Chronique de Billyjoe (Xsilence)
Derrière sa pochette très "Star Wars" se cache un album de pop sucrée assez orientée dancefloor plus proche des (très hype) MGMT que des Dissociatives. L'une des caractéristiques essentielles de l'album est qu'il sonne très 80's, voire carrément kitch parfois. Vous voilà prévenu! La voix de Luke Steele est souvent nasillarde également et risque d'en agacer plus d'un.
Pourtant, si ces aspects de vous rebutent pas, alors la première moitié de l'album est vraiment agréable, à l'image de l'excellent titre d'ouverture "Standing On The Shore". Les 5 premiers morceaux sont efficaces, renforcés par des choeurs assez variétoches, mais bien sentis. Alors certes, le duo frôle régulièrement le mauvais gout (la musique de "Half Mast" pourrait bien vous faire penser au générique de "Madame Est Servie" ou de "Alf") mais ce début de disque tient, au final, bien la route et nous colle même régulièrement un sourire aux lèvres.
La jolie instrumentale "Country" sert ensuite de transition vers une seconde moitié de disque malheureusement moins convaincante. "The World" est correct, Luke Steele y prend quelques intonations aiguës qui rappellent un peu Daniel Johns période Dissociatives. Par contre, la fin du morceau, qui se veut vaguement psychédélique, s'avère plus lourdingue qu'autre chose. "Swordfish Hotkiss Night", titre le plus électro du disque et assez proche des productions d'un autre duo aussie, The Presets, alterne le bon (un chant à la Michael Jackson amusant) et le moins bon (quelques effets ridicules). Le titre au final ne décolle jamais vraiment. "Tiger By My Side" reprend la recette des premiers titres du disque sans convaincre autant. Mais le pire est pour la fin avec "Without You". Luke Steele en fait des tonnes au chant mais on n'y croit pas un instant (on est même un peu gêné pour lui). Pire encore: l'ambiance digne de "La Boom" dans laquelle se vautre le morceau atteint des sommets de niaiserie!
La musique d'Empire Of The Sun est assez particulière et il est conseillé d'écouter le single "Walking On A Dream" en premier lieu avant d'envisager une écoute plus approfondie de l'album. La première moitié de celui-ci est réussie et même parfaite pour passer l'été. La suite alterne le correct et le mauvais.
Reste à savoir maintenant si le succès de ce premier disque va pousser les deux protagonistes à faire d'Empire Of The Sun une priorité. Les premières performances live prévues pour la rentrée semblent l'annoncer en tout cas.
Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques)
Grand vainqueur des récents classements de fin d’année, l’album des New-Yorkais de MGMT a évidemment donné quelques idées aux majors, pas toujours les premières sur la balle mais généralement promptes à faire marcher la pompe à dollars en s’engouffrant dans la moindre brèche ouverte par une formation sortie de nulle part. Chez la britannique EMI, on n’a pas hésité à aller jusqu'en Australie pour nous sortir du chapeau Empire of the Sun, un binôme – qui l’eût cru ? – réunissant deux figures pas inconnues dans le monde de la pop du land down under. On retrouve donc au sein d’Empire of the Sun un membre du duo electro Pnau, Nick Littlemore, et un autre du groupe rock The Sleepy Jackson, Luke Steele. Avec un titre un brin mégalo (Walking on a Dream) et une pochette hideuse qui pourrait aisément illustrer un remake de série Z de Dune ou la couverture d’un bouquin de L. Ron Hubbard, la formation débarque donc toute auréolée de son succès sur ses terres et du plan marketing XXL mis en place par le label.
Précédée de deux singles plus que sympathiques (« We Are The People » et « Walking on a Dream »), la sortie de ce premier opus, sans vraiment être l’évènement de ce début d’année, était quand même assortie de quelques attentes légitimes. Walking on a Dream désormais dans les bacs de nos disquaires et déjà dans mes oreilles une bonne dizaine de fois, c’est la circonspection qui est de mise. En effet, à trop vouloir comparer Empire of the Sun et MGMT, ça peut forcément faire des dégâts. Et il ne nous faut pas de nombreuses écoutes pour dégager un constat évident : ce qui fait que Walking on a Dream se contentera d’une petite chronique en fin de mag’ tandis qu’Oracular Spectacular a trusté les couv’ des magazines pendant des mois, c’est son manque flagrant de niaque, sa disparité trop flagrante entre ‘killers’ et ‘fillers’ et sa production un peu trop monochrome – n’est pas Dave Fridmann qui veut en même temps. Ainsi, la première moitié de l’album laisse entrevoir un joli potentiel que des sonorités trop lisses et peu percutantes viennent amoindrir – à cet égard, je vous renvoie vers les deux singles mentionnés en début de paragraphe et qui témoignent de la capacité du duo à accoucher de petites pépites rétro-pop. Mais les choses se corsent avec la seconde moitié du disque, qui s’apparente à un interminable enchaînement de morceaux fades et sans saveurs dont le point culminant est probablement « Without You », insupportable et interminable slow qui clôture l’album et abandonne l’auditeur sur une note négative.
Si le constat global est clairement négatif, on ne peut s’empêcher de penser que les gars d’Empire of the Sun ont suffisamment de talent pour un jour venir titiller la cour des grands - cela passera d'abord par des améliorations tant sur le fond que sur la forme. Mais à ce stade, ce qui m'inquiète le plus, c’est la volonté affichée par le duo de tourner un clip pour chacun des morceaux de l’album. Seul l’avenir proche nous dira si le duo Littlemore/Steele sera en mesure de tenir cette ambitieuse promesse. Cependant, vu la qualité plutôt variable de ses compositions, on est en droit de se demander s’il s’agit vraiment là d’une riche idée…