Liquid

Liquid

Recoil

18 / 20 2000 Mute Album / CD

Chronique de Thurstonwill (Xsilence) 19 / 20

Posté le 26/10/2005
Les membres de Depeche Mode font preuve d'un immense talent en solo, que ce soit Dave Gahan sur Paper monsters ou de Martin L. Gore sur Counterfeit, par exemple.
Alan Wilder, lui, a définitivement quitté le navire en 95, et mène avec son groupe, Recoil, une carrière captivante, marquée par le talent qui était déja le sien lorsqu'il était encore dans Depeche Mode.
Ce Liquid en est la preuve éclatante, ratissant magistralement, à partir d'une base électro, toutes les tendances musicales actuelles, du jazz au rock en passant par le hip-hop, gospel, le blues et j'en passe ...
"Black Box" qui ouvre ce superbe "Liquid" plante d'entrée une ambiance glauque, menaçante, entre atmosphère spatiale et épouvante.
La voix féminine qui introduit "Want", le morceau suivant, traduit bien cette atmosphère, sur un fond sonore sombre et captivant, à la manière de Massive Attack et de Portishead, constitué de cordes presque souterraines et d'accords de guitares discrets mais secs, contribuant à draper ce magnifique titre d'une sublime noirceur.
"Jezebel" utilise une voix hip-hop sur sonorités jazzy et toujours ce 'glaçage sonore' de classe qui nous donne un titre aussi passionnant que le précédent.
"Breath Control" use des mêmes bases que sur "Want", cette voix féminine parlée que chantée, narrative, se mariant à merveille avec l'instrumentation grinçante, cordes et guitares sur percussions trip-hop.
"Last Call For Liquid Courage" plus strictement trip-hop, ferait la nique à "Teardrop" de Massive Attack, une montée sonore ahurissante venant troubler la tonalité sereinement trip-hop du morceau, d'abord rock puis jazz et mêlant ensuite les deux.
"Strange Hours" met en scène cette voix féminine et cette fois, celle-ci se fait moins sombre, plus chantante, entre jazz et opéra, même si elle renferme une certaine haine, magnifiée par un habillage sonore lorgnant une fois de plus vers le jazz et utilisant des guitares bien rock.
La voix parlée fait son retour sur "Vertigen", s'appuyant sur des chants de fond d'abord à tendance gothique puis world, sur percussions tribales : magnifique !
"Supreme", moins audacieux et tout aussi passionant, s'en tient à une trame trip-hop / jazzy, puis "Chrome" réintroduit ce mix ahurissant entre jazz, guitares rock et ambiance menaçante, sur un refrain également renversant.
"Black Box 2" conclut ce disque avec cordes et sample de voix lointaines, après une intro où intervient la même voix masculine parlée que sur le "Black Box" d'introduction, dressant la même ambiance inquiétante que sur celui-ci.
Entre douceur et violence, serénité et ambiance malsaine quasi-omniprésente, cet album est d'une richesse sonore et musicale éblouissante et engendre des émotions multiples et variées.
Une sorte de conte sonore tellement passionnant qu'on a du mal à en fermer la dernière page et qu'on y revient sans cesse pour se délecter des ambiances qu'il crée et qui nous prennent dans leur toile sans que l'on manifeste la moindre volonté de s'en échapper.
Exceptionnel !!

Retour à l'accueil