The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars

The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars

David Bowie

19 / 20 1972 RCA Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de WillyB (Xsilence) 20 / 20

Posté le 18/08/2011
La carrière de Bowie est tellement dense, longue et jalonnée de disques aussi différents les uns que les autres qu'il demeure presque impossible de décider quel est le meilleur de tous. Assurément, ce Rise And Fall Of... se pose comme le grand favori, devant les non moins excellents Low, Scary Monsters, ou Station To Station.
Ce disque n'est pas un disque comme les autres, au delà de l'aspect purement musical, il est réellement mythique. Bowie a tissé une véritable mythologie autour de cet album, il se pare en Ziggy Stardust, double qui finira par lui coller que trop sur la peau et le plongera dans de sévères troubles où même Bowie ne sait plus s'il s'appelle Bowie ou Ziggy. Durant le dernier concert, à l'Hammersmith Odeon, le beau Bowie à la crinière rouge flamboyante annonce d'une voix sereine que c'est le dernier concert qu'il donnera, faisant croire à son public au bord du suicide qu'il met un terme définitif à sa carrière. Non, Bowie est Ziggy, simplement. Il mettra des lustres avant de se sortir de Ziggy (l'Halloween Jack de Diamonds Dogs n'est qu'une copie de Ziggy...). Cet album, c'est l'album de l'extravagance, intelligemment inventée par Bowie, le chantre de ce genre désormais qu'était le glam rock. Il vous suffit de regarder les vidéos de Ziggy sur scène, facilement trouvables sur l'ami youtube, pour comprendre le phénomène.
Cet album est l'un des plus théâtraux qu'il soit. Le morceau d'ouverture, "Five Years", est certainement l'une des meilleures introductions existantes à ce jour. Une entrée calme avec cette petite batterie, avec un Bowie ou Ziggy à la voix posée, qui nous dépeint un monde où il ne nous reste que 5 ans à vivre. La fin de la chanson voit Bowie entrer dans des envolées semi lyriques où on sent son désespoir, et où on marche (presque) complètement. On y croit, on s'immerge dans l'univers de bon gré.
Et l'album continue, les pépites s'enchaînent avec délice, mélangeant la voix si belle de Bowie qui nous ménage parfois le suspens à l'extrême, et la guitare de Ronson qui convient parfaitement. La troisième chanson, "Moonage Daydream", est l'occasion de se prendre une belle baffe face à la perfection de ce duo, entre un Ziggy qui débite des paroles sans aucun sens merveilleusement, et Ronson qui nous effectue un des solos les plus gouleyants du genre. Et après vient "Starman", chanson que l'on ne présente plus. Seul bémol de l'album demeure pour moi "It Ain't Easy", reprise de Ron Davies, qui me paraît d'un faible intérêt comparé au reste.
Et là, on change de face, et on s'envole vers le paradis. On suit un chemin qui est loin d'être balisé, passant tour à tour de chansons calmes presque épurées ("Lady Stardust") à des entêtantes ("Star", "Hang On To Yourself", "Suffragette City") pour se conclure sur les trois chansons mythiques de fin : "Ziggy Stardust", illustre chanson exemplaire du glam, avec son riff magnifique, "Suffragette City", soeur de "Star", et "Rock'n'Roll Suicide".
Ahlala quand on écoute cette dernière chanson, on se dit que, décidément, Bowie avait tout compris. Bien évidemment, la chanson de conclusion de l'album fait écho à celle d'introduction, se plaçant sur le même registre tragique qui remue le coeur. Mais on va presque au delà de tout ça, on est complètement embarqué.
Quand on s'immerge dans cet album on n'en ressort pas indemne.
20, bien entendu.

Retour à l'accueil