Chronique de Vamos (Xsilence)
Le premier morceau constitue l'unique surprise du disque. Sur "Spanish Metal", le groupe nous convie à une corrida, où la guitare tente d'apprivoiser les charges d'une batterie lourde comme un taureau. Passé cette excellente entrée en matière on est en terrain archi-connu, et c'est tant mieux !
D'un côté, on trouve les tubes, les singles évidents. "Never Miss a Beat", "You Want History" et "Half The Truth" sont dans la plus pure tradition du tube made in Kaiser Chiefs. Riff de guitare impeccable, ryhtmique sautillante, refrain jouissif et bien sûr le chant fédérateur de Ricky Wilson. Une mention spéciale pour le rigolo "Never Miss a Beat" et ses paroles qui feront sûrement un tabac en concert (‘Oh It's Cooooooool to Know Nothing !').
De l'autre côté des titres un peu plus calmes mais néanmoins excellents. On mettra dans cette catégorie le groovy "Good Days Bad Days", à la ligne de basse entêtante, la jolie comptine "Always Happens Like That" où le piano et les chœurs de Lily Allen font des merveilles, mais surtout la ballade qui clôt l'album, l'excellente "Remember You're A Girl", où le groupe méconnaissable, tâte de la ballade Lenonnienne, pour un petit bijou de douceur.
Bien sûr, on trouve quelques titres plus faibles. "Like It Too Much" et "Can't Say What I Mean" sont mélodiquement pauvres et plus racoleuses que fédératrices. Mais franchement, ces deux morceaux en deçà sont rapidement oubliés lors de l'écoute euphorisante de ce très bon album, où la voix de Ricky Wilson fait des merveilles. Les Kaiser Chiefs sur les deux-tiers de Off With Their Heads atteignent une aisance insolente dans le domaine de l'élaboration du tube pop. La recette finira sûrement par s'essouffler un jour, mais assurément ce n'est pas pour aujourd'hui: le groupe livre encore bien plus de tubes que de pop-songs peu inspirés !
Chronique de Popop (Goûte Mes Disques)
Soyons honnêtes, il y a des disques plus excitants à chroniquer que le dernier Kaiser Chiefs. D’ailleurs, il ne vous aura pas échappé que Off With Their Heads n’avait jusqu’à ce jour pas eu l’honneur de nos pages, la rédaction de Goûte Mes Disques préférant consacrer du temps et de l’espace à des groupes ou artistes moins connus qu’à ceux qui vendront des galettes par centaines de milliers quoi qu’on en dise… Pourtant, les récentes rumeurs de séparation qui ont circulé dans la presse anglaise (démenties depuis par le groupe) sont venues piquer notre curiosité. Comment ce groupe à singles imparables (au hasard "Oh My God", "Ruby" ou "I Predict A Riot") a-t-il pu décevoir ses fans au point de subir la sanction ultime : ne même pas se classer dans le Top 100 britannique avec leur dernier simple ?
Après quelques écoutes rapides de ce troisième album, on commence à cerner les contours du problème. Off With Their Heads sonne comme du Kaiser Chiefs… Light ! Entre la production ultra léchée de Mark Ronson, les claviers qui se taillent désormais la part du lion et un usage moins abusif des ‘nanana’ et autres gimmicks à deux balles, le groupe a presque réussi à renouveler son spectre musical. Il est donc assez logique que les fans de la première heure boudent ce disque plus pop que rock, surtout que "Good Days Bad Days" est effectivement un mauvais single qui méritait de se casser les dents dans les charts.
Pour le reste, Off With Their Heads est un bon disque de pop britannique, une mise à jour assez pertinente de l’esprit Britpop qui renvoie presque au Blur de Parklife et The Great Escape (les belles ballades en moins). En atténuant le son des guitares (le single "Never Miss A Beat") et en donnant plus de place à la rythmique ("Spanish Metal", "You Want History", "Like It Too Much"), les Britanniques réussissent à faire oublier le franchement moyen Yours Truly, Angry Mob et à se rendre à nouveau presque intéressants. Est-ce pour cela que le grand public commence à leur faire la gueule ? En tout cas, le prochain chapitre sera décisif pour Ricky Wilson et les siens : un premier pas dans la bonne direction a été fait, il faut maintenant assumer et confirmer...