Raditude

Raditude

Weezer

10 / 20 2009 Geffen Album / CD  Vinyle

Chronique de Jekyll (Xsilence) 5 / 20

Posté le 04/01/2010
Sur ce coup, Cuomo va trop loin. On voulait bien supporter son virage outrageusement mainstream jusque là, parce qu'il réussissait toujours, au détour de quelques titres, à nous rappeler l'époque magique des deux premiers albums. Mais là trop c'est trop.
Pourtant l'éclectisme relatif du Red Album pouvait laisser présager un avenir un peu moins grisonnant, en laissant un peu de place aux trois faire-valoir du Roi (déchu) Cuomo. Ces derniers se révélant assez inspirés, on pouvait penser qu'une discrète association allait relancer la machine sur de bons rails.
Malheureusement, ce Raditude, au sleeve on ne peut plus évocateur, fait bien un gigantesque bond, mais en arrière; vers une pop qu'on pourrait presque qualifier de préhistorique. A moins que ce ne soit simplement une belle illustration du cynisme ambiant et galopant...
Certains disent que Rivers Cuomo a du mal à sortir de l'adolescence. Mais c'est encore trop gentil. Là on est carrément retombé dans le pipi-caca !

Bref, ici, l'éclectisme se mue en gigantesque n'importe quoi (voir les relents Bollywoodesques et niaiseux de "Love Is The Answer", le rap trop évident de "Can't Stop Partying"), et quand le son traditionnel Weezer parle, c'est pour se vautrer dans une vulgaire parodie de leurs exploits (bien) passés, entre mélodies prévisibles, explosions convenues et distorsions trop grasses.

C'est navrant, mais même pas triste, on a été préparé. Les bras nous en tombent de dépit, c'est tout. En fait, on a l'impression de voir notre meilleur animal de compagnie crever à petit feu, irrémédiablement, simplement parce qu'il a trop vécu et qu'il n'a plus rien à faire.

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