Fever To Tell

Fever To Tell

Yeah Yeah Yeahs

14 / 20 2003 Interscope Album / CD

Chronique de Hanabira (Xsilence) 13 / 20

Posté le 30/07/2005
Les filles ont la côte du côté du rock'n'roll. The Yeah Yeah Yeahs a déposé son "Fever To Tell" dans un artwork aussi laid que ceux de Peaches ou des Robots in Disguise. Justement, n'y aurait-il pas trop d'elles dans ce groupe lui aussi venu du continent américain ?

Dire que les YYY n'ont pas de style propre serait mentir. Karen O, il est vrai, ressemble scéniquement à la Canadienne : déjantée et sexuelle, cette dernière n'hésite pas à mimer des fellations avec son micro. Musicalement, c'est vrai aussi, il y a un côté électro très propre aux deux sœurs mentionnées plus haut. Mais c'est tout ce qu'il y a en commun avec elles. Et les YYY ne seront assurément pas le groupe qui nous fera vomir le genre filles-minijupes-sexe-rock'n'roll-micro.

Déjà, ce qui est intéressant, c'est le côté minimaliste du line-up : ils sont trois, et c'est tout. Une guitare, une batterie et une voix féminine. Du rock à l'état pur. Nick Zinner, le guitariste menu et chevelu, manie ses cordes avec tellement de talent que l'on croirait qu'un clavier électronique et une basse disco se sont glissés dans les riffs du "Count". Le batteur, Brian Chase, manipule ses baguettes avec une audace et une précision métronomique n'ayant rien à envier aux meilleures boîtes à rythme. Enfin, Karen O sait maîtriser sa voix à la perfection, aussi bien sur des chansons agitées ( "Rich") que sur des ballades suaves ( "Modern Romance").
Ce qu'on ne pourra leur reprocher, c'est leur instinct mélodique : les pistes sont toutes, les unes comme les autres, baignées d'une mélodie entraînante.
Autre chose que nos sales langues fourchues ne pourront attaquer : leurs paroles ("about being yourself, you know", "from the heart", "very poetic" ... pour reprendre les termes des admirateurs des YYY) ont un sens certain, -surtout celles de "Maps" la chanson phare de "Fever To Tell"-.

Le problème –qui n'est peut-être pas un problème non plus-, c'est que l'album est trop made in studio : il ne retranscrit pas la fièvre que l'on peut ressentir durant leurs concerts. Trop froid, au vu de la chaleur orgasmique de leurs shows. A mon avis, the YYY ne vont pas sans la folie de Karen O : dommage qu'on ne la voit pas écraser des raisins, cracher dans le public, porter ses robes ridicules et des converses cramoisies dans ses albums. Vous allez me dire que c'est pareil pour tous les groupes, pour tous les artistes. Moi, je vous répondrais que pour les Yeah Yeah Yeahs, la différence entre l'un –l'album- et l'autre –le live- est énorme, beaucoup plus que pour certains. C'est assez désagréable même si cela prouve que the YYY est un groupe de scène avant tout ... Un peu comme Metric -guidé lui aussi par une chanteuse. Mais pour ladite formation , le fossé entre l'un et l'autre a un impact faible sur la qualité de l'album.
Décidément, on n'arrêtera jamais les comparaisons, même quand on veut les éviter.

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