Hidden

Hidden

These New Puritans

12 / 20 2010 Domino Album / CD  Vinyle

Chronique de Gwen (Goûte Mes Disques) 18 / 20

Posté le 03/02/2010

Les New Puritans sont à l’évidence des apprentis consciencieux. Pas exactement le genre de clampins à s’accroupir sur leur succès en attendant qu’une brise tiède leur flatte la nuque. Il y a deux ans, ceux-ci présentaient Beat Pyramid, une audacieuse collision entre le hennissement des guitares et la rigueur de l’électronique. Il s’y dessinait déjà une personnalité bien affirmée et le désir de prendre l’auditeur à rebrousse-poil. Cependant, dans l’avalanche de manipulations diverses, on devait consentir à quelques digressions salement bruitistes. Hidden permet de rassembler les troupes. En donnant vie à un projet de cet ampleur, These New Puritans filtrent leurs ardeurs créatives et resserrent les boulons. 

Ressuscitant les heures noires de Massive Attack, “We Want War” se révèle une majestueuse entrée en matière. Denses et acérées, ces 7 minutes épiques laisse entrevoir le trou noir sur le point de nous absorber. Hidden se dévoile peu à peu, comme un périple sombre et méthodique. Point ici de furieuses guitares. Tambours japonais, choeurs d’enfants, orchestrations périlleuses, affilage de lames, voici les motifs récurrents qui logent au coeur de la bataille. Manifestement, les Anglais se sont donné les moyens de leurs ambitions.  Dans cette masse intense, le groupe parvient néanmoins à se ménager des accalmies. La chaleur des instruments à vent surgit tel un insolite no man’s land. Flûtes, trompettes et hautbois se chargent de tempérer la rudesse électronique. Car les machines restent le point d’ancrage de l’expédition. Elles soutiennent l’édifice et l’électrocutent assidûment afin de le faire avancer sur ses chenilles de char d’assaut.

A l’image des instrumentaux qui l’ouvrent et l’achèvent, Hidden est un objet complexe, déroutant, mais pas inaccessible. La friction des genres engendre une déclaration de guerre maîtrisée. Progressive, cohérente et déterminée. Même si certains passages flirtent avec le pompeux, l’entreprise s’avère victorieuse. “Attack Music”, “Fire-Power”, “Drum Courts – Where Corals Lie”, “White Chords”… L’album aligne les morceaux de bravoure. Il faudra désormais compter sur ces petits branleurs aux insolentes aptitudes… Dès lors, on peut se demander de quelle manière ces jeunes gens traduiront-ils cette énergie sur scène. Une question qui trouvera sa réponse sous peu puisque These New Puritans patrouillera dans toute l’Europe durant les semaines à venir…


Chronique de Sfar (Xsilence) 5 / 20

Posté le 20/03/2010
Hidden fait partie de ces œuvres qui scindent le monde des auditeurs en deux groupes distincts : les adorateurs et les totalement réfractaires.

Après une vingtaine d'écoutes complète de cet album je n'ai toujours pas compris où les These New Puritans voulaient nous mener et j'ai surtout l'impression que les petits génies se sont transformés en charlatans (pas le groupe The Charlatans, mais j'évoque bel et bien les bonimenteurs du rock indépendant et autres fossoyeurs de bonnes idées.). Quand certains évoqueront la richesse d'idées audacieuses, d'autres, plus perspicaces sans doute, décèlent là un malheureux fourre-tout nauséeux de pistes en tout genre. Le morceau "We Want War" est sans doute le point d'orgue de cette braderie d'inventivités sans queue ni tête. Tout y est : des percussions tribales, aux effets de violon larmoyant, des susurrements inquiétants aux chorales enfantines.

Touche-t-on au génie lorsqu'on navigue dans le tout et n'importe quoi ? Mon expérience montre jusqu'à présent que les personnes les plus réceptives sont avant tout des musiciens. Peut-être ont-ils trouvé là une sorte de catalogue de tout ce que l'on peut faire en matière de rock indé un peu décalé. Oui il y a quelques excellentes idées au sein de cet album mais elles ne sont pas du tout proposées de façon judicieuse. La construction des morceaux manque cruellement de subtilité. Quand on réécoute intensément Hidden on passe par plusieurs phases : d'abord une certaine perplexité et un véritable intérêt , puis une incompréhension et une déroute à suivre l'album dans son intégralité, pour finir par un profond agacement d'avoir passé tant de temps sur quelque chose qui se rapprocherait plus d'une imposture musicale que d'une œuvre véritable.

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