Album / CD

Chronique de Arno Vice (Xsilence) 18 / 20

Posté le 03/05/2012
Lorsque j'avais découvert Whourkr via leur premier album Naät, je m'étais dit que l'on avait là de sacrés malades mais que finalement le projet ne pourrait pas aller très loin, tant le cocktail musical présenté me semblait peu adapté à d'autres développements. Pourtant, 4247 Snare Drums est déjà le troisième album de ce duo français qui encore une fois pose la barre très haut, toujours avec ce mélange de brutal death, de breakcore et de glitch.
Au concept musical déjà bien barré s'ajoute un humour certain dans le choix des titres de chansons ("Quadruple Plis De Peau", "Coiffer Un Ours", "Pachyderm Catapult", etc.), ce qui nous change un peu des délires porno gore habituels.
Bien entendu, ce n'est pas parce que l'on aime le death ou l'electro d'un Venetian Snares que l'on appréciera Whourkr. Les premiers considèreront que c'est bien trop expérimental (même si "Manger Du Beurre" enfonce les derniers Cannibal Corpse) et les seconds fuiront ce concept ultra brutal au chant guttural. Quoi qu'il en soit, les types maîtrisent à la perfection le style hyper ciblé et pointu qu'ils se sont choisis. On appellera ça du cyber grind pour faire court.
Si l'album n'est pas à la portée de toutes les oreilles, il sera pour les plus curieux l'un des trucs les plus délirants du moment. S'essayant parfois au symphonique ("Ostina") mais toujours avec la même réussite, Whourkr semble capable de se jouer de tous les genres et de rivaliser avec les meilleurs. Ce sont les branleurs du fond de la classe, talentueux mais je m'en foutiste, ne respectant aucun code, aucune convention. C'est un regard nouveau porté sur la musique, un mix entre l'école death américaine, Child Abuse et l'industriel. Furieusement génial.

Chronique de Simon (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 17/07/2012

On parle trop peu souvent de musique brutale dans ce site. On ne parle pas ici des musique qui vous foutent la pêche au réveil mais des vrais trucs de déglingués. Vous avez certes droit à papiers réguliers sur des musiques exigeantes – qu’il s’agisse d’électro-acoustique ou autres compositions plus expérimentales encore – et sur des genres aussi variés que le breakcore ou l’electronica, mais cete fois c’est avec grand plaisir qu’on va vous parler du troisième album de Whourkr, projet entre le grindcore et la dématérialisation électronique. Mais parler de Whourkr c’est avant tout déclarer notre flamme à son fondateur et membre permanent, Igorrr, pilier de la scène breakcore déviante à la Française. Un esprit malin qui compose de grandes messes baroques et violentes où s’entremêlent opéra classique, fulgurance metal et surtout beaucoup d’electronica à te décrocher la mâchoire.

Whourkr, c’est Igorrr qui prend une guitare avec son compère, Mulk, et qui te sort un album à te faire dessus pendant trente-cinq minutes. Au niveau influences, ça va du breakcore funeste et ultra-véloce à l’armée de riffs pachydermiques. On dit bonjour aux borborygmes de circonstance, aux giclées de saxophones et aux rythmiques qui ne te laissent jamais tranquille. Bref ça blaste sur des batteries cliquées proche du gabber, ça te prend par la gorge et ça t’écartèle entre la triple pénétration et le Mawashi Geri avec réception sur les dents de devant. Outre le fait qu’il massacre avec un art ordonné – c’est bien là sa qualité première – 4247 Snare Drums se montre très solide dans sa manière de ne pas se perdre en chemin. Ce genre de projet pourrait être trop vite étiqueté « cyber-punk à la noix », virer dans les ambiances gothiques à trois francs. C’est ce qui fait finalement de 4247 Snare Drums un grand disque, de proposer un contenu à la fois monstrueux et indépendant dans sa manière de proposer une électronique blindée aux guitares ultra-violentes. Trente-cinq minutes d’attaque véritablement autosuffisantes, et qui deviennent rapidement addictives à souhait.

Les amateurs de death-metal ou de grindcore apprécieront, les fans de déconstructions électroniques tout pareils. Entre Otto Von Schirach, Converge, Venetian Snares et Cannibal Corpse, 4247 Snare Drums s’impose comme une plaque de référence au beau milieu des musiques extrêmes. Cela dit en passant, voilà encore un très beau coup de maître de la part d’Ad Noiseam, l’éternelle référence en matière d’electronica du nouveau siècle. Voilà une chronique mal torchée, en moins de trente-cinq minutes, l’équivalent de ce disque essentiel. Comme une grosse envie de gueuler quoi.


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