The Red Album

The Red Album

Weezer

13 / 20 2008 Geffen Album / CD

Chronique de Abe-sapien (Xsilence) 6 / 20

Posté le 12/07/2008
On annonçait à droite et à gauche le grand retour de Weezer avec cet album rouge. Rivers Cuomo serait donc enfin revenu à la raison après une phase de presque dix ans plombée par une inspiration plus que moisie ?
Bon après quelques écoutes, les bons titres sont toujours introuvables dans ce fouillis peu ragoûtant. Weezer a même franchi une limite inquiétante : celle du mauvais goût. Car au milieu des titres plats tentant difficilement de renouer avec la gloire passée ("Pork & Beans", "Automatic" ou "Heart Songs"), on trouve des tentatives navrantes de s'immiscer dans les clichés actuellement en vigueur dans le rock. Arrangements electros sans saveur, beat technoïdes, voix mélos et sans émotions... Tout cela est utilisé sans style, en passant d'une tentative à une autre sans aucune cohérence pour un résultat plus que bancal.
Mais, non contents de se ridiculiser sur ces titres anecdotiques, le groupe pond une aberration d'un rare mauvais goût: "The Greatest Man That Ever Lived". Ce titre contient tous les ingrédients pour un cocktail anti-rock'n'roll parfait : des voix grandiloquentes et pompeuses (chantées, parlées, rapées...), des choeurs ignobles, une propension à se vautrer dans les travers les plus affreux de la musique (heavy-metal, rock progressif, r'n'b, new wave, mauvais hip-hop...), des paroles niaises... Grand prix haut la main du morceau le plus pourri de l'année!
Les paroles de la plupart des morceaux relatent le passage à l'âge adulte, la maturité et c'est peut-être là où il faut chercher l'explication de ce déclin d'inspiration. Weezer faisait partie d'une vague qualifiée de ‘college rock' par les journaleux maniaques et adeptes des étiquettes. Comme d'autres groupes du même acabit (Nada Surf par exemple) ou d'autres scènes (le Washington hardcore), le groupe a perdu son jus en grandissant. Il a perdu la motivation, les frustrations et la rébellion qui bouillonnaient et rejaillissaient sur ses compos. Et même si Weezer tente de colmater les brèches à coups de grosses guitares et de balades mélos, il est temps de se rendre à l'évidence, de tourner la page et de passer à autre chose. Trêve de nostalgie...

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