Fantasy Black Channel

Fantasy Black Channel

Late Of The Pier

20 / 20 2008 Parlophone Album / CD

Chronique de Remembered (Xsilence) 20 / 20

Posté le 11/08/2008
Une intro instrumentale très courte - moins de 80 secondes - ouvre ce Fantasy Black Channel et nous laisse perplexe. Après une minute psyché prog, grosse rupture de rythme qui laisse la place à quelques secondes d'un rock à guitare mélodique. On se demande où les Late Of The Pier vont bien pouvoir nous emmener mais c'est plutôt attrayant. Et de fait, le "Broken" qui suit est très réussi. Dansant à souhait, ce titre est un concentré d'influences aussi diverses que le glam rock d'un David Bowie ou d'un Roxy Music (la voix de Sam y est aussi pour beaucoup, on jurerait entendre Bowie parfois) et l'electro fluo tendance Klaxons. Cette tendance ne se démentira pas tout au long des douze plages de Fantasy Black Channel. "Space And The Woods", "Random Firl", "Heartbeat", "Mad Dogs And Englishmen" ou encore "Bathroom Gurgle", tous excellents, nous offrent un prog rock aux accents glam passé à la moulinette electro et c'est assez jouissif. Si on a accordé aux Klaxons la paternité de la New Rave, alors les Late Of The Pier seront les princes de l'Electro Glam !

Au milieu de ces titres particulièrement réussis se glissent quelques morceaux plus énervés, on pense à "The Bears Are Coming", "Whitesnake", "VW" ou "Focker", témoins de l'héritage punk que tout anglais porte dans ses veines. Mais le punk revu par Late Of The Pier, ça donne plutôt un glam punk séduisant ("The Bears Are Coming", "Whitesnake") ou de l'electro rock qui ferait danser les White Stripes avec les Klaxons ("Focker"). Que du bon on vous dit ! Vraiment, ces quatre jeunes anglais de Late Of The Pier excellent dans les morceaux mélodiques et leur classe naturelle s'accorde parfaitement avec l'élégance glam des inventeurs du genre. Qu'ils foncent et ils vont faire un malheur !

Finalement, il y avait tout dans ce "Hot Tent Blues" introductif. Toutes les qualités de Late Of The Pier résumées en une poignée de secondes... Trop fort !

Chronique de Adrien (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 22/01/2009

On ne cessera de répéter combien la scène musicale britannique est, à ce jour, l'une des plus dynamiques, novatrices et jamais avare de révélations, tant éphémères que pérennes. Source depuis quelques années de nombreuses convoitises, la «so-called» Nu Rave, mouvement musical institué par le NME qui tient son intérêt dans son croisement détonnant entre Electro, Rock, Pop et expérimental, compte dans ses rangs les post-adolescents des Klaxons, CSS et autres New Young Pony Club. Leur connotation hype, leur surexposition et leur surestimation, c'est bien ce que les Late Of The Pier tentent à tout prix d'éviter. Car le combo originaire de Castle Donington, un village du Nord de l'Angleterre, se voit constamment qualifié de Fluo Kids, dans la lignée des pré-cités Klaxons. Pas forcément l'étiquette rêvée pour ces Anglais hyper-actifs, créatifs et de surcroît touche à tout.

Un bien curieux objet que ce Fantasy Black Channel. Produit par le génial Erol Alkan, le premier véritable album du quatuor n'est autre que le support et le défouloir de gamins qui ne tiennent pas en place, inspirés et nourris dès leur plus jeune âge par tout ce qui rend le paysage musical anglo-saxon tellement séduisant. Les références sont donc présentes, du glam Rock de Bowie au psychédélisme américain, en passant par les hommages répétés aux films d'horreurs estampillés série B. Un foisonnement que les énergumènes de Late Of The Pier domptent avec une aisance déconcertante comme le démontre une avalanche de titres tous plus percutants, à coups de guitares saturées et de synthés débridés. Car c'est certain, dans leur élan d'hyperactivité, ces énergumènes ne se prennent pas au sérieux, leur musique, édulcorée à souhait, flirtant de bout en large avec l'absurde et l'insouciance des débuts.

Ca foisonne, ça fuse dans tous les sens et pourtant Fantasy Black Channel reste cohérent, à travers ses enchaînements fluides de morceaux pétulants qui laissent à peine place au répit. A cet égard, les Late Of The Pier n'ont rien à envier à d'autres formations du même calibre, telles Does It Offend You, Yeah ou Foals. Le quatuor en devient même plus remarquable dans sa capacité à jouer avec les genres, à enchevêtrer d'innombrables sonorités et d'alterner toutes sortes de rythmiques. Vous l'aurez compris, rien n'est à jeter sur ce premier effort, des instrumentaux hallucinés "Hot Tent Blue" et "VW" aux 7 minutes et 13 secondes de "Bathroom Gurgle", final dont les riffs de guitare font irrémédiablement penser au meilleur du Black Rebel Motorcycle Club. Sans oublier le cosmique "Focker", le très 80's "Heartbeat" et le fulgurant "Broken", bombinette Electro/Rock des plus savoureuses.

Quoiqu'on en dise, et malgré leur volonté de ne pas être assimilés au sobriquet de Nu Rave, les Anglais de Late Of The Pier investissent une scène éphémère, dans l'air du temps. A l'écoute de Fantasy Black Channel, force est néanmoins de constater que le quatuor dispose, par son énergie et son éclectisme, de tous les arguments pour perdurer dans le paysage musical indépendant. C'est du moins tout le mal qu'on leur souhaite.


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