Hymn To The Immortal Wind

Hymn To The Immortal Wind

Mono

15 / 20 2009 Conspiracy Album / CD

Chronique de Drazorback (Xsilence) 15 / 20

Posté le 23/03/2009
On peut taxer Mono d'être de simples suiveurs sans âme de la clique originelle des Post-rockers que sont Mogwai et Godspeed You Black Emperor!, ainsi que d'Explosions In The Sky. C'est partiellement vrai. Parce qu'effectivement les nippons se sont formés, semble-t-il, après avoir voir vu jouer live les groupes précités dans leur pays d'origine. Et parce que le quatuor suit avec une dévotion jamais démentie les codes même du genre, à savoir enjoliver une simple mélodie jusqu'à l'explosion dans un fracas de guitares bruitistes.

Mais finalement, cela me paraît surtout vrai pour les premiers disques, où l'on trouve des plagiats éhontés de "Mogwai Fear Satan" ou encore de "Like Herod". Depuis "Walking Cloud", le groupe a trouvé sa propre voie, dans la contemplation sereine. Ces mélopées mélancoliques évoquent dès lors des paysages typiquement japonais, mont Fuji enneigé et temple zen inclus. Qu'en est-il alors de ce Hymn To Immortal Wind (tout un programme!)? Et bien, sans surprise, Mono fait ce qu'on attend d'eux. Soit de belles pièces de post-rock aux jolis arrangements de cordes. Plus épique et soigneux que jamais, leur musique transporte et apaise. L'épique "Battle To Heaven" montre leur talent de mélodiste, mais surtout celui à susciter l'imaginaire de l'auditeur. On a évoqué pour cet opus son caractère particulièrement cinématographique, à raison.

Au final, Hymn To The Immortal Wind ne convaincra pas les grincheux, mais garantira des soirées tranquilles, et de beaux rêves. C'est armé de sa naïveté qu'il faut se plonger dans les bras réconfortants de ce doux blizzard.

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 27/05/2009

Pour être honnête avec vous, le post-rock et moi, ça fait deux. Certes, je ne crache sur un petit Explosions in the Sky ou un Mogwaï de la grande époque à l'occasion, mais de là à dire que le genre n'a plus de secret pour moi, il y a là un pas que je n'oserais pas franchir, de peur de m'attirer les foudres des puristes comprenant un peu trop rapidement ma méconnaissance relative du sujet. Mais l'avantage avec un groupe comme Mono, c'est qu'il ne faut justement pas être un expert en la matière pour appréhender leur discographie, qui remplit à chaque livraison ou presque le cahier des charges imposé par les prescripteurs de la mouvance.

Cinquième album donc pour le très respecté quatuor japonais, trois ans après un You Are There qui a divisé la critique - une critique qui a parfois la dent dure contre un groupe dont la capacité de renouvellement n'est pas le point fort. Et s’il est vrai que le groupe fondé en 2000 par le guitariste Takaakira Goto ne s’est jamais vraiment préoccupé de savoir s’il serait bienvenu de sortir un tant soit peu des sentiers battus, c’est peut-être parce que le succès a toujours été au rendez-vous pour lui - une situation qui n’est pas vraiment près d’évoluer avec Hymn to the Immortal Wind.

En effet, pour cette nouvelle réalisation, ce n’est pas parce que le groupe a convié un véritable orchestre symphonique (pas moins de 32 âmes) qu’on va croire à un virage à 180° dans le chef de Tokyoïtes ayant eu recours pour la troisième fois aux services de l’éminent Steve Albini pour mettre le tout en boîte. Bande-son majestueuse d’une histoire fantasmagorique que Takaakira Goto nous conte dans le livret, Hymn to the Immortal Wind est un voyage long de 76 minutes, divisé en 7 chapitres, et qui sonne rapidement comme le petit manuel du parfait post-rockeur tant tous les poncifs du genre sont ici réunis pour notre plus grand plaisir. Mais aussi stéréotypé puisse-t-il être, avec ses constructions en montagnes russes et ses accords répétés jusqu’à l’explosion tant attendue, Hymn to the Immortal Wind n’en reste pas moins un disque particulièrement abordable (le travail de cordes devrait plaire aux fans de Sigur Rós) dont la construction aussi prévisible que réussie ne peut laisser de marbre. A cet égard, l’inaugural « Ashes in the Snow » et ses quasi douze minutes de voyage agité suffisent à planter le décor et placer le groupe sur orbite.

De deux choses l'une: les puristes tomberont sous le charme de cette démonstration de classicisme ou hurleront au scandale devant tant de frilosité de la part du groupe. Mais pendant que les experts se départageront à coup de théories fumistes, le petit peuple, lui, risque fort de s’extasier devant ce tour de force réussi.


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