Timber Timbre

Timber Timbre

Timber Timbre

16 / 20 2009 Arts & Crafts Album / CD

Chronique de Kossüt (Xsilence) 16 / 20

Posté le 30/06/2009
Taylor Kirk, tout seul aux commandes de ce projet qu'il qualifie lui-même de "blues gothic rockabilly" est un véritable ovni venu du Canada.
Après deux albums en 2006 (Cedar Shakes) et 2007 (Medicinals) enregistrés dans une ferme perdue dans l'Ontario avec un son poussiereux mais déjà envoutant, il a délaissé son blues de chambre pour un travail en studio plus étoffé. Aux confins du blues, du folk minimaliste et de la country moderne il est ici partout, inquiétant, tendu (Demon Host), à la guitare, aux cordes et aux synthés ("We'll Find Out") délivrant un beat subtil et percutant ("Troubles Come Knocking") . Avec une voix assurée, profonde bien qu'étouffée on y retrouve des influences telles que Tom Waits, Sufjan Stevens ou encore Jay Hawkins.
On aurait pu croire que d'enregistrer en studio lui ferait perdre sa touche si personnelle mais il n'en est rien, cette fois-ci on ne rate aucun arrangement... Des chansons à humer distillées par un album contagieux. Après avoir fait les premières parties de Great Lake Swimmers et The Moutain Goats cette surprise made in 2009 risque de faire parler d'elle.

Chronique de Pauline (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 23/12/2010

L'album éponyme de Timber Timbre semble sorti de nulle part. À la base de ce projet folk pour le moment assez méconnu, Taylor Kirk, un Canadien auteur/compositeur/interprète. Méconnu et pourtant, le Canadien n'en est pas à son premier essai, et il est déjà à l'origine de deux opus: Cedar Shakes (sorti en 2006) et Medicinals (en 2007). Il y a quelque chose dans le nouvel album de Timber Timbre qui laisserait presque croire que cet album existe hors du temps et de tout contexte. La musique folk a tendance a être intemporelle, surtout lorsqu'elle est comme ici dépourvue de tout artifice. Ici, le programme est simple: guitare, voix, arrangements légers (claviers, percussions...), et on s'y accroche fermement. Un album ambitieux et simple à la fois, séduisant par ce cocktail parfait d'humilité, de délicatesse et de sensibilité artistique qui le caractérise. La voix rappelle un M.Ward (sans la pente descendante le long de laquelle celui-ci dégringole depuis peu) pour sa chaleur et un Bill Callahan pour son intensité.

Le morceau d'ouverture, "Demon Host" a la trempe d'un morceau de Smog: même son épuré, même désespoir ambiant, même sobriété. Un bel album de folk comme on aimerait sincèrement en entendre plus souvent. Une folk qui ne tombe jamais (ou presque) dans ses mauvais travers. Timber Timbre se contente du minimum syndical sur les arrangements, il ajoute tout juste une légère réverbération sur sa très belle voix, pour accentuer le côté spectral et habité de ses morceaux. L'élan et l'intention de l'album peuvent être lus comme la promesse d'une belle carrière hors du temps. L'album recèle de ce genre de merveilles, comme "We'll Find Out" qui se pare de cordes et des choeurs et se fend d'un beau parlé inspiré. La fibre de certains morceaux, leur essence même rappelle la beauté étrange de certains morceaux du début de la carrière du grand Donovan. "Until the night is over" est un tube envoûtant, répétitif est obsédant, et "Trouble Comes Knocking" est une sorte de blues revisité. "No Bold Villain" vient clore l'album sur une note plutôt romantique et enlevée. L'album est volontairement répétitif, une boucle qui se ferme après huit courts morceaux. Le pari du bel album court est gagné, et on en redemande.


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