Wasting Light

Wasting Light

Foo Fighters

13 / 20 2011 RCA Album / CD  Vinyle

Chronique de Blackcondorguy (Xsilence) 7 / 20

Posté le 27/05/2011
Que dire de ce Wasting Light? Et bien pas grand chose de bon, malheureusement...
"White Limo", le premier titre a avoir filtré de ce nouvel album laissait présager un retour au source, une tentative de renouer avec une époque où le punk hardcore était encore une influence sensible du groupe...Un "Weenie Beenie" 2011, en quelque sorte. La présence de Pat Smear sur l'album, sans parler de l'apparition de Novoselic et du choix de Butch Vig à la production, confirmaient cette impression de plongée au coeur des années 90. Le voyage s'arrêtera là.

Wasting Light n'a rien d'un retour au source, il est dans la pure continuité des dernières productions des Foos. Les américains ont une expression, "jump the shark" (sauter par dessus le requin) pour exprimer le fait qu'une série TV a atteint le point de non-retour et ne pourra jamais revenir à sa qualité originelle. Rendons-nous à l'évidence, la formation de Dave Grohl a sauté par-dessus le requin il y a plus de 10 ans, et chaque album depuis ne fait que le confirmer.

On sent la tentative de faire un album plus "brut" que les précédents, mais au final on baigne ici dans un rock fm faussement agressif et peu inspiré. Il n'y a même pas un tube sympatoche pour relever le niveau comme ça pouvait être le cas sur les opus précédents, qui étaient pourtant déjà des naufrages. Seul "White Limo" est une tentative louable, mais néanmoins un pétard mouillé, de renouer avec les origines. De même "I Should Have Known" fera toujours plaisir aux nostalgiques, plus pour sa guest star que pour sa qualité intrinsèque.

Les Foo Fighters ont toujours revendiqué aimer jouer des chansons qui plaisent, on ne peut donc pas leur reprocher d'être mainstream. Butch Vig lui-même n'est pas légitime en temps que producteur de musique alternative, la plupart de ses albums étant bien lissés pour le grand public (et n'oublions pas qu'il est l'un des responsables de Garbage, groupe qu'il vaudrait mieux oublier, pour le coup). Il n'en reste que quand on réalise que ceux qui nous livrent cet opus ont travaillé avec les Germs, Sunny Day Real Estate, Nirvana ou encore Hole (liste non exhaustive) on ne peut qu'être déçu. Il n'y a que Taylor Hawkins, ex-batteur d'Alanis Morissette (il faut bien manger) qui reste dans la veine de son passé. C'est dire...

Pour conclure, Wasting Light nous fait l'effet de ces cinquantenaires qui s'habillent fashion et vont en boite de nuit pour tirer de la jeunette : ça se veut jeune et cool, mais c'est surtout pathétique.
Le pire, c'est que Dave Grohl a encore du talent (et ses comparses aussi)! Alors sauvons-les des Foo Fighters, n'achetons plus rien de ce groupe, qu'il s'écroule, se sépare, que chaque musicien suive des projets vraiment enthousiasmants et qu'on entende plus parler des Foo qu'en 2017 pour une tournée exceptionnelle dédiée au 20 ans de The Colour And The Shape ou seuls les 2 premiers albums seraient joués. Je ne vois pas d'autre moyen de sauver l'âme du groupe...

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