Gods And Monsters

Gods And Monsters

I Am Kloot

14 / 20 2005 Echo Album / CD  Vinyle

Chronique de Jekyll (Xsilence) 14 / 20

Posté le 04/04/2005
Mal reçu à sa sortie, ce Gods And Monsters, paru après deux albums de folk pop idéal, mérite sa petite réhabilitation (surtout vu le niveau de son successeur, pour le coup franchement pas bon). Car s'il souffre bien de quelques maux, à savoir un son moins personnel, un songwriting moins affûté, reconnaissons lui au moins ces volontés, d'une part d'augmenter le tempo, et d'autre part de montrer un visage moins sombre.

Dans les deux cas, la mission est plutôt accomplie, le groupe se débarrassant assez bien de cette poisse noirâtre et superbe dans laquelle s'enfonçait leur deuxième opus éponyme. A ce titre, "No Direction Home", comme "Over My Shoulder", "Strange Without You" et "Sand And Glue" sont éclatantes, la faute à un groove assez inédit chez le trio, laissant même la guitare au second plan.
Pourtant, John Bramwell (seul compositeur avéré d'I Am Kloot) nous avait jusqu'ici habitués à l'omniprésence de ses arpèges tristes et de sa 6 cordes en général, ce qui d'ailleurs façonnait la grande réussite des deux précédents opus. Ici il se fait bien discret, assurant des parties somme toute assez convenues et ennuyeuses... Reste son chant nasal très personnel, et l'apparition de nouvelles sonorités (claviers et percus notamment, contrebasse) qui contribuent à l'originalité fragile de ce Gods And Monsters curieux, où les seconds couteaux jouent les premiers plans ("Coincidence", "Dead Men's Cigarettes", "I Believe", qui clôturent de belle manière l'album).

Un objet intriguant, qui vaut son pesant de belles chansons audacieuses (pour le trio), mais qui pêche un petit peu faute de réelle originalité comparé aux productions du genre.

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 23/05/2005

Troisième album pour John Bramwell, Pete Jobson et Andy Hargraeves, les trois comparses d’I AM KLOOT. Troisième opus après Natural History en 2001 et I AM KLOOT en 2003 (vous apprécierez la régularité de métronome, un album tous les deux ans) et pas de réel changement de direction sonore pour le trio britannique : les premières notes de "No Direction Home" nous rappellent ainsi aux meilleurs moment de I AM KLOOT , le précédent album.

Gods and Monsters, c'est donc à nouveau un rock folk très mélodieux, sombre, aux accents parfois jazzy, porté par la voix singulière et agréable de John Bramwell, accompagnée d’arrangements chaleureux. En fait, chercher les différences avec les deux précédents albums, c’est un peu comme jouer au jeu des sept erreurs de nuit, la lumière éteinte (et en portant des lunettes noires). I AM God ou Natural Monsters, quoi. Le groupe prétend qu’il s’agirait de leur album le plus autobiographique. Dont acte.

Il s’agit en tout cas d’une suite parfaitement logique, qui poursuit le même sillon rupestre que ses prédécesseurs. Pas de changement majeur, donc, mais après plusieurs écoutes, nos amis donnent tout de même l’impression d’avoir mis un peu de Guronzan dans leurs Chocapic, avec des rythmiques un peu plus rapides ("Gods and Monsters", "Strange without you") et l’utilisation d’instruments plus variés que par le passé (notamment une trompette sur la sublime "Avenue of Hope").

L’album manque peut-être d’un ou deux titres forts, car aucun morceau n’atteint les sommets de "From Your Favorite Sky", sur l’album précédent, ou "Dark Star" sur Natural History, par exemple. Pourtant, nombreux sont ceux à toucher la grâce du bout des notes, comme "I Believe", qui clôt l’album, ou encore "Hong Kong Lullaby".

On se dit juste qu’un nouvel album de ce type et le groupe tournera vraiment en rond. Mais pour le moment, sachons apprécier les bonnes choses à leur juste valeur.


Retour à l'accueil