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Blur

15 / 20 1999 Food Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Lulum (Xsilence) 19 / 20

Posté le 01/03/2010
C'est après avoir lu de nombreux avis plutôt mitigés sur cet album que je me suis décidé à l'écouter. On me dit que des fans ont été fortement déçus, que des critiques n'y ont rien compris, certains annoncant même la fin de Blur et de ses 4 garçons dans le vent, garants du renouveau Brit-pop et de sa noble image quelque peu entachée par les frasques de la fratrie Gallagher. Terrible. Le précédent opus n'était donc pas une blague, une simple sortie de route pour tester un autre genre, mais bien l'ammorçage d'un tournant musical axé "expérimentation lo-fi" ... enfin une bonne nouvelle !! Pendant qu'Oasis semble s'embourber dans un trip néo-psychédélique avec Standing On The Shoulder Of Giants, Blur assume pleinement ce changement de direction à coup de "Woo-hoo!" ravageurs, quoique la température commerciale semble être descendue d'un cran avec 13. Analyse ...

À peine le disque lancé, le décor est planté : l'amour c'est bien sauf quand ça fait mal, voilà ce qui pourrait résumer cette gentille ballade gospel (si si, avec les chœurs et tout) qu'est "Tender", pas trop mal foutue, assez en tout cas pour sortir en single. 
On commence donc par s'endormir doucement quand paf, c'est un violent "Bugman" qui nous saute à la poire sans prévenir. Pour se défouler dans un embouteillage, j'dis pas, mais la, non, pas cool les gars, fallait pas. 
Puis rebelotte; sonoriquement, on passe du volcan en éruption à la lampe à bulles, Mais Effectivement, j'avais bien remarqué que le morceau qui avait retenu l'attention de tous, et même des plus grognons, c'était "Coffee & Tv". On passe alors dans le monde de Sir Graham Coxon, et de ses accords magiques qui vont appaisent sans trop qu'on sache pourquoi. Même son timbre de voix si... "coxonien" se marie parfaitement avec ces solos nébuleux dont il a toujours eu le secret. Et ça c'est cool par contre. Ce second single est sûrement un des meilleurs de toute la carrière de Blur. Sur ce coup là, chapeau les gars. 
Juste après une petit impro à l'orgue, c'est la rechute. Mince alors, décidément, les 4 comparses se sont vraiment décidés à nous emmerder les oreilles. Crade au possible, "Swamp Song" respire le nimporte quoi comme pas deux, et c'est presque dommage. 'Fin bon, au moins, ils ont l'air de s'éclater. Et puis nan en fait, allez, chui jeune, j'en ai marre de ce que pense les "vieux" (patapé!) fans conservateurs de Blur, et je dis zé j'affirme que c'est un bon titre. Adjugévendu.
"1992" serait une vieille chanson retrouvée au fond d'un carton, pas assez retravaillée à mon sens. Tant pis. 
"À tiens, auraient-ils eu du mal à se séparer de ce bon vieux "Song 2"" se demande n'importe quel auditeur de "B.L.U.R.E.M.I.", sorte de remake du hit, avec en plus une voix trafiquée sur le refrain. Coxon a ressorti le gros son, tout le monde il est content, l'effet fonctionne toujours.   
Et la, la on arrive vraiment dans la partie "maudite" de l'album. 
C'est sur que pour écouter "Battle", soit on met 7mn43, soit on met environ 7 secondes; on aime ou on déteste. Et personnellement j'idolâtre. Idem pour "Mellow Song", avec son intro acoustique bien posée et son outro "lo-fi" qui sonne (ou plutôt qui bourdonne) très Massive Attack. "Trailerpark" est un peu plus décousue (normal c'est plus un jam qu'un vrai morceau) mais garde son intérêt. 
Et puis là, le temps s'arrête. Non pas que j'ai coupé mon lecteur, mais bien parce qu'on change de planète. La pièce maitresse de 13 est sous nos oreilles; c'est LA piste de l'album. Indescriptible en vérité, bien que certains la jugent indigne de toute attention. C'est à vous de voir ce que vous pensez de "Caramel" ... 
Après deux petites interludes assez marrantes (où Blur s'essaie au jazz et au rap), on revient (doucement) dans une ambiance plus conventionelle avec "Trimm Trabb", qui reste un des meilleurs titres de l'album (et dire que y'en a qui osent le sauter ?!? Désolé mais la, faire l'impasse sur "Trimm Trabb", c'est faire un splendide bras d'honneur à toute la carrière de Blur et pi f'est tout hein), tout en finesse au début, puis bien puissant et saturé pour aboutir à un final chaotique des plus mémorables, le riff de guitare conservant la cohérence du tout.
Le jeu désaccordé de Coxon refait soudain surface sous le nom de "No Distance Left To Run", très douce ballade électrique ayant pour thème une certaine rupture avec une certaine Frischmann; on y ressort la guitare acoustique et les chœurs gospels une dernière fois pour le plus grand bohneur des oreilles fatiguées qu'il nous arrive d'avoir en fin de journée.
Très franchment, l'album aurait pu s'arrêter sur ce dernier single, parce que aller caler cet instrumental assez incongrue qu'est "Optigan 1" en bout de course, moi je pige toujours pas.              

Une bien belle expérience, voilà ce que m'aura procuré l'écoute de ce disque, témoin à la fois du formidable éclectisme dont est capable ce groupe et du talent musical de ses 2 leaders (les autres sont quand même plus effacés faut l'avouer). 
Je terminerais cette chronique par une phrase d'un internaute anglo-saxon à propos de cet album, à méditer (peut-être) pour les plus sceptiques : "When people say it's a mess, I can't blame them, it's a mess; but a damn beautiful one". Voilà. Et excusez-moi, mais à un "puta*n de magnifique foutoir" pareil, on met 2, on met 20, mais on ne peut pas mettre 12 ...

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