Slave Ambient

Slave Ambient

The War On Drugs

15 / 20 2011 Secretly Canadian Album / CD  Vinyle

Chronique de X_Wazoo (Xsilence) 15 / 20

Posté le 16/08/2011
Cet album des War On Drugs fait définitivement la paire avec celui de Kurt Vile, paru quelques mois plus tôt. Elevés à la même école que leur ex-guitariste (qui revient grattouiller en guest), les gus de WOD ont dans le sang le même art de la chanson folk-voix-de-branleur-et-guitares-atmosphériques que leur compère et ça s'entend dès les premières mesures de "Best Night". En somme, je n'aurai ici pas grand chose à dire que je n'aie déjà écrit chez Kurt Vile. Disons simplement que si Vile était le pendant acoustique de "l'indie-folk-éléctrique", WOD en est la face shoegaze. Nostalgie, encore et toujours (et de la même période pour les deux entités), mais ici avec une batterie plus présente, plus métronomique et régulière, avec les guitares sur-mixées afin d'obtenir cette brume électrique propre aux héritiers de My Bloody Valentine (l'effet est particulièrement frappant sur "Your Love Is Calling My Name"). Adam Granduciel, joli nom au passage, se la joue frontman à la Dylan avec sa voix étudiée pour imiter les annônements du Minnesotien le plus célèbre du monde. Encore une fois, on se berce au son de l'enveloppe protectrice de la production léchée et des guitares cristallines en cascade, et on laisse l'album se poursuivre tranquillement jusqu'à son achèvement. Si Slave Ambient est répétitif (comme peut l'être celui de Vile), c'est uniquement dans le bon sens du terme ; une constante rassurante, on sait où l'on va et tant mieux.
Je me répèterai encore en disant qu'on est loin d'une révolution du style. Le shoegaze, malgré l'absurdité de l'étiquette, ça reste souvent la même chose, le tout étant plus une affaire d'atmosphère que de song-writing. Et en terme d'atmosphère, Slave Ambient comme son nom l'indique s'en tire à merveille.

Chronique de Michael (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 14/10/2011

Curieux mélange que la musique de War On Drugs. On retrouve des rythmes répétitifs hérités du krautrock, des guitares psychédéliques noyées sous des effets divers et variés, des nappes de clavier qu'on croirait sorties des ères new wave et post punk et un chant nasillard qu'on sent influencé par Dylan. Bref, un cocktail de genres et de gimmicks a priori antinomiques ou peu enclins à se rencontrer. Force est pourtant de constater que ça fonctionne plutôt pas mal et que ces gars-là on trouvé une formule et un son qui leur sont à peu près propres à défaut d'être d'une originalité renversante.

Quant à Slave Ambient, on peut le scinder en deux parties : une première assez brute et directe, des morceaux sur le même tempo motorik, des guitares qui se croisent et se recroisent dans des volutes d'arpèges et de riffs distordus. On roule un peu la tête dans le guidon. Mais à partir de "The Animator", les choses se détendent un peu et on prend le temps de respirer. On part sur une plage instrumentale calme et sans batterie, limite ambient, puis des saxophones arrivent pour étoffer le son avant de glisser vers le beat synthétique de "Come To The City", presque-petit-tube en puissance. Cette deuxième partie sera alors plus axée sur les claviers, sans débrancher les guitares pour autant. Du coup les morceaux sont plus variés dans leurs textures et leur construction. Et il faut avouer que le tout devient un peu plus digeste. "Original Slave" ou "Baby Missiles" sont de forts bons morceaux et même le chant d'Adam Granduciel prend une autre dimension. Car tant qu'on y est, impossible de parler de War On Drugs sans parler du grand absent de ce disque, à savoir Kurt Vile. Même si ce dernier a quitté le groupe fin 2008, le chant de Granduciel est tellement proche, tant dans les intonations que le phrasé et le grain, que c'en est troublant.

En tous cas, le groupe montre une nouvelle fois avec ce troisième album qu'il est tout à fait capable de s'émanciper sans un de ses deux piliers fondateurs. Et même si Kurt Vile s'est depuis fait un joli nom et une belle carte de visite, ses anciens camarades de jeu continuent leur bout de chemin de manière honnête et sans prétention.


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