Vampire Weekend

Vampire Weekend

Vampire Weekend

14 / 20 2008 XL Album / CD

Chronique de Jeff (Goûte Mes Disques) 20 / 20

Posté le 28/03/2008

Chers lecteurs, ce disque que toute la presse tente de vous vendre comme la sensation immanquable de ce début d’année 2008 a en fait déjà prouvé toute l’étendue de son pouvoir de séduction destructeur l’année dernière sur une démo (Blue CD-R) qui a affolé blogs et webzines outre-Atlantique et qui se retrouve, à une poignée de morceaux près, dans les bacs de tous les bons disquaires. Pourtant, aussi bon que soit ce disque, il est fort probable qu'à l’heure où vous lisez ces lignes, vous frôliez déjà l’overdose de Vampire Weekend, un groupe sur lequel tout ou presque semble déjà avoir été dit – un état de fait qui pourrait presque rendre ce papier inutile. Et bien sûr, comme toute hype furieuse qui se respecte, Vampire Weekend déchaîne les passions. Le groupe new-yorkais est donc généralement associé à des avis extrêmement tranchés: d’une part, les fans convaincus qui voient dans le groupe un son nouveau en provenance de la Big Apple, annonçant une vague de vulgaires suiveurs, et d’autre part les ardents détracteurs qui considèrent la musique de cette bande de jeunes au look passe-partout comme un album de rock indépendant américain parmi tant d’autres, voire un insupportable exercice de recopiage. Finalement, il y a peu de ces deux descriptions dans le phénomène Vampire Weekend.

Une première constatation s’impose : Vampire Weekend n’a rien inventé. Le groupe s’est juste borné à insuffler à des influences partagées par l’immense majorité des groupes d’indie pop contemporains une légère dose d’afro-pop et à remettre au goût du jour un album de Paul Simon que d’aucuns méprisaient (Graceland) pour un résultat que le groupe qualifie de Upper West Side Soweto et qui trouve son expression la plus évidente sur le très chaloupé « Cape Cod Kwassa Kwassa ». Finalement, Vampire Weekend arrive au bon moment – la presse manquant cruellement de 'next big thing'… - et batifole sur des terrains de jeux que les Shins ou Clap Your Hands Say Yeah avaient jusqu’alors ignorés. Mais s'il est à la portée de n'importe quel groupe d'universitaires un tant soit peu jouettes d'insuffler une légère dose d’exotisme à leurs compositions, il faut encore que celles-ci tiennent la route. Et à ce petit jeu-là, on ne pourra certainement pas renier le fait que Vampire Weekend débarque en ce début d’année chez nos amis de XL Recordings avec une belle volée de singles potentiels. Si l’invasion du quatuor a débuté sur un morceau qui n'est en rien représentatif de l'album ("A Punk" et sa rythmique entraînante qui me donnerait presque envie de ressortir mes disques de Poison Ivy), sachez que nos quatre blanc-becs ont gardé sous le coude des morceaux à la fraîcheur et l’immédiateté incomparables, dont « Walcott », « Mansard Roof » et surtout « Oxford Comma ». A lui seul, ce titre irrésistible, l’un des meilleurs de ces derniers mois toutes catégories confondues, résume le potentiel énorme de Vampire Weekend, groupe talentueux et attachant qui mérite bien quelques éloges et une petite place au panthéon de la pop indépendante américaine.


Chronique de Uprising (Xsilence) 17 / 20

Posté le 20/09/2008
Vous rentrez ici dans un monde plein de couleurs, mauvais pour les dents, la candeur niaise, le bal musette rock'n roll, french kankan powa.

Car... voici Vampire Weekend venu vampiriser votre si studieux week-end. Quatre bonhommes ricains qui n'ont rien trouvé de mieux que de sortir un album déjanté après l'obtention d'un diplôme de musicologie. Préparez-vous à voir sortir Mesdames pomponnées sautillant frénétiquement, peinturlurées de couleurs à vous faire vomir, affublées de leur célèbre ‘Ho Ho Ho', sur une bâtarde gigue écossaise. Horrible vous dites ? Salvateur !
Dans l'ordre des choses, Vampire Weekend se fait dorer sous un soleil Beachéen, par une sèche chaleur libertine, vous voyez les vox ? Bon, rajoutez-y notre bien aimé Bontempi, leur petit chouchou, à la mode cheap numérique bien comme il faut ; un pastiche de classique de l'âge d'or est de mise, de même que la disco bon marché, elle aussi dans la hype ; sans oublier l'âme de Sting qui transparaît parfois à travers notre chanteur préféré. Tout ça dans une joie frénétique.
Ne nous leurrons pas (bien que je ne m'efforce surtout pas de comprendre les paroles), ceux-là sont des joyeux lurons, qui vont vous remettre le sourire, et tout est bon pour arriver à leur fin. Car on peut le dire, dans un monde alternatif/indépendant, on a plus tendance à virer au dépressif, et cette joie est ici d'un grand bien insoupçonné. Marre de nos idoles dépressifs et nombrilistes, place aux amis kankan sans prise de tête aucune.
Allez histoire de dire qu'ils peuvent quand même être sérieux, ils nous sortent "I Stand Corrected", et relève comme tant d'autre le défi de la chanson pop parfaite.

The Vampire Weekend est dans l'air du temps c'est certain, allant de la disco, du cheap numérique, aux rythmiques africaines... On pense notamment à leur confrère MGMT, mais qui à leur différence ont réalisé un album homogène, intéressant et jouissif du début jusqu'à la fin.

Moi j'y retourne, Blake's goes a new face!!!


PS: attention aux dents quand même...

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