The Velvet Underground & Nico

The Velvet Underground & Nico

The Velvet Underground

17 / 20 1967 Polydor Album / Vinyle

Chronique de Remix (Xsilence) 20 / 20

Posté le 04/03/2011
La première écoute de cet album m'a laissé un implacable sentiment de scepticisme et d'incompréhension. J'étais encore sous le choc et incapable de saisir la portée et l'importance de ce chef d'œuvre de 49 minutes, qui au fil du temps, allait devenir l'un de mes albums culte.

1967, une année séminale pour l'histoire du rock (Sgt. Pepper, Are You Experienced?, The Doors, Disraeli Gears...), sera invariablement ébranlée par la première sortie du groupe mené par Lou Reed : The Velvet Underground.

Rien qu'en contemplant la pochette portant fièrement la banane de Warhol, on sent tout de suite que ce projet n'a rien de conventionnel.
Explorant des sujets âpres (drogues, névroses...) sur une musique parfois abstraite, expérimentale, ce LP donnera des sueurs froides à l'Amérique puritaine et influencera au fil des décennies pléthores d'artistes.

Ce voyage dans l'univers sombre du Velvet s'entame par la douce ballade qu'est "Sunday Morning". On est tout de suite surpris par le contraste voir la quasi-opposition qui s'opère entre cette production apaisante, à l'atmosphère candide et juvénile et ses paroles aux propos acerbes, relatant d'un fort sentiment d'oppression et de paranoïa.
S'en suit la première piste "I'm Waiting For The Man", avec "Run Run Run" et la magistrale "Heroin" qui traitent tous de l'abus de substances illicites ou bien d'une quête désespérée pour les obtenir.
"Femme Fatale", écrite à l'attention d'Edie Sedgwick, décrit les dangers que comporte le fait de désirer une femme aux traits divins, mais à la personnalité mesquine, dédaigneuse et indomptable.
"Venus In Furs" dont l'atmosphère est clairement dure et oppressante, nous plonge dans les confins du sadomasochisme et des pulsions de dominations sexuelles exacerbées. Nico, l'une des égéries de Warhol qui prendra la mène à la chanson sur 3 des pistes de l'album, nous parle de la vacuité latente du culte de l'apparence et d'un désir non satisfait de pouvoir être acceptée pour sa personnalité. Cette chanson a été écrite par Lou Reed suite aux différentes observations qu'il a pu faire des personnes côtoyant "The Factory".
La suite se poursuit par un très rock & roll "There She Goes Again" et un plus calme et pop "I'll Be Your Mirror" qui nous évoque la rencontre entre Nico et Reed.
"The Black Angel's Death Song" s'entame par des bruits stridents de violons et des arrangements de cordes qui ponctueront les 3 minutes de la chanson. Lou Reed entonne des paroles abstraites, fortement imagées narrant la fin tragique d'un ange noir. Cette piste se veut comme une sorte de réflexion sur l'existence, la rédemption ou les choix probables d'un mode de vie amorale.
L'album s'achève sur "The European Song", la plus longue de l'album, du haut de ses quasi 8 minutes. Pendant une minute la voix de Reed se fait entendre sur un riff rock, puis un craquement survient, laissant place à une improvisation pure, dissonante usant habilement de distorsions et autres feedbacks. Un hommage au Free-Jazz d'Ornette Coleman ? Peut-être bien.

Que dire de ces 11 pistes plus que déroutantes, mis à part qu'on tient ici une œuvre majeure de la musique contemporaine. On ne peut que saluer le travail d'orfèvre de Lou Reed, John Cale, Nico et leurs acolytes, tant sur la composition que sur l'écriture des textes.
Laissez-vous tomber dans cet univers musical complexe et maîtrisé. Tout le monde doit en faire l'expérience au moins une fois dans sa vie, vous n'en serez pas déçu, je vous le garantis...

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