Good Bad Not Evil

Good Bad Not Evil

The Black Lips

18 / 20 2007 Vice Album / CD

Chronique de Abe-sapien (Xsilence) 18 / 20

Posté le 23/07/2008
Ça y est enfin ! Quarante ans après la première vague de rock garage, un groupe parvient à atteindre le niveau des fleurons du genre ! Après le déjà remarquable Let It Bloom, Good Bad, Not Evil s'inscrit dans la droite lignée de The Chocolate Watchband, des Electric Prunes et surtout des 13th Floor Elevators, LA référence ultime et pleinement assumée des Black Lips.
Cet aveu de ne rien inventer mais de poursuivre là où Roky Erickson et ses sbires s'étaient arrêtés, dénote également une certaine humilité. Les Black Lips affirment haut et fort qu'ils n'ont rien inventé et sont seulement là pour le fun. Pas poseurs (il n'y a qu'à voir l'immonde pochette !), cette bande de branleurs ne paie pas de mine, elle éructe pourtant d'un enchaînement quasi parfait de tubes garages tous plus jouissifs les uns que les autres ! Tous ce qui fait le charme d'un bon groupe sixties est là : le son superficiel, le jeu simpliste, les chants multiples aux mélodies imparables, un sens du bricolage instrumental pertinent et une connaissance pointue du patrimoine musical américain sudiste.
Il est d'ailleurs bien difficile de sortir quelques titres emblématiques de ce disque : il n'y a rien à jeter. Touche à tout, le groupe maîtrise parfaitement ses ambitions. Les hommages vibrants à leur groupe phare sont tout à fait bluffants de réussite ("Off The Block", "I Saw A Ghost (Lean)", "Step Right Up"); ne manque que la cruche électrique! Le garage punk déjanté des Sonics et autres Seeds est également mis à l'honneur par les foutraques "It Feels Alright" ou "Oh Katrina !" (complainte amoureuse second degré où le groupe s'adresse bien évidemment à l'ouragan ayant dévasté la Nouvelle Orléans). Les incartades dans les musiques du sud profond des Etats-Unis valent également leur pesant de fuzz : du blues vaudou ("Veni Vidi Vici"), de la country fauchée ("How Do You Tell A Child That Someone Has Died", quelles paroles bordel !) ou encore du hillbilly redneck incroyablement mal joué et communicatif ("Navajo").
Il est à noter qu'en plus de nous offrir là la meilleure galette garage sortie depuis des lustres, les Black Lips ont pensé aux fétichistes du vinyle en sortant une poignée de 45 tours agrémentés de faces B aussi indispensables que l'album. Principalement la psyché "Leroy Faster" (face B de "Bad Kids") et "Italian Sexual Frustration" (face B de "Katrina").

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