Petits Fours

Petits Fours

Grand Duchy

13 / 20 2009 Cooking Vinyl Album / CD

Chronique de Gérard Cousin (Xsilence) 13 / 20

Posté le 02/03/2009
Difficile, même en essayant de faire la part des choses, de ne pas entrevoir à nouveau les différents avatars de Charles Michael Kittridge Thompson IV au sein de Grand Duchy.

Ca devrait en tous cas rassurer les amateurs curieux, les cohortes de fans arborant leurs t-shirts "J'y étais !", et les déçus des opus "...and The Catholics" ou solo. Et continuer à passablement gonfler les détracteurs du Fox Mulder du rock.

Quoiqu'il en soit, ce bon vieux Frank semble avoir, ultime cliché rock'n roll, trouvé une certaine sérénité en compagnie de Violet Clark. Jamais, au regard de la carrière des Pixies en passant par ses efforts solo et accompagnés, le songwriting de Black n'aura été si... cohérent.

En ouvrant sur ce "Come on over my House", on sent la volonté d'imposer à nouveau un griffe "indie rock", mais il ne poussera pas l'électricité beaucoup plus loin, opérant sur un registre de ballades folk vraiment bien foutues.

Oubliées les saillies punk parfois grotesques, les boursouflures pseudo expérimentales ou les putasseries springstinniennes. Il semble toujours autant affectionner les nappes de clavier kitsch, mais étrangement, cela ne dénature pas les morceaux et l'on est bien loin des aberrations de The Cult Of Ray par exemple. Et quel plaisir de réentendre ces lignes de basses si familières !
Violet Clark semble prendre un malin plaisir à singer l'ancienne Mrs. John Murphy, sans pour autant marcher sur ces plates bandes illicites ("Break The Angels", "Fort Wayne"...).

C'est un album étrange que ce Petits Fours. Au carrefour d'influences multiples, de regards en arrière et imprégné d'une complicité plus que perceptible, il est la preuve renouvelée que Frank Black est un formidable songwriter.
Laissant de côté la tyrannie du rock à tout prix, il livre alors une facette pop beaucoup plus assumée et décomplexée.

Il était temps !

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 10 / 20

Posté le 22/05/2009

En 2009, Frank Black est clairement à l'image du label qui l'héberge: capable du meilleur comme du pire. Commençons par étudier le cas deCooking Vinyl, la structure qui accueille le bibendum rasé qui a officié pendant sept années (ne comptons pas la reformation bidon) au sein des mythiques Pixies.
Si l'on trouve surtout sur le label anglais des has been qui peinent à redorer leur blason (The Prodigy, Blondie), des pseudo-buzz (Forward Russia) et des formations au point mort (Art Brut, The Charlatans, The Datsuns), il arrive également que l'on tombe à l'occasion sur des personnages un tantinet plus fréquentables comme Centro-Matic.

Frank Black lui, a rejoint Cooking Vinyl il y a trois ans maintenant, et y mène sa barque avec cette hyperactivité, cet oubli du monde extérieur et ce je-m'en-foutisme qui a toujours marqué sa carrière solo. Avec pas moins de 17 albums en solitaire depuis 1993, vous vous doutez bien que le fan n'a pas eu que de l'indispensable à se mettre sous la dent et généralement, un bon, voire très bon album, a été suivi de quelques réalisations pour le moins superfétatoires. Pas de chance pour les fans de Black Francis, son petit dernier (Bluefinger), était particulièrement bien ficelé.

Fidèle à lui-même, l'Américain nous revient donc accompagné de sa femme sous le pseudonyme de Grand Duchy avec un projet pas vraiment passionnant. Certes, l'homme a déjà prouvé par le passé qu'il savait se servir d'une guitare et se repose donc sur ses acquis pour créer le squelette de ces neuf morceaux rugueux à souhait. Par contre, le background musical de sa compagne étant pour ainsi dire nul, cela a tendance à influer négativement sur la majeure partie d'un album faiblard où Violet Clark tente d'insuffler une petite touche 80's dans la musique d'un mec dont le groupe s'inscrivait en faux contre cette décennie maudite.
Rencontre improbable entre le rock indie sec comme une trique de Frank Black et les synthés new wave mous du genou de Violet Clark, ces Petits Fours-là n'ont rien d'une fine cuisine. Heureusement, au rythme où Frank Black nous pond des galettes, il devrait nous revenir en grande forme dans moins de douze mois!


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