How To Destroy A Relationship

How To Destroy A Relationship

The Servant

7 / 20 2006 Recall Album / CD

Chronique de Dylanesque (Xsilence) 7 / 20

Posté le 02/10/2006
Ranger sa discothèque, c'est parfois retrouver de vieux amis, perdus de vue, et qu'il fait bon de redécouvrir. C'est aussi tomber sur des connaissances qu'on se serait bien passé de recroiser. Ce disque, je l'avais trouvé pendant une période de soldes chez le disquaire du coin. Le single "How To Destroy A Relationship" était pas dégueulasse, de la pop-song FM efficace, sans prétention aucune.

Dan Black, l'homme qui se cache derrière The Servant, est plutôt bon pour recycler la bonne vieille recette pop : mélodie accrocheuse, harmonies agréables, arrangements astucieux. Et ça marche : le premier album avait remporté en France, en 2004, un disque d'or ! Faut pas pousser quand même... Oui, c'est efficace, oui on peut écouter ça d'une oreille distraite et le siffloter dans les rayons surgelés d'un supermarché, mais ne faites pas comme moi l'erreur d'acheter cet album (et le précédent). Car ce qui manque cruellement ici, c'est de la personnalité. Et de la sincérité. On a juste affaire à un innoffensif assemblement de chansons en carton-pâte.

Pas de nouvelles de Dan Black et sa bande depuis 2006 d'ailleurs... Je m'en fiche pas mal et je m'en vais de ce pas revendre cet album, que dis-je, cette erreur de jeunesse !

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 4 / 20

Posté le 23/10/2006

Au risque de paraître atteint de franciscabrellite aiguë, je le dis haut et fort : The Servant, c’était mieux avant. Et quand je dis avant, au risque de radoter, je pense en particulier aux deux premiers EP, sortis en 2000, Mathematics et With the Invisible, qui faisaient preuve de tellement d’inspiration, d’originalité et d’audace que j’ai pu, à une époque, placer mes espoirs les plus fous dans ce groupe. Espoirs qui furent presque réduits à néants en 2004 avec la sortie de son premier album, assez décevant, mené par un single brillant, "Orchestra", mais rempli à moitié de titres dispensables.

Malheureusement, ce n’est pas ce second opus, dont le titre est plutôt fendard, qui va me faire changer d’avis : la seule originalité de The Servant aujourd’hui, c’est la voix d’équilibriste de Dan Black. Mais celui-ci use et abuse de sa facilité à monter dans les aigus et à moduler son flot, à tel point qu’il irrite plus qu’il ne séduit. Musicalement, on a encore franchi un cap puisque c’est d’une fadeur à faire pâlir la Reine d’Angleterre : des mélodies pop soi-disant catchy et immédiates mais en réalité superficielles et peu mémorables, une inspiration qui a foutu le camp, des jérémiades sans intérêt, des paroles au ras des pâquerettes (le sommet du ridicule étant atteint avec "(I Should be Your) Girlfriend"), à part deux ou trois titres que la bonne foi me contraint de citer au rang de trucs sympas : le morceau éponyme, qui ouvre l’album, "Save Me Now" et, dans une moindre mesure, "Brains". C’est léger.

Le premier album ayant cartonné en France, nul doute que ce petit frère bien peu dissemblable de son ainé va lui aussi rencontrer le succès. Un succès immérité me semble-t-il, puisque d’autres groupes nouveaux venus sur la scène pop me paraissent davantage faire preuve d’audace, d’originalité et de sensibilité, en particulier les ptits gars de Razorlight, dont le dernier album ne vole pourtant pas bien haut.

Bref, j’en suis le premier désolé, mais je me dois de déclarer forfait et laisser The Servant sur le bord de la route. Dan Black peut se réjouir, il a vraiment réussi à détruire notre relation.


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