Sackcloth 'n' Ashes

Sackcloth 'n' Ashes

Sixteen Horsepower

18 / 20 1996 A&M Album / CD  Vinyle

Chronique de Haï (Xsilence) 18 / 20

Posté le 08/04/2010
Disons le d'emblée, David Eugene Edwards et ses accolytes n'inventent pas la musique du futur; peut-être bien même qu'ils ne jouent pas la musique du présent. Pas modernes pour un cent de dollar, mais ils s'en foutent et nous aussi. Parce qu'en 1996, une tornade est passée et elle s'appelait Sackcloth 'n' Ashes.
C'est l'histoire d'un type monté sur un grand cheval pâle, tenant d'une main la Bible et de l'autre un flingue. Soyons clair, pour ce gars-là, la Bible est une façon de vous lire vos droits avant de rendre le seul verdict qui convienne à l'abominable pécheur qui sommeille en vous : la mort. Et ce gars-là tire drôlement bien, à chaque fois dans le mille : treize balles (ou quatorze si vous avez la version américaine et le non moins implacable "Haw") tirées, treize balles dans la cible. Le décor est orageux d'abord, éclairs sur fond de nuit noire comme le cul du diable, odeurs d'ozone et de poudre. Puis la première déferlante arrive : "I Seen What I Saw", suivi aussitôt de la seconde "Black Soul Choir", de la troisième "Scraw Led In Sap" (ou "Haw" : peu importe, c'est pareil) et ainsi de suite jusqu'à la dernière "Stong Man". Aucun répit, pas de quartier. Derrière l'homme pâle, les morts n'ont pas le temps de s'accumuler, la tornade qui suit le cavalier les enlevant comme de vulgaires feuilles mortes. Ne reste à la fin que la poussière.
C'était en 1996. Cela ne reviendra plus. Ces tornades vengeresses sont réservées à la jeunesse. D.E.Edwards n'est plus tout jeune, à moins que ce ne soit son cheval. Ces cavalcades infernales ne sont plus de leur âge. Edwards sait que ça ne reviendra plus, nous le savons tous, et c'est pourquoi nous aimons de temps en temps nous replonger dans ces temps infernalement bénis. C'était en 1996 et ça n'a pas pris une ride.

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