Chronique de Freddy Ntroom (Xsilence)
Posté le 22/06/2009
Il est toujours difficile de faire la critique d'un album lorsque celui-ci est immédiatement associé à une expérience de concert incroyable. N'ayant entendu que quelques échos rapides et délétères au travers de la porte fermée de la chambre d'un colocataire ermital, où je cru pour de bon que celui-ci crucifiait à la chaîne de minces chatons cristalins, je ne connaissais que très rapidement Dan Deacon avant de le voir à la Villette Sonic. Il m'avait plu sans pour autant m'enthousiasmer outre mesure. Seulement là était réuni un nombre de conditions incroyablement favorables à la digestion d'un gros Dan sauce The Ensemble (j'avais pris en entrée un feuilleté de Monotonix sur son foutre de Lighting Bolt). Donc me voilà devant la scène, les 12 batteries et les 50 synthétiseurs sont parés, le chef d'orchestre se lance, je ne comprendrais ce qui m'arrive que deux heures trop tard. Je me réveille donc avec un vague souvenir où persiste l'impression floue d'avoir subi l'assault d'une orgie de sons dans lesquels je ne me repère qu'avec de grandes difficultés.
Direction le disquaire le plus proche, (en l'occurrence Barcelone) et me voilà en possession des deux albums du Deacon. Si je choisis ici Bromst, c'est d'abord et sûrement par une affinité toute personnelle, mais peut être aussi parce qu'il me semble un peu plus abouti, tant dans la texture des sons (que ce soit les synthétiseurs ou les percussions) que dans la structure des morceaux. Sans pour autant enterrer Spiderman Of The Rings, il en poursuit la démarche, accentue les expérimentations, continue l'exploration, certains morceaux de Bromst venant construire des ponts avec son prédécesseur à des moments identiques des deux albums. On pense à "Snake Mistakes"-"Pink Batman" pour le premier et "Woof Woof"-"Slow With Horns/Slow With Horns" pour le second. Les premiers titres étant tous deux construits autour d'une ligne de basse très "slidée" et liquide qui dessine la mélodie et soutient le reste du morceau ; alors que les seconds plus calmes et enlevés, structurés comme une lente montée en direction d'un flot de couleurs musicales que le plus paléolithique des penseurs new age n'aurait su méditer.
Mais là où Spiderman évoque assez vite DEVO, c'est bizarrement à Steve Reich que l'on pense d'abord en écoutant Bromst. Il nous rappelle ces longues plages où seulement une ou deux notes sont tenues pour finalement se démultipier à l'infini, sortes de pulsations cosmiques déversant un flot gigantesque de sons dans lesquels l'oreille semble s'atomiser pour doucement se reconstruire. Il évoque le phasage/déphasage de l'auteur américain et "Wet Wings" n'est pas sans rappeler le fameux "It's Gonna Rain" du célèbre minimaliste. Mais n'allons pas trop loin dans la comparaison, car c'est d'abord vers la pop bruitiste que Dan Deacon se dirige.
Rassembleuse, joyeuse, parfois à la frontière d'une naïveté qui n'est pourtant pas dépourvue d'une mélancolie toute relative, l'on se demande s'il n'y a pas une pointe de nostalgie dans la musique du bonhomme de Baltimore. Cette nostalgie des morceaux comme "Build Voice", "Snookered", "Of The Mountains", c'est celle qui vient nous rappeler qu'enfant, on n'était pas plus con, pas moins heureux et qu'on avait sûrement un brin d'energie en plus. Dan ne l'a pas perdue et nous invite à son goûter d'anniversaire, il n'est pas nécessaire de préciser qu'il faut venir nombreux.
Direction le disquaire le plus proche, (en l'occurrence Barcelone) et me voilà en possession des deux albums du Deacon. Si je choisis ici Bromst, c'est d'abord et sûrement par une affinité toute personnelle, mais peut être aussi parce qu'il me semble un peu plus abouti, tant dans la texture des sons (que ce soit les synthétiseurs ou les percussions) que dans la structure des morceaux. Sans pour autant enterrer Spiderman Of The Rings, il en poursuit la démarche, accentue les expérimentations, continue l'exploration, certains morceaux de Bromst venant construire des ponts avec son prédécesseur à des moments identiques des deux albums. On pense à "Snake Mistakes"-"Pink Batman" pour le premier et "Woof Woof"-"Slow With Horns/Slow With Horns" pour le second. Les premiers titres étant tous deux construits autour d'une ligne de basse très "slidée" et liquide qui dessine la mélodie et soutient le reste du morceau ; alors que les seconds plus calmes et enlevés, structurés comme une lente montée en direction d'un flot de couleurs musicales que le plus paléolithique des penseurs new age n'aurait su méditer.
Mais là où Spiderman évoque assez vite DEVO, c'est bizarrement à Steve Reich que l'on pense d'abord en écoutant Bromst. Il nous rappelle ces longues plages où seulement une ou deux notes sont tenues pour finalement se démultipier à l'infini, sortes de pulsations cosmiques déversant un flot gigantesque de sons dans lesquels l'oreille semble s'atomiser pour doucement se reconstruire. Il évoque le phasage/déphasage de l'auteur américain et "Wet Wings" n'est pas sans rappeler le fameux "It's Gonna Rain" du célèbre minimaliste. Mais n'allons pas trop loin dans la comparaison, car c'est d'abord vers la pop bruitiste que Dan Deacon se dirige.
Rassembleuse, joyeuse, parfois à la frontière d'une naïveté qui n'est pourtant pas dépourvue d'une mélancolie toute relative, l'on se demande s'il n'y a pas une pointe de nostalgie dans la musique du bonhomme de Baltimore. Cette nostalgie des morceaux comme "Build Voice", "Snookered", "Of The Mountains", c'est celle qui vient nous rappeler qu'enfant, on n'était pas plus con, pas moins heureux et qu'on avait sûrement un brin d'energie en plus. Dan ne l'a pas perdue et nous invite à son goûter d'anniversaire, il n'est pas nécessaire de préciser qu'il faut venir nombreux.