Actual Fiction

Actual Fiction

The Patriotic Sunday

16 / 20 2011 Effervescence Album / CD

Chronique de X_Lok (Xsilence) 16 / 20

Posté le 17/10/2011
Après Lay Your Soul Bare en 2005 et Characters en 2009, The Patriotic Sunday revient nous offrir cet Actual Fiction, accompagné cette fois (en studio & sur scène) par l'excellent trio Rennais La Terre Tremble !!!, pour une quête bien particulière...

En effet, on sent en écoutant cet album qu'Eric Pasquereau (l'homme qui se cache derrière Patriotic Sunday) cherche dans plusieurs directions, changeant son mode opératoire à chaque titre, on sent l'homme en quête de mélodie, pas la mélodie pop définitive non, mais la plus immédiate,la plus attractive, l'orner des arrangements les plus judicieux, sans pour autant carresser l'auditeur dans le sens du poil, mais sans l'effrayer non plus par une pop trop mielleuse (comprendre par là remplie de "paaa pa pa pa pa" ou "hey hey hey na na na"...) Voyons un peu le cheminement de cette recherche.

"Grey Hair", parfaite ouverture à cet album automnale, qui après une attaque somme toute classique, surprend par ses moments de fièvre presque tropicale, une incantation estivale au temps qui passe, joussive, rock'n'roll, qui monte en puissance pendant plus de quatres minutes. La suite nous convie dans un univers empli de références, mais tellement bien digérées, on est content d'avoir la même vision des 60-70's qu'Eric Pasquereau (Nantais qui a grandit à Tulsa, ville chère à Calexico). Il enchaîne les petits bijoux ciselés, alternant donc les purs moments pop ("Self Employment", "Wet Blanket" ) , avec des futurs tubes en puissances ("Coathanger in Party Room","Grey Hair"), sans oublier "Everyman's Voice", sa rythmique doucement électronique, son vocoder tellement bien placé (et tellement préférable à l'auto-tune que l'on entend partout dès qu'il s'agit de faire du tube au kilomètre...)
On imaginerait bien un vieux morceau d'Ali Farka Touré en écoutant "The Fire", avec cette façon tellement particulière d'égrener les notes, revu & corrigé d'une façon presque math-rock, parfait cheminement pour atteindre "Pigeonholed" conclusion magique de cet album, vaporeuse, acoustique, une quasi-berceuse, accompagné vers le sommeil par quelques volutes électroniques qu'on dirait échappées d'un theremin...

Après cette promenade dans les pas de Patriotic Sunday, on a qu'une envie, qu'une attente, le voir sur scène, (bien) accompagné de La Terre Tremble!!!, se faire absorber par cette Actual Fiction, devenir nous aussi, acteur à part entière de cette quête, pour au moins lui signifier qu'il est dans la bonne direction, et que pour nous comme pour les Taoïstes, l'important n'est pas la destination, mais bien le chemin emprunté...

Chronique de Pauline (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 28/10/2011

Eric Pasquereau traîne sur les scènes françaises depuis quelques années. Parfois, on le croise une guitare sous le bras, et il nous fait découvrir sa folk-pop légère; d'autres fois, il est accompagné de son groupe et fait rugir le math rock furieux de Papier Tigre. Cette schizophrénie musicale n'est pas condamnable, puisque, en bon double-face musical, Eric Pasquereau puise dans un univers pour aller nourrir l'autre. En 2005, sous le nom de The Patriotic Sunday, il se faisait connaître avec le sublime Lay Your Soul Bare, qui mêlait avec désinvolture pop, arrangements de cordes, songwriting solide et folk pure dans la grande tradition américaine. Son second album, Characters, n’avait pas peur du changement, et faisait prendre à Patriotic Sunday un franc tournant pop.

Cette année, Actual Fiction vient secouer le projet d’Eric Pasquereau, le dépoussière et le rend plus enthousiasmant que jamais. Ce disque apporte les liens nécessaires entre la folk du premier album, la pop du second, et le rock cher au cœur de Papier Tigre. Une recette d’éclectisme réussie et efficace. Les ruptures rythmiques et les élans pop sont omniprésents et font d’Actual Ficiton un condensé de rock haletant qui sait reprendre son souffle avec des envolées pop et des pauses acoustiques. "Coathanger in the party room", le morceau central de l’album, est la synthèse de tous ces genres qui cohabitent parfaitement entre les murs du disque. Les morceaux de l’album sont pluriels, passant facilement d’une ambiance à l’autre, s’amusant des voix ("Everyman’s voice") et des instruments ("The Fire"), n’oubliant jamais la beauté folk ("I’ll talk if you know what to say"), tout en se revendiquant d’influences diverses. On y trouve des solos vertigineux, des guitares nerveuses, des chœurs qui arrivent toujours à point, et surtout une très belle cohérence entre toutes ces personnalités musicales qui se croisent.

Eric Pasquereau est issu d’une scène qui n’a pas peur de tenter, de tâtonner. Le résultat est toujours heureux, et il donne de l’espoir, au milieu du marasme folk où tous ces groupes se copient et se ressemblent. Le collectif Effervescence compte parmi ses artistes Chevreuil, Papier Tigre, My Name Is Nobody, bref tant de jeunes artistes français qui méritent qu’on s’attarde sur leurs carrières. L’occasion de montrer encore une fois que la terre musicale française est loin d’être aride.


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