Fun House

Fun House

The Stooges

18 / 20 1970 Elektra Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Slowdown (Xsilence) 20 / 20

Posté le 09/04/2009
Jamais le rock ne s'était fait aussi dur, direct, tranchant et, pourtant, ouvert à toutes les expériences avant cet album. Un album visionnaire qui annonçait à grands renforts de décibels et de débauche d'énergie, le punk, le metal, le rock industriel, tout en s'aventurant vers d'autres territoires que ceux dévolus à la musique "blanche", comme le free jazz (L.A. Blues), voire même le funk (Fun House).
Soufflant à la fois un chaud et un froid qui annonce la venue d'une décennie plus rugueuse que la précédente et sans pour autant la renier renier totalement (comme en témoignent de nombreux élans hérités du psychédélisme), Fun House est le prolongement d'un certain hédonisme qui n'hésitera pas à franchir ouvertement toutes les limites, dont celles de l'autodestruction, pour parvenir à ses fins.
La formule semble pourtant simple à priori. Tout d'abord une rythmique ultra répétitive, sous tendue bien évidement par la batterie mais aussi par la guitare ou encore parfois par la basse (comme sur le très doorsien "Dirt", mon morceau préféré, avec sa sensualité lourde et son coté planant qui s'extériorise soudain en un envol irrésistible vers le cosmos). Ensuite, libre cours aux solos de guitares sous perfusion fuzz ; ou à la sonorité métal avant l'heure, de saxophone, et d'un chant entre autre caractérisé par des feulements et autres cris d'un Iggy Pop en rut. Iggy Pop qui, dans sa quête de débauche, a rejoint le stade d'une animalité féline. Et toute la force de ce disque réside dans un parfait équilibre entre précision rythmique répétitive, spontanéité fougueuse, expérimentation et tension vers le chaos.
Jamais, plus à ma connaissance, un album n'incarnera avec autant de créativité que Fun House à la fois toute la liberté, l'urgence, la violence, la spontanéité, la provocation et le désir contenus dans le rock.

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