Chronique de Sam lowry (Xsilence)
Posté le 03/12/2006
Toi qui lis en ce moment ces lignes, si tu es sensible aux folies qu'ont pu nous livrer dEUS avant de devenir un groupe de rock traditionnel, si les délires bruitistes de Beck t'on fait exulter, si tu gardes une place de choix pour les envolées de cordes romantiques -mais juste ce qu'il faut-, si tu aimes les groupes qui reconstruisent totalement le rock à leur manière pour le délivrer de ses clichés et de ses structures binaires, et si tu ne connais pas encore ce disque, alors, je te conseille de t'y plonger sans arrières pensées sur les belges.
Il est très difficile de décrire ce disque qui accumule les contradictions, qui m'envoie dans une direction, pour ensuite me surprendre par un brusque changement de ton, qui me caresse les neurones, me fait rire, m'inquiète ou m'emporte vers des sommets de béatitude totalement ahurie. Après de nombreuses écoutes, ce disque reste passionnant de bout en bout par toutes ces frictions d'humeurs qui le rendent imprévisible et même légèrement bancal. En disant 'bancal', j'enlève la connotation péjorative du mot pour en retenir autre chose : de la maladresse, qu'on peut mettre sur le compte de la jeunesse d'un groupe, peut surgir le meilleur. Et ce premier album est bien, à mon avis, le meilleur (loin devant), album de Venus. Chaque morceau transpire de fraîcheur et d'inventivité. Je pourrais déblatérer sur la puissance émotionnelle de "Perfect Lover" qui commence avec génie par un riff de guitare sèche monstrueux, suivi par un un chanteur qui se bat désespérément pour ne pas se faire engloutir par une disto craspouille pour y parvenir subitement dans un élan de passion délicate (‘Taaake me one, Taaaake mee twice'). Ah la la, c'est magnifique. Je pourrais déblatérer sur "White Star Line" et son tic tic d'horloge, son violon qui part dans des embardées orientales, sa montée dramatique portée par les éructations de Huyguens visiblement très malade (les "Mayday" au bord de la crise de larmes), et sans parler de la fausse fin, du pont de contrebasse bien senti... Ah la la la la, c'est pétrifiant tellement c'est magnifique.
Suit "She's So Disco", faux tube que ne reniera pas un Beck au sommet de ses ploucqueries. Y'a de tout et n'importe quoi là dedans : de la slide, une contrebasse qui essaie de sonner disco, des voix stupides, un break de boîte à rythmes pourrave et même... une boîte à meuh. Je pourrais déblatérer sur la douceur et la tristesse abyssale de "I'm The Ocean' qui rappelle que l'extrême simplicité est toujours bienvenue, surtout quand elle finit par prendre aux tripes. Je pourrais déblatérer sans fin sur ce disque baroque, fiévreux, couillon et audacieux. C'est ce que je fais d'ailleurs, donc je vais m'arrêter là, par crainte (j'ai hésité à mettre 'par flemme' mais ça fait pô sérieux) de trop en dire.
En conclusion, ce groupe qui connut par la suite un parcours sinueux (changements de musiciens, de maison de disque, de son et de démarches) était meilleur quand il n'intellectualisait pas encore trop sa musique. Welcome To The Modern Dance Hall est un petit chef-d'oeuvre qui est sorti de nulle part est qui est venu se placer avec désinvolture parmi les disque qui comptent beaucoup.
Il est très difficile de décrire ce disque qui accumule les contradictions, qui m'envoie dans une direction, pour ensuite me surprendre par un brusque changement de ton, qui me caresse les neurones, me fait rire, m'inquiète ou m'emporte vers des sommets de béatitude totalement ahurie. Après de nombreuses écoutes, ce disque reste passionnant de bout en bout par toutes ces frictions d'humeurs qui le rendent imprévisible et même légèrement bancal. En disant 'bancal', j'enlève la connotation péjorative du mot pour en retenir autre chose : de la maladresse, qu'on peut mettre sur le compte de la jeunesse d'un groupe, peut surgir le meilleur. Et ce premier album est bien, à mon avis, le meilleur (loin devant), album de Venus. Chaque morceau transpire de fraîcheur et d'inventivité. Je pourrais déblatérer sur la puissance émotionnelle de "Perfect Lover" qui commence avec génie par un riff de guitare sèche monstrueux, suivi par un un chanteur qui se bat désespérément pour ne pas se faire engloutir par une disto craspouille pour y parvenir subitement dans un élan de passion délicate (‘Taaake me one, Taaaake mee twice'). Ah la la, c'est magnifique. Je pourrais déblatérer sur "White Star Line" et son tic tic d'horloge, son violon qui part dans des embardées orientales, sa montée dramatique portée par les éructations de Huyguens visiblement très malade (les "Mayday" au bord de la crise de larmes), et sans parler de la fausse fin, du pont de contrebasse bien senti... Ah la la la la, c'est pétrifiant tellement c'est magnifique.
Suit "She's So Disco", faux tube que ne reniera pas un Beck au sommet de ses ploucqueries. Y'a de tout et n'importe quoi là dedans : de la slide, une contrebasse qui essaie de sonner disco, des voix stupides, un break de boîte à rythmes pourrave et même... une boîte à meuh. Je pourrais déblatérer sur la douceur et la tristesse abyssale de "I'm The Ocean' qui rappelle que l'extrême simplicité est toujours bienvenue, surtout quand elle finit par prendre aux tripes. Je pourrais déblatérer sans fin sur ce disque baroque, fiévreux, couillon et audacieux. C'est ce que je fais d'ailleurs, donc je vais m'arrêter là, par crainte (j'ai hésité à mettre 'par flemme' mais ça fait pô sérieux) de trop en dire.
En conclusion, ce groupe qui connut par la suite un parcours sinueux (changements de musiciens, de maison de disque, de son et de démarches) était meilleur quand il n'intellectualisait pas encore trop sa musique. Welcome To The Modern Dance Hall est un petit chef-d'oeuvre qui est sorti de nulle part est qui est venu se placer avec désinvolture parmi les disque qui comptent beaucoup.