Histoire De Melody Nelson

Histoire De Melody Nelson

Serge Gainsbourg

20 / 20 1971 Philips Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Thestef (Xsilence) 20 / 20

Posté le 10/03/2010
Les fantasmes sont formidables et nécessaires. La musique de Serge Gainsbourg est un réservoir inépuisable. On se projette avec érotisme dans la peau d'une sorte d'aristo un peu revenu de tout, dans l'attente d'une rencontre véhiculée improbable. D'une histoire d'amour universelle pas heureuse, non, car on ne se raconte pas quand tout va bien. On se fait son petit film perso, la BO propice à nos désirs urbains, en sourdine, la nuit ou aux aurores c'est idéal. On se rêve et on ressent cet émoi, coup de foudre à s'en rendre niais, mais oui elle a les cheveux rouges... naturellement. La jalousie bien sûr apparaît. Qui ne doute pas d'être bien l'unique aimé ? La possession si érotique soit-elle au milieu des dorures rassurera l'aveugle. La rupture injuste , brutale mais obligatoire vous rendra malade et fou. Les sorciers papous apporteront un brin de réponse. Heureusement ! La douleur est terrifiante et le délire l'exprime d'une certaine façon. Qui n'a pas aimé ne peut percevoir de quoi il est question ici. Et de par le fait, n'arriver que de très loin à appréhender cette histoire de Melody Nelson. Oui la musique est phénoménale, sorte d'alliage fragile entre un rock lugubre, piégeux, qui scande l'ambiance, la trame, le décor et des instruments à corde et à voix qui impriment le ressenti, les sentiments du narrateur avec une profondeur inhabituelle. Oui, c'est un objet non identifié dans la planète pop, presque encore exotique aux yeux de certains. Le son de basse d'Herbie Flowers est à tomber par terre, on peut passer cent ans à le dire de différentes manière. Ce qui prime ici de réaliser, c'est à quel point la musique relève de l'illustration sublimissime, d'un film encore à réaliser !

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