Little Joy

Little Joy

Little Joy

15 / 20 2008 Rough Trade Album / CD

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 04/02/2009

Si on a parlé plus que suffisamment du deuxième effort du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr, et que le plan marketing entourant la sortie du disque de Little Eye, le projet solo du bassiste Nikolaï Fraiture, tourne à plein régime, la parution du premier album de Little Joy, le combo du batteur Fabrizio Moretti, est passée pour ainsi dire inaperçue. Pourtant, à l'instar de son collègue guitariste au sein de la formation new-yorkaise, le projet de Moretti est signé sur Rough Trade, le label londonien au nez extrêmement fin (Emiliana Torrini ou Adam Green) et dont on parle généralement à peu près partout des sorties. Alors, un mauvais disque de la part de cette formation composée de Moretti, de sa girlfriend Binki Shapiro et du guitariste-chanteur Rodrigo Amarante, (in)aperçu au sein des Los Hermanos ? Pas vraiment en fait. Cette absence honteuse de couverture est plutôt due à la timidité quasi maladive qui semble habiter l'album du frappeur de fûts du plus cool des groupes new-yorkais. Et c'est fort dommage, car derrière des ritournelles en apparence sans prétention se cachent quelques magnifiques pépites de folk pop gorgée de soleil – somme toute logique quand on apprend que le groupe est le fruit de la rencontre de Moretti et d'Amarante lors d'un festival lisboète.

Enregistré dans une décontraction qui contraste avec la pression exercée par les fans des Strokes pour que le groupe revienne aux affaires (le mi-figue mi-raisin First Impressions On Earth date quand même de 2006), le disque de Little Joy est quasi exclusivement composé de ritournelles feutrées (il y a bien l'ultra stroksien "Keep Me In Mind" pour nous contredire) et se plaisant à jouer sur la dualité vocale Amarante / Shapiro, Moretti se limitant aux chœurs. Ca chaloupe, ça balance et ça valdingue à tous les étages, que les guitares sèches ou électriques soient de sortie, venant nous confirmer au passage que les Strokes ne se limitent pas au seul Casablancas et à son acolyte à la touffe chatoyante.  

Comme le cocktail qui a donné son nom au groupe, le premier effort de Little Joy viendra peut-être grossir les rangs de cette catégorie de disques qui sont autant de plaisir éphémères et qu'on a vite fait d'oublier rapidement après leur sortie. Qu'importe finalement, tant que le plaisir est là. Et comme tout bon cocktail qui se respecte, l'abus est déconseillé et sa consommation doit se limiter à quelques moments bénis par la bonne humeur et la franche camaraderie. Et à ce petit jeu, l'album de Little Joy se révèle être un remède efficace contre la morosité. Allez, santé!


Chronique de Joey- (Xsilence) 14 / 20

Posté le 18/05/2010
Little Joy est un sympathique projet parallèle de Fab Moretti, batteur des Strokes, associé ici au chanteur-guitariste brésilien Rodrigo Amarante (Los Hermanos). Une amie commune, Binki Shapiro, fait également partie de l'aventure et prête sa voix suave à plusieurs titres de l'album. C'est de la pop rétro bien douillette et sucrée, mâtinée d'accents sud-américains ("Evaporar" semble sortir tout droit d'un vieux disque de Caetono Veloso), pas très éloignée du folk intimiste et bucolique de Devendra Banhart. Les fans des Strokes retrouveront avec plaisir le jeu de batterie de Moretti, qui injecte un peu de cool new-yorkais période Is This It? à l'ensemble et surprend avec des chansons vraiment réussies ("The Next Time Around", "Keep Me In Mind", "How To Hang a Warhol"). Le tout est apaisant, ensoleillé, jamais prétentieux, et donne envie d'aller se poser sous un parasol pour y siroter une bonne caipirinha. Une petite joie, donc.

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