Fire

Fire

Electric Six

15 / 20 2003 XL Album / CD

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 25/09/2003

Au cas où vous n’auriez pas encore daigné porter votre attention sur le premier album d’Electric Six, sobrement intitulé Fire, sachez que vous avez raté LE concept album de l’année 2003. Mais il n’est pas trop tard pour bien faire. Sorti en tout début d’été, ce disque aura clairement fait sensation par son mélange inattendu de rock et de… disco. Il faut l’entendre pour le croire. On pourrait imaginer que les membres d’Electric Six, un sombre groupe qui écumait encore récemment les bars glauques de Detroit sous le nom de The Wildbunch, se sont un jour réunis autour d’une bonne bière bien fraîche en se lançant un défi du genre de ceux dont raffolent les intello un jour d’examen : placer certains mots prédéfinis dans leur copie (anticonstitutionnellement, sémaphore ou encore paraplégique).

En l’occurrence, chaque chanson contenue sur cette galette brûlante comporte au moins une fois le terme "dance floor", "fire", "war", ou mieux, "nuclear war". En mélangeant tout cela avec une bonne pincée d’humour en guise de comburant, on obtient des titres absolument gigantesques, comme "Nuclear War (on the Dance Floor )", "Dance Commander" ou encore l’imparable "Gay Bar", qui a permis au groupe de se faire découvrir avec son fameux leitmotiv qui consiste à enfoncer on ne sait quoi on ne préfère savoir où.

Les allergiques au second, voire au troisième degré, trouveront le mélange indigeste et passablement pathétique. Pourtant, une fois que l’on est entré dans le concept, difficile de résister à ces refrains accrocheurs dignes d’une cour de récré ("I might like you better / If we fuck together / I want your naked pictures / of your mother", sur la bien nommée "Naked Pictures (of your Mother)", entre autres grivoiseries que la décence nous interdit de reproduire ici).

Hardrock Eighties bien grassouillet et rythmiques disco n’ont jamais fait aussi bon ménage. La voix de Dick Valentine, pas très éloignée de celle d’un Tom Jones sous acide, qui joue constamment avec les poncifs de l’esthétique disco, renforce le sentiment de se trouver dans le rêve de toute personne ayant grandi dans les années 70/80, à savoir le mariage béni des dieux entre le rock et le dance floor.

Bien entendu, le concept est assez limité et parvient difficilement à tenir la distance, bien que chaque morceaux possède sa propre personnalité, de telle sorte qu’on se demande vraiment comment le groupe va pouvoir sortir un deuxième album sur le même principe – cela n’aurait même pas beaucoup d’intérêt. Pour un one shot, c’est donc un coup de maître, et c’est à se demander pourquoi trois membres du groupe ont fait leur valise peu de temps après la sortie du disque. Ils n’ont pas eu le nez creux, c’est le moins que l’on puisse dire.

En l’état actuel des choses, profitons de ce disque vraiment épatant, et que ceux qui ont la possibilité de voir la nouvelle formation d’Electric Six en concert se précipitent, car la magie se retrouve aussi sur scène. C’est un miracle.


Chronique de Machete83 (Xsilence) 16 / 20

Posté le 24/02/2013
Lorsque Electric Six sort Fire en 2003, la canicule commence déjà à taper sévère sur la tête. Et l'album ici cité n'est pas fait pour refroidir les ardeurs, bien au contraire...

Le tube "Danger ! High Voltage !" sorti l'hiver précédent nous avait déjà réchauffé, en nous annonçant un album fait de grand n'importe quoi sur des guitares et rythmes discos allumés à la dynamite.
A la première écoute de ce titre, je pensais que c'était Tom Jones avec un groupe inconnu, mais je trouvais ça carrément génial ! En fait le chanteur est Dick Valentine alias Tyler Spencer et seul membre invariable du groupe. Il est aussi le principal compositeur de ces chansons complètement barges.

Si depuis, malheureusement, le groupe a été handicapé par ce tube en étant classé trop rapidement parmi d'autres groupes victimes du one-hit-wonder, il faut savoir que leur carrière ne s'est pas arrêtée il y a 10 ans (ils sortent même un album tous les 2 ans).

Mais revenons-en à ce Fire, gigantesque monument de connerie contagieuse.
Peu avant la sortie de l'album, un autre single est annoncé. Son nom: "Gay Bar". Prenez une guitare à la B 52's, une section rythmique rentre-dedans (c'est le cas de le dire ici), allumez le tout et rajoutez-y un texte évocateur ('I've got something to put in you'...) et vous aurez une idée de ce titre entrant directement dans le domaine de l'excellence.

Car l'une des forces de ce groupe (que l'on soit anglophone ou non), c'est de faire passer clairement son propos-paroles simples ("Nuclear War") et diction impeccable ("Naked Pictures Of Your Mother", hilarant) ainsi que d'associer cela à des riffs efficaces.
D'accord, on pourra argumenter que nos bonhommes n'ont rien inventé mais ce n'est pas tous les jours qu'un album rock peut faire marrer (c'est un fan de joy division qui vous dit ça). Il suffit d'écouter "Synthesizer" (rien que le fait d'écrire une chanson à propos d'un synthé est d'une connerie génialissime) ou "I'm The Bomb" (ou comment saboter les Bee Gees en poussant des cris aigus aussi fort que ces derniers sur des riffs discos-punk) pour allumer le feu du déconneur qui sommeille en chacun de nous.
D'autres titres sont effectivement plus faibles ("She's White", "Getting Into The Jam" par exemple) mais n'enlèvent rien à la bonne humeur générale qui se dégage du disque.

Alors oui, écouter Fire pendant la canicule de 2003, ça s'y prêtait plutôt bien, ça mettait la patate et je le conseille à tous ceux qui seraient curieux de découvrir ou redécouvrir ce groupe iconoclaste, amoureux du second degré et disco punk. Vous aussi devenez un 'Dance Commander' !

La note est coup de coeur bien entendu, et ne peut se comparer avec des oeuvres bien plus profondes et sérieuses. Mais les grands écarts dans le rock, c'est bien aussi...

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