Spokes

Spokes

Plaid

14 / 20 2003 Warp Album / CD

Chronique de Sam lowry (Xsilence) 8 / 20

Posté le 15/08/2009
Loin de moi l'idée de me laisser aller à un pur esprit de contradiction... Etant un grand admirateur de l'oeuvre de Plaid, il faut bien que je tempère un peu l'engouement suscité par cet album, de loin le moins bon d'Andy Turner et Ed Handley.
" De l'extrait de luxe sonore " comme le dit justement Bassetian. Mais voilà bien le problème! Au secours! Spokes est une production ultra-léchée, Plaid obtient sans se fouler son doctorat ès traitement sonore, et laisse de côté une grande part de son âme. " Nous nous sommes laissés aller à être nous mêmes " annoncèrent Handley et Turner à la sortie de cet album. Par la même occasion, le duo se vautrait dans une attitude confortable, se contentant de reprendre leurs formules mélodiques à la sauce " vortex rythmique halluciné ". Les pistes sont censées grouiller de vie... Il y a bel et bien un monstrueux kaléidoscope de sons, mais quelque chose cloche, ce qui marchait très bien sur l'incroyable EP P-Brane atteint vite ses limites au format long. Ce qui ressemble à une belle évolution au premier abord n'est qu'un grand pas en avant vers une électronica ultra-démonstrative, trop maîtrisée pour être vraiment honnête. Où est donc passée la beauté bancale et maladive de Not For Threes, la douceur et la simplicité de certains morceaux de Double Figure ? Après trois albums partant idéalement dans toutes les directions, Plaid a voulu se recentrer sur son identité sonore, dans un format plus court, ce qui me donne l'impression au final que ce disque est leur plus long, tant l'homogénéité dans la luxuriance m'endort ou m'énerve. Difficile d'arriver au bout de ce gros pavé indigeste de rythmiques bondissantes (parfaites pour tester ses enceintes) marqué ça et là par quelques coups de génie (le final hypnotisant de " Crumax Rins ", ou ce " Buns " complètement halluciné), bien trop rares.
La réelle complexification des textures ne fait pas l'intérêt du résultat, c'est clair. Mieux vaut s'intéresser aux deux coups de maîtres Spanners (avec The Black Dog) et le fulgurant (je ne le répèterai jamais assez) Not For Threes. C'est là que le duo semblait inventer quelque chose, expérimenter à l'infini, sans but précis, surprenant sans cesse... Contrairement à ces deux là, dans son souci ostentatoire de modernité (tout comme le montre très bien sa pochette futuriste et artificielle), Spokes devait déjà sonner daté à sa sortie.

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