Airs Above Your Station

Airs Above Your Station

Kinski

19 / 20 2003 Sub Pop Album / CD

Chronique de Lolive (Xsilence) 19 / 20

Posté le 26/09/2005
Kinski (Klaus de son petit nom) fut le lion fou du cinéma allemand des années 1950 à 1980, le symbole de cette Allemagne maîtresse en son royaume de l'absurde, décharnée, dépouillée, déchirée, sans identité, en proie à cette hystérie vertigineuse de la Culpabilité qu'on aura fait porter (à tort ?) sur ses épaules devenues trop frêles pour avoir été le berceau du 'Mal Radical'.
Cette présence démoniaque à l'écran, c'est le cri d'une conscience collective broyée, et bien souvent noyée dans le non sens et dans son propre sang versé pour la 'Liberté' par la RAF . Ce sont aussi ce qu'on entend dans les fulgurances de Faust, d'Amon Düül, dans la démence rageuse de Can ou de Tangerine Dream, et de tous ces groupes maladroitement rangés dans un tiroir dit Krautrock ...

Kinski (le groupe d'aujourd'hui) s'est vraisemblablement immergé dans cette violence viscérale de ce psychédélisme angoissant, pour en tirer un album sombre, bouillonant, aux sonorités très lourdes et embrûmées, tantôt lent tantôt hypnotique, doux, déchiré, tordu, mais toujours sauvage et complexement bargeot.
Mention très spéciale pour l'ouverture ("Steve's Basement"), le très long et éprouvant "Schedule For Using Pillows And Beanbags", ou encore le stonerien "Waves Of Second Guessing".

Un coup de maitre pour un premier album !

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