In The Grace Of Your Love

In The Grace Of Your Love

The Rapture

7 / 20 2011 DFA Album / CD  Vinyle

Chronique de X_Lok (Xsilence) 7 / 20

Posté le 02/09/2011
Je me souviens de la première fois où j'ai entendu "House of Jealous Lovers", dans l'émission de Lenoir. À l'époque on pensait entendre un sombre morceau électro dévastateur, avec Robert Smith qui posait sa voix dessus... Il donne le nom : The Rapture, vite, le noter pour ne pas l'oublier, sur n'importe quoi, le premier coin de papier qui vient.

C'était en 2002, époque à laquelle DFA menait la dance.

Neuf ans ont passé, un changement de label, le départ du bassiste Matt Safer et un retour sur DFA, le groupe fraîchement trio revient avec In The Grace Of Your Love, produit en partie par Zdar (le nouveau producteur que tout le monde s'arrache, de Phoenix aux Beastie Boys). Forcément, naïvement, on se dit que 'retour sur le label de James Murphy = retour au son de Echoes' ben là, on s'enfonce le doigt dans l'oeil, et bien profond, jusqu'à la clavicule...

Le morceau d'ouverture ("Sail Away") surproduit, hymne de stade, faussement clubbé, décontenance d'entrée. Nom d'un petit bonhomme, on va où là? Bon, on attend la suite, espérant secrètement qu'elle soit un peu plus conforme à nos attentes... ah tiens, "Miss You" c'est pas mal, assez accrocheur, mais insuffisant, tellement insignifiant! "Blue Bird", un subtil mixe entre... Scissor Sisters et Mika, la suite n'est pas plus reluisante, alignant les sous-tubes racoleurs, encore une fois surproduit. Le morceau titre ("In The Grace Of Your Love") relève (un peu) la barre, retrouvant un peu des idées de compostions, sans doute le morceau le moins club de l'album, avec Roller Coaster (qui titille rien qu'avec son titre, une énième reprise du 13th floor elevator ? un espoir rejaillit... Mais non, pas de ça ici, une sombre bouillie avec en guise de grumeaux la voix de Luke Jenner qui devient de moins en moins supportable...) la conclusion de l'album (enfin!), morceau calme qui , toute proportion gardée, évoquerait un peu le "NY I Love You" de Murphy, sans le talent bien entendu.

Je sais qu'il est facile de regarder vers le passé, de comparer au chef d'oeuvre que fut Echoes les oeuvres suivantes du groupe, ( réaction que l'on pourrait appeler le syndrome Interpol, comme disait l'autre) mais on se demande où ils veulent en venir en nous assénant une telle...non, pas une purge, c'est juste insipide, parfois agressif, aucune envie de le remettre sur la platine en se disant qu'une autre écoute sauvera quelques meubles (j'ai persisté pourtant...)

Je suis déception.

Ah si quand même, un petit point positif, la photo illustrant l'album est chiadée.

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 05/09/2011

Franchement, ce retour de The Rapture, on ne l’attendait pas vraiment de pied ferme. Si le groupe avait trôné au sommet de la hype avec son indispensable Echoes sorti en 2003 sur DFA et produit à l’époque par Tim Goldsworthy et un certain James Murphy, il avait vite fait de retomber aux oubliettes, la faute au transfert sur la major Universal et l’album bien pourri qui a suivi (Pieces of the People We Love), mais la grosse faute aussi à d’interminables guerres intestines qui ont débouché sur le départ du bassiste/chanteur Matt Safer. Evidemment, ça fait beaucoup pour un seul et même groupe.

Et puis « How Deep Is Your Love » est passé par là et on s’est dit qu’on allait peut-être devoir revoir notre copie. Avec son savant mélange de post-punk et de disco rehaussé par un piano digne des meilleurs morceaux de house, l’affaire était pliée : The Rapture est de retour (en forme et chez DFA) et ils se sont même payé le luxe de recruter le magicien Philippe Zdar pour y mettre les formes. Et voilà comment, avec un single il est vrai exceptionnel, un groupe quitte le banc des réservistes pour retrouver une belle place de titulaire.

Encore fallait-il évidemment confirmer sur le reste de In The Grace of Your Love. Et à ce petit jeu, même si on est loin des déflagrations post-punk que sont « House of Jealous Lovers » ou « Out of the Races and Onto the Tracks », le potentiel dansant qui était l’une des forces du groupe n’a certainement pas été torpillé. Par ailleurs, les New-Yorkais donnent ici l’impression d’être entrés de plain-pied dans l’ère de la modernité, avec des claviers plus présents et plus généreux que jamais ainsi qu’une production très luxuriante d’un Philippe Zdar qui confirme avec ce disque qu’il est bien l’homme qu’on s’arrache à l’heure actuelle. Evidemment, c’est ce sentiment d’écouter un « The Rapture 2.0 » qui risque de faire fuir le fan de la première heure en manque de guitares abrasives. Et clairement, à l’écoute d’un titre comme le tropicalisant « Come Back To Me », il risque de déguerpir sans demander son reste.

Evidemment, ce sont les pisse-froids qui auraient tant voulu que The Rapture nous ponde un Echoes 2.0 que l’on risque d’entendre gueuler le plus fort à la sortie de In The Grace of Your Love. Et si on n’aurait certes pas été contre une telle éventualité, on reconnaîtra également qu’avec ce troisième album, les Américains nous ont pondu un disque à la fois en phase avec son époque mais aussi conçu pour durer. Ce qui n’est pas vraiment donné à tout le monde par les temps qui courent.


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