A L'Aveuglette

A L'Aveuglette

Françoiz Breut

17 / 20 2008 T-Rec Album / CD

Chronique de Crazyhorse (Xsilence) 17 / 20

Posté le 03/11/2008
Un peu plus de trois ans après le très réussi et séduisant Une Saison Volée, Françoiz Breut confirme ce que ce troisième album laissait déjà entrevoir : l'artiste a désormais un univers bien à elle, toujours très voisin de celui de Dominique A, mais de plus en plus émancipé... D'autant que, maintenant, la belle Françoiz écrit et compose...
Une chose frappe à l'écoute et à la réécoute d'A L'Aveuglette, c'est la subtilité et l'élégance extrême de la production. La finesse des arrangements de "Dunkerque" ou de "L'Automne Avant L'Heure" donne ainsi une allure somptueuse à des morceaux dont la ligne mélodique pourrait, sinon, sembler un peu quelconque.
D'un ensemble aussi homogène dans la qualité, il est difficile de distinguer tel ou tel morceau. Le titre éponyme ("A L'Aveuglette"), "2013" et, surtout, "Mots Croisés" apparaissent néanmoins comme les plus beaux de l'album. Dans un monde idéal, ce dernier morceau serait un "tube" et Françoiz Breut serait reconnue pour ce qu'elle est : l'une des toutes meilleures chanteuses françaises d'aujourd'hui...

Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 29/12/2008

Avec son quatrième album À l’Aveuglette, la Française exilée à Bruxelles refait parler d’elle de la meilleure des façons qui soit. Car pour la première fois, la native de Cherbourg signe l’intégralité des textes et sort définitivement de l’ombre d’anciens compagnons de route, et notamment d’un certain Dominique A. Tout en restant fidèle à l’héritage des écuries Lithium et Olympik, la néo-Bruxelloise nous revient donc en toute grande forme aux côtés des formidables instrumentistes que sont Boris Gronemberger (V.O., Raymondo,…) et Luc Rambo, tous deux déjà présents sur Une Saison Volée.

À l’écoute des quatorze plages de l’album, dont notamment trois instrumentaux, on constate d’emblée que les compositions sont plus complexes et orchestrées que par le passé. Comme si elles étaient lestées au plomb, à l’image du ciel en Belgique au mois de novembre. Un pays dont on trouve des vestiges de part en part, notamment sur le très réaliste, mais non moins poétique, « Dunkerque ». Et même si elle ne se sent plus à l’étroit dans ce « Mouchoir de Poche » qu’est le Plat Pays, Françoiz Breut axe plutôt ses textes sur l’amour, le temps qui passe ou encore l’enfance. Ainsi, le morceau « Les Jeunes Pousses », avec ses cuivres joyeux et son rythme incroyable, demeure très certainement la pièce majeure d’un opus convaincant d’un bout à l’autre. Mais le dénominateur commun entre toutes ces belles choses reste cependant la mélancolie qui s’immisce un peu partout.

Sans top avoir l’air d’y toucher, celle qui est également illustratrice à ses heures livre ici son meilleur effort, celui que l’on qualifiera de la maturité. Après s’être frottée à de nombreuses plumes acérées, il était donc temps pour Françoiz Breut de tremper la sienne dans l’encrier, laissant les arrangements musicaux à ses fidèles acolytes, Luc et Boris. Des envolées rock, un zeste de boucles et surtout des textes vertigineux, la recette n’a guère changé mais a gagné en force. Au point qu’on la suivrait n’importe où. À l’aveuglette ? Peu importe tant que nous ne sommes pas sourds…


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